Scénarios d’inflation et risques pour la croissance
Les projections de la BCE placent l’inflation à 2,6 % dans le scénario de base et jusqu’à 6,3 % dans un scénario sévère. La hausse des coûts de l’énergie a aussi été décrite comme un risque pour la croissance (donc pour l’activité économique), avec la possibilité d’une transmission plus forte des hausses de prix (c’est-à-dire que les entreprises répercutent davantage leurs coûts sur les prix) et d’un retour des pressions inflationnistes (une tendance des prix à accélérer). L’euro est actuellement pris entre le risque d’une inflation en hausse et la menace d’une croissance qui ralentit, ce qui crée une forte incertitude. Christine Lagarde a laissé entendre que la BCE pourrait durcir fortement si l’énergie pousse l’inflation plus haut, tout en hésitant à fragiliser une économie déjà vulnérable. Ce contexte suggère une hausse de la volatilité des devises (des variations de prix plus fortes et plus rapides), ce qui est déjà visible. L’indice Cboe EuroCurrency Volatility Index (EVZ), un indicateur de la volatilité attendue de l’euro, a augmenté de plus de 15 % le mois dernier pour atteindre 8,5, ce qui reflète la nervosité du marché. Les traders (opérateurs de marché) peuvent envisager des stratégies comme les long straddles ou strangles sur l’EUR/USD : ce sont des stratégies d’options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre) qui peuvent gagner si le prix bouge fortement dans un sens ou dans l’autre, sans devoir prévoir la direction. Si les prochaines données d’inflation de mars montrent un chiffre global supérieur aux 2,8 % de février, les attentes de hausse des taux augmenteront rapidement. Le marché des contrats à terme (des contrats standardisés pour acheter/vendre plus tard) n’intègre actuellement qu’environ 40 % de probabilité d’une hausse de taux d’ici la réunion de juin. Dans ce cas, se positionner sur les contrats à terme Euribor pour viser des taux d’intérêt à court terme plus élevés peut être une manière directe de miser sur une réaction plus « faucon » de la BCE (une politique plus stricte contre l’inflation).Conséquences de trading pour l’euro
À l’inverse, un affaiblissement de l’économie pourrait pousser la BCE à ne rien faire, ce qui mettrait l’euro sous pression. Avec le dernier indice PMI composite de la zone euro de S&P Global retombé en zone de contraction à 48,9 (un PMI est une enquête auprès des entreprises ; sous 50 signifie un recul de l’activité), le risque pour la croissance est clair. Acheter des options de vente « hors de la monnaie » sur l’euro (des options qui ne valent que si le prix baisse nettement) offre une couverture (protection) moins coûteuse contre une surprise « colombe » (une politique plus souple) ou une nouvelle dégradation économique. On a observé une dynamique comparable pendant la crise énergétique de 2022. À l’époque, l’hésitation de la BCE a d’abord pesé sur l’euro, avant qu’elle ne soit contrainte de relever les taux de manière agressive, ce qui a provoqué de forts mouvements sur la devise. Cet exemple montre à quelle vitesse le sentiment peut passer de la crainte de récession (baisse de l’activité) à la crainte d’inflation. La variable clé reste le prix de l’énergie, le conflit en Iran ayant poussé le pétrole Brent (un prix de référence du pétrole) au-dessus de 110 $ le baril ce mois-ci. Tant que les prix de l’énergie restent aussi élevés, le risque que l’inflation force la main de la BCE demeure central. Il faut suivre de près les rapports hebdomadaires sur les stocks d’énergie (données sur les réserves) et les titres géopolitiques, car ils guideront surtout les attentes sur la politique de la BCE.
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