DBS indique que le rejet du DXY à 99,7 suggère un changement de l’appétit pour le risque en 2026, tandis que le G7 et l’AIE freinent la demande de dollars

by VT Markets
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Mar 11, 2026
DBS Group Research a déclaré que l’indice DXY (indice qui mesure la force du dollar américain face à un panier de grandes monnaies) n’a pas réussi à dépasser 99,7 après une baisse des prix du pétrole. La note relie ce mouvement à une demande plus faible de dollar américain comme valeur refuge (actif jugé plus sûr en période de stress), car le pari sur une « apocalypse énergétique » (scénario de prix de l’énergie durablement très élevés) s’est essoufflé et les actions du G7/IEA (G7 = groupe de grandes économies; IEA = Agence internationale de l’énergie) ont réduit la pression. Le rapport indique que la politique de la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis) est déjà restrictive, avec un taux réel (taux d’intérêt ajusté de l’inflation) positif de +0,75%. Il compare cela à un taux réel de -5,65% au début de la crise en Ukraine.

Hausse du dollar désormais limitée

DBS note que le chômage aux États-Unis est à 4,4% et dit que cela réduit la marge pour de nouveaux gains du dollar par rapport à 2022. Il ajoute que le fait d’anticiper deux baisses de taux de la Fed en 2026 réduit la probabilité d’une hausse du dollar portée par des relèvements de taux. La note précise que seul un nouveau conflit avec l’Iran, déclenchant une longue spirale d’inflation (hausse des prix qui s’auto-entretient), pourrait faire disparaître l’attente de deux baisses en 2026. Elle ajoute aussi que l’écart entre la position des taux réels et l’état du marché du travail fixe un plafond au dollar, plafond qui n’existait pas en 2022. L’échec de l’indice du dollar américain à franchir 99,7 suggère un changement important de l’humeur des marchés. Avec des prix du pétrole en forte baisse depuis fin 2025, la forte demande de dollar comme valeur refuge s’est calmée. Ce rejet technique (refus du prix de passer un niveau) sur une résistance clé (niveau de prix où la hausse bloque souvent) doit être vu comme un signal fort: le potentiel de hausse du dollar est désormais limité. Contrairement à 2022, la Réserve fédérale ne lutte plus de façon agressive contre l’inflation. Le taux d’intérêt réel actuel est restrictif à +0,75%, et avec un chômage remonté à 4,4%, l’objectif de la Fed s’est déplacé vers un atterrissage en douceur (ralentir l’économie sans récession). Cela enlève l’élan des hausses de taux qui poussait le dollar vers le haut.

Conséquences pour la stratégie sur le DXY

Des données récentes confirment cette lecture: l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation pour les ménages) de février est ressorti à 3,1%, ce qui soutient l’idée du marché de baisses de taux plus tard cette année. La baisse du pétrole WTI (West Texas Intermediate, un type de pétrole de référence aux États-Unis) sous 80 dollars le baril réduit aussi les pressions inflationnistes, donnant à la Fed plus de marge de manœuvre (plus de liberté pour ajuster sa politique). Pour nous, cela veut dire que le dollar manque de raison solide pour monter fortement. Avec ce plafond sur le dollar, il faut envisager des stratégies qui profitent d’un prix qui reste dans une fourchette (marché sans tendance nette) ou d’une légère baisse. Vendre des options d’achat sur le DXY (call options: contrat donnant le droit d’acheter à un prix fixé) avec des prix d’exercice au-dessus de 100, ou mettre en place des spreads baissiers sur options d’achat (combinaison d’options qui limite le gain et le risque), peut être efficace pour profiter de cette hausse plafonnée. Ces positions gagnent tant que l’indice reste sous la résistance clé et grâce à une baisse probable de la volatilité implicite (volatilité anticipée par le marché et intégrée dans le prix des options). Ce contexte rend aussi plus intéressant d’acheter d’autres monnaies contre le dollar. En tenant compte du virage plus dur (hawkish: banque centrale plus encline à relever les taux) de la Banque du Japon fin 2025, acheter des options d’achat sur le yen japonais semble particulièrement pertinent. Un dollar stable combiné à une banque centrale japonaise moins accommodante (moins « dovish », donc moins prête à baisser les taux) crée un contexte favorable à la force du JPY (code du yen). Le principal risque pour ce scénario est une escalade géopolitique soudaine, surtout autour de l’Iran, qui pourrait déclencher une nouvelle crise de l’énergie. Un tel événement relancerait les craintes d’inflation et forcerait les marchés à abandonner l’idée de deux baisses de taux de la Fed en 2026. Cela donnerait au dollar un soutien inattendu (facteur positif), et invaliderait l’idée actuelle d’une hausse plafonnée.

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