Politique de la Fed et contexte de l’inflation
La Réserve fédérale (Fed, la banque centrale des États-Unis) est présentée comme à l’aise avec un taux directeur (taux d’intérêt de référence) à 3,75 %. Le marché du travail (emploi et chômage) n’est pas jugé en dégradation, et les effets de second tour de l’inflation (quand la hausse des prix entraîne des hausses de salaires et d’autres prix, ce qui entretient l’inflation) ne sont pas décrits comme en hausse. Les prix de l’énergie sont vus comme plus élevés de façon durable, même si le choc est dit plus faible qu’en 2022. Les taux d’intérêt n’ont pas annulé leurs mouvements de mars, ce qui implique des conditions financières plus strictes (crédit plus cher et accès au financement plus difficile). Ces conditions plus strictes devraient peser sur la croissance mondiale et pourraient apparaître dans les données dans les prochains mois. À court terme, le dollar devrait ne baisser que légèrement. L’indice du dollar américain (DXY, indice qui mesure le dollar contre un panier de grandes devises) ne devrait pas revenir rapidement au plus bas de l’année à 96. Les interventions à venir de responsables de la Fed et les chiffres hebdomadaires des nouvelles demandes d’allocations chômage (indicateur du marché du travail) sont mentionnés, avec un impact de marché attendu limité.Conséquences pour le positionnement sur le dollar
Il y a un an, nous doutions que les conditions soient réunies pour une baisse durable du dollar, et cette prudence s’est révélée correcte. L’indice du dollar (DXY) se négocie près de 104,50, loin des plus bas à 96 observés début 2025. Les données de mars 2026 de l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation pour les ménages) sont sorties un peu trop élevées, à 3,1 % sur un an, renforçant l’idée que la lutte contre l’inflation n’est pas terminée. Ces données rendent peu probable un nouvel assouplissement de la Fed (baisse des taux). Les contrats à terme sur les fonds fédéraux (Fed funds futures, produits qui reflètent les attentes de taux de la Fed) intègrent maintenant moins de deux baisses complètes de taux pour 2026, un changement important par rapport aux quatre baisses attendues au début de l’année. Cela suggère que miser sur une forte baisse du dollar via les contrats à terme de devises est risqué. On observe aussi une divergence de croissance mondiale (écart de performance entre régions), ce qui soutient le dollar. Même si les derniers chiffres PMI (indice des directeurs d’achat, baromètre de l’activité) de la zone euro pour mars 2026 sont montés à 50,9, ce qui indique une légère expansion (au-dessus de 50), la croissance américaine reste plus solide, avec des estimations du PIB du T1 au-dessus de 2,5 % (PIB = production totale de biens et services). Cet écart continue d’attirer des capitaux étrangers vers les actifs américains, ce qui soutient le dollar. Pour les traders sur produits dérivés (instruments financiers dont le prix dépend d’un autre actif), ce contexte invite à éviter les positions directement vendeuses sur le dollar. On peut plutôt envisager des stratégies qui profitent d’un prix qui reste dans une fourchette (évolution sans tendance forte) ou de la volatilité implicite (volatilité attendue intégrée dans les prix des options), comme la vente de strangles (stratégie d’options avec vente d’un call et d’un put hors du prix du marché) sur des paires majeures comme EUR/USD. Vu la stabilité récente du DXY entre 103 et 105, des options qui gagnent si le dollar ne fait pas un mouvement fort dans un sens ou dans l’autre peuvent être adaptées.
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