Changements dans les anticipations du marché
Deutsche Bank a déclaré qu’au moment de la rédaction, les marchés n’intégraient qu’un peu plus de 10 points de base de baisse pour toute l’année (un point de base = 0,01 point de pourcentage). Elle a attribué ce changement aux craintes que les anticipations d’inflation restent élevées, ce qui pourrait limiter la capacité de la Banque d’Angleterre à « regarder au‑delà » d’un choc sur l’énergie (c’est‑à‑dire ne pas réagir trop vite à une hausse ponctuelle) et à continuer de baisser les taux. Elle a ajouté que les effets des termes de l’échange (le rapport entre les prix des exportations et des importations, qui influence le pouvoir d’achat du pays) ont été le principal moteur des mouvements de devises. Selon elle, l’ampleur de la réévaluation britannique par rapport aux autres pays, combinée à la fermeture de positions vendeuses, a soutenu la livre à court terme. Elle a prévenu que de nouvelles baisses des prix de l’énergie et un retournement des taux à court terme pourraient retirer ce soutien. Le marché a fortement revu sa vision de la Banque d’Angleterre, en retirant les fortes baisses de taux qui étaient encore intégrées il y a un mois. Début mars 2026, les marchés monétaires (marchés où l’on échange des instruments de court terme liés aux taux) n’impliquent plus qu’environ 10 à 15 points de base de baisse pour toute l’année, un changement marqué par rapport à fin 2025 où plus de deux baisses complètes étaient attendues. Cette réévaluation « dure », combinée à la fermeture de positions vendeuses, a été le principal soutien de la livre.Principaux risques et indicateurs
La raison principale est une inflation intérieure persistante, qui empêche la Banque d’Angleterre d’assouplir sa politique (c’est‑à‑dire de baisser les taux). Les données de février 2026 ont montré une inflation sous‑jacente toujours élevée à 3,8%, bien au‑dessus de l’objectif de la Banque, tandis que la hausse des salaires fin 2025 est restée au‑dessus de 5%. Ces chiffres obligent à revoir l’idée d’une baisse progressive de l’inflation. À court terme, cela favorise des stratégies qui profitent d’une livre stable ou plus forte. Les traders peuvent envisager d’acheter des options d’achat (call : droit d’acheter à un prix fixé) à court terme sur GBP/USD pour profiter d’une nouvelle hausse si la tendance continue. Vendre des options de vente (put : droit de vendre à un prix fixé) « couvertes par du cash » sur GBP/EUR (c’est‑à‑dire avec l’argent nécessaire réservé en cas d’achat) peut aussi convenir à ceux qui pensent que cette réévaluation va tenir. Cependant, un risque important vient des prix de l’énergie, qui influencent fortement l’inflation au Royaume‑Uni. Les prix britanniques du gaz naturel ont récemment baissé, autour de 70 pence par therm (unité de mesure de l’énergie du gaz). Une poursuite de la baisse réduirait la pression sur la Banque d’Angleterre et pourrait inverser la force récente de la livre. Si les prix de l’énergie baissent davantage, les traders sur produits dérivés (contrats dont la valeur dépend d’un autre actif, comme une devise ou un taux) doivent pouvoir changer de stratégie vite. Une baisse durable du Brent (pétrole de référence) sous 75$ le baril ou du gaz naturel sous 60 pence/therm peut signaler l’ouverture de positions à la baisse. Cela peut passer par l’achat de puts sur la livre, ou par des « risk reversals » baissiers (montage d’options combinant achat de put et vente de call pour se couvrir contre une baisse à moindre coût). L’indicateur le plus direct à surveiller reste les taux à court terme. Tout signe que le marché recommence à intégrer des baisses de taux plus importantes serait l’avertissement le plus précoce que ce soutien de court terme pour la livre s’affaiblit. Ce serait le signal de réduire les positions acheteuses sur la livre.
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