L’élan du dollar ralentit
Les données américaines n’ont pas apporté de nouveau soutien au dollar malgré des chiffres plus solides. Les emplois privés ADP (un rapport privé qui estime la variation des emplois dans le secteur privé aux États-Unis) ont augmenté de 63 000 en février, contre 11 000 et au-dessus de la prévision de 50 000. L’indice ISM des services (PMI, un indicateur basé sur une enquête qui mesure l’activité; au-dessus de 50 = expansion) est monté à 56,1 contre 53,8. Le sous-indice de l’emploi (une partie de l’enquête sur les embauches) était à 51,8 contre 50,3 et les nouvelles commandes (un signal de la demande future) à 58,6 contre 53,1. L’indice des prix payés (un indicateur des pressions sur les coûts) a reculé à 63 contre 66,6. Le conflit États-Unis–Iran est entré dans son cinquième jour, ce qui alimente les craintes d’inflation via des prix du pétrole plus élevés. Le Japon pourrait subir des coûts d’importation plus importants, car il dépend beaucoup des importations d’énergie. Le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, a déclaré que les taux augmenteront si l’économie et les prix suivent les prévisions. Il a aussi averti que l’incertitude mondiale, y compris les tensions au Moyen-Orient, pourrait affecter les perspectives du Japon.La volatilité au centre de l’attention des traders
Nous voyons la paire USD/JPY prise entre des forces opposées, ce qui la fait baisser depuis son récent plus haut d’environ un mois près de 157,97. Le conflit États-Unis–Iran crée une demande de valeur refuge pour le yen (une monnaie achetée quand les investisseurs cherchent la sécurité), mais la hausse des prix du pétrole pénalise en même temps une économie japonaise dépendante de l’énergie. Cette situation suggère aux traders d’envisager des stratégies qui profitent d’une forte hausse des variations de prix, appelée volatilité (l’ampleur et la fréquence des mouvements de prix). Cette situation rappelle le début de 2022, quand des événements géopolitiques se sont intensifiés en Ukraine. À l’époque, nous avons vu la volatilité implicite (volatilité attendue par le marché, déduite des prix) des options de change sur le yen (contrats qui donnent le droit d’acheter ou de vendre une devise à un prix fixé) bondir de plus de 25% en quelques semaines. Cela a favorisé les traders positionnés pour un grand mouvement dans un sens ou dans l’autre, plutôt que de parier sur un scénario précis. La hausse durable des prix du pétrole est un frein important pour le yen. Comme le Japon importe encore près de 90% de ses besoins énergétiques, un conflit prolongé pourrait dégrader fortement sa balance commerciale (différence entre exportations et importations) et peser sur la monnaie. Cela crée une faiblesse de fond qui limite l’effet « valeur refuge ». Nous pensons que les données économiques américaines solides, comme le récent rapport ISM montrant une expansion des services, passeront au second plan. Dans un climat d’aversion au risque (quand les investisseurs évitent les actifs risqués), le marché se concentre davantage sur les titres géopolitiques et la protection du capital que sur la force économique. Le fait que le dollar ne monte pas malgré de bonnes nouvelles confirme ce changement. Donc, des stratégies sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, ici la paire USD/JPY) comme un straddle long (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix) ou un strangle long (même idée mais avec deux prix différents) pourraient être utiles dans les prochaines semaines. Ces positions gagnent si le prix bouge fortement, que la paire monte avec les craintes liées au pétrole ou baisse avec une recherche de sécurité. Elles visent à profiter de l’incertitude qui domine maintenant le marché.
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