Engagement de politique publique en faveur de la stabilité de la monnaie
Le gouverneur de la PBoC (Banque populaire de Chine, la banque centrale), Pan Gongsheng, a déclaré que la Chine n’a pas besoin et ne prévoit pas d’utiliser une dépréciation de sa monnaie (baisse de la valeur de la devise) pour améliorer sa compétitivité commerciale. Il a répété que le renminbi (nom officiel de la monnaie chinoise, aussi appelé yuan) restera globalement stable et ne sera pas utilisé comme outil dans les conflits commerciaux. On observe un écart net entre les contrats à terme sur le yuan et son prix au comptant, ce dernier étant tiré vers le bas par des sorties de capitaux (argent qui sort du pays). Des données récentes de février 2026 montrent que le PMI manufacturier Caixin (indice d’activité des usines basé sur des enquêtes; sous 50 = contraction) est descendu à 49,5, ce qui renforce ces inquiétudes. Cela indique un décalage entre les mouvements réels de marché et les attentes pour la suite. La faiblesse du marché au comptant semble directement liée aux transferts d’actifs à l’étranger, avec certaines des plus fortes sorties de l’année sur la dernière semaine. Les derniers chiffres de la SAFE (Administration d’État des changes, l’organisme chinois qui suit et gère les flux de devises) vont dans ce sens: les sorties nettes de portefeuille (ventes nettes d’actions et d’obligations du pays par des investisseurs) ont dépassé 32 milliards de dollars au quatrième trimestre 2025. Dans ces conditions, il est difficile de voir la monnaie comme une valeur refuge (actif censé résister en période de stress). Malgré cela, les flux sur les contrats à terme et les swaps intègrent un yuan plus fort, peut-être parce que des traders pensent que les autorités interviendront pour maintenir la stabilité. La Banque populaire de Chine soutient ses déclarations par des actes, en fixant régulièrement le taux de référence quotidien USD/CNY (taux indicatif fixé chaque jour; USD = dollar américain, CNY = yuan “onshore”, coté en Chine) plus fort que ce que le marché attendait au cours du dernier mois. Cette position officielle est la principale force qui limite une baisse plus marquée.Conséquences de trading pour les stratégies sur la volatilité
Cette situation rappelle ce qui s’est produit en 2025: les autorités ont freiné la baisse de la monnaie sans l’arrêter totalement. Plus tôt encore, les dévaluations encadrées (baisse décidée et contrôlée par les autorités) de 2015 et 2023 ont montré que la stabilité est l’objectif, mais qu’une baisse progressive est tolérée quand l’économie est sous pression. Les sorties actuelles mettent cette politique à l’épreuve. Pour les traders de produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif, comme une devise), cette tension crée surtout des opportunités sur la volatilité (ampleur des variations), plus que sur la direction du taux. Acheter des options (contrats donnant le droit, pas l’obligation, d’acheter ou vendre à un prix fixé), par exemple des call spreads USD/CNH (stratégie consistant à acheter un call et vendre un autre call à un prix plus élevé; CNH = yuan “offshore”, coté hors de Chine), peut être un moyen de se positionner en cas de mouvement brutal si le contrôle de la PBoC se relâche. Le coût de la volatilité reste relativement bas, ce qui suppose une stabilité que les sorties de capitaux remettent en cause. Vendre des contrats à terme USD/CNH pour toucher une prime (gain lié au prix à terme par rapport au comptant) peut sembler attractif, mais comporte un risque déséquilibré: si la faiblesse du comptant s’accélère, la perte peut être rapide. Une approche plus prudente pour les prochaines semaines serait d’utiliser des structures d’options qui limitent clairement le risque, comme des collars (acheter une protection et financer une partie du coût en vendant une autre option, ce qui encadre gains et pertes). Cela aide à gérer un environnement instable où la politique officielle s’oppose directement aux flux de marché.
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