Le risque sur le détroit d’Ormuz soutient la demande de valeur refuge
Le président américain Donald Trump a déclaré lundi soir que si l’Iran stoppe les flux de pétrole via le détroit d’Ormuz, les États-Unis répondraient par des frappes. La hausse des prix du pétrole a ravivé les inquiétudes sur l’inflation (hausse générale des prix) et sur les taux directeurs (taux fixés par la banque centrale, qui influencent les autres taux). La baisse des attentes de baisse des taux par la Réserve fédérale américaine (Fed, la banque centrale des États-Unis) a aussi soutenu le dollar. Les traders (intervenants de marché) attendent l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation) de février aux États-Unis pour une nouvelle direction. Le CPI global (tous les prix) est attendu à 2,4% sur un an en février, tandis que le CPI de base (hors énergie et alimentation, souvent plus stable) est attendu à 2,5%. L’article a été corrigé le 10 mars à 06:40 GMT pour préciser que l’attention sur le CPI est plus tard mercredi, et non mardi.Inflation liée au pétrole et attentes de baisse des taux de la Fed
Cette situation complique la trajectoire de la Fed. Des prix du pétrole en hausse alimentent l’inflation, ce qui réduit la probabilité de baisses de taux à court terme. Un scénario comparable s’est produit après le début du conflit en Ukraine en 2022, lorsque le Brent (prix de référence du pétrole en Europe) a dépassé 120 dollars le baril, ce qui a contribué à l’inflation, et la Fed a relevé ses taux rapidement pour la freiner. L’euro est plus exposé, car la zone euro importe plus d’énergie qu’elle n’en produit, donc elle réagit davantage aux chocs sur le prix du pétrole que les États-Unis. Lors du choc initial de 2022, la paire EUR/USD a chuté de plus de 1,13 à sous 1,10 en quelques semaines. Pour les traders de produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un autre actif), ce contexte suggère un dollar plus fort et une volatilité plus élevée (amplitude des variations de prix). Acheter des options de vente (« puts », droit de vendre à un prix fixé) sur l’EUR/USD est une façon de profiter d’une baisse tout en limitant le risque à la prime (coût payé pour l’option). Historiquement, en période de tensions géopolitiques, des indices de volatilité comme l’EVZ du CBOE pour l’euro (indicateur attendu de volatilité, publié par une bourse d’options américaine) montent, ce qui peut rendre attractives les stratégies qui gagnent quand la volatilité augmente. Se couvrir (réduire le risque) sur des positions acheteuses existantes en euro avec des puts peut aussi être une mesure défensive. Pour une stratégie haussière sur le dollar avec moins de capital, un « bull call spread » (acheter une option d’achat et en vendre une autre à un prix plus élevé, pour réduire le coût) sur l’indice du dollar américain (DXY, indice mesurant le dollar face à un panier de devises) peut être efficace. Cette approche mise sur une hausse du dollar tout en fixant la perte maximale et en réduisant le coût initial par rapport à l’achat d’une option d’achat seule.
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