Sentiment de risque du marché
Les contrats à terme (futures, des accords pour acheter ou vendre plus tard à un prix fixé) sur le S&P 500 (grand indice boursier américain) ont grimpé de 0,6 % en Asie après une légère baisse mardi, ce qui indique un retour vers la prise de risque. Les marchés actions asiatiques étaient aussi en hausse au moment de la rédaction. Côté données américaines, l’estimation rapide (flash, une première mesure publiée avant les chiffres définitifs) du PMI S&P Global (indice des directeurs d’achats, un baromètre de l’activité économique) de mars a montré un ralentissement des services, ce qui a fait baisser le PMI composite. Cela suggère un affaiblissement de la dynamique dans certaines parties de l’économie américaine. Le franc suisse s’est affaibli face à la plupart des grandes monnaies, avec des exceptions contre les devises d’Australie et de Nouvelle-Zélande (souvent appelées « antipodéennes »). Le président de la BNS (SNB en anglais), Martin Schlegel, a déclaré mardi que la banque est plus prête à intervenir sur le marché des changes (acheter/vendre des devises) pour limiter la force du CHF, selon Reuters.Divergence des politiques des banques centrales
Aujourd’hui, la situation a changé, mais les thèmes principaux restent importants pour la stratégie. L’USD/CHF se traite beaucoup plus haut, autour de 0,9250, porté par un écart de taux d’intérêt (différence entre les taux américains et suisses). Même si les conflits de 2025 se sont calmés, de nouvelles tensions en mer de Chine méridionale soutiennent le dollar, considéré comme une valeur refuge (monnaie jugée plus sûre en période d’incertitude). Le moteur principal est la différence de trajectoire entre banques centrales. L’inflation américaine de février 2026 est restée élevée à 2,8 %, ce qui empêche la Réserve fédérale (Fed, la banque centrale des États-Unis) de baisser ses taux, tandis que l’inflation suisse est à 1,2 %, sous l’objectif. Cette divergence, avec le taux directeur de la Fed à 4,50 % et celui de la BNS à 1,25 %, rend la détention de dollars plus intéressante que celle de francs. Dans ce contexte, acheter des options d’achat (call options, un droit d’acheter à un prix fixé avant une date) sur l’USD/CHF peut être une stratégie prudente pour les prochaines semaines. Il faudrait viser des prix d’exercice (strike, le prix fixé dans le contrat) autour de 0,9400 avec des échéances (expiration, la date de fin du contrat) fin mai ou en juin, afin de profiter d’une hausse attendue. Cela permet de limiter le risque à l’avance. La volatilité implicite (niveau de volatilité attendu par le marché, intégré dans le prix des options) a légèrement augmenté avec le contexte géopolitique, ce qui rend les options plus chères. Une alternative plus risquée consiste à vendre des options de vente (puts, un droit de vendre à un prix fixé) hors de la monnaie (out-of-the-money, dont le prix d’exercice est défavorable au niveau actuel) sous 0,9100. Cette stratégie vise à encaisser une prime (le prix reçu) en pariant que l’écart de taux limitera une baisse importante. Pour des positions plus longues, utiliser des contrats à terme (futures) pour se positionner à la hausse sur l’USD/CHF reste une approche possible. Le portage positif (carry, gain lié à l’écart de taux entre deux monnaies) apporte un rendement supplémentaire, en plus d’une éventuelle hausse du prix au comptant (spot, le prix immédiat). Cela peut rendre une position acheteuse structurellement rentable tant que la divergence de politique monétaire continue.
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