Surveillance de l’inflation en zone euro
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que la nécessité d’agir sur la politique monétaire (modifier les taux d’intérêt) devient plus forte si les écarts par rapport à l’objectif d’inflation durent plus longtemps. Elle a ajouté que la répercussion des prix de l’énergie (la part de la hausse de l’énergie qui se transmet aux autres prix) est souvent limitée, mais que des effets plus larges doivent être surveillés. Le décideur de la BCE Olaf Sleijpen a indiqué que des prix de l’énergie plus élevés pourraient se propager dans l’économie plus vite qu’en 2022. Par ailleurs, l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne (enquête de confiance des entreprises) est tombé à 86,4 en mars, ce qui montre un moral plus faible et des attentes en baisse. Au Royaume-Uni, l’inflation annuelle est restée à 3 % en février, comme prévu. L’inflation sous-jacente (inflation hors éléments très volatils comme l’énergie et certains aliments) est montée à 3,2 %, avec des tensions persistantes dans les services, ce qui soutient une approche prudente de la Banque d’Angleterre. Comme la BCE et la Banque d’Angleterre restent vigilantes face à l’inflation, nous voyons peu de marge pour un mouvement net de l’EUR/GBP. La paire est coincée entre deux banques centrales restrictives (dites “hawkish”, c’est-à-dire plutôt prêtes à garder des taux élevés). Cela suggère une phase de stabilisation autour de 0,8650. Dans ce contexte, parier clairement à la hausse ou à la baisse est risqué à court terme.Perspectives de stratégie options
Compte tenu des forces opposées, nous pensons que la volatilité implicite (volatilité anticipée par le marché et intégrée dans le prix des options) des options EUR/GBP pourrait être trop faible pour les prochaines semaines. Le taux de dépôt de la BCE (taux payé sur les réserves placées à la BCE) reste à 3,00 %, tandis que le taux de la Banque d’Angleterre est à 3,50 % : un écart faible qui ne crée pas de tendance claire. Une surprise sur l’inflation dans l’une ou l’autre région pourrait provoquer des mouvements rapides, mais temporaires. Cette situation favorise des stratégies qui gagnent soit quand le marché reste dans une fourchette, soit quand la volatilité augmente. Nous envisageons de vendre de la volatilité (chercher à encaisser une prime en pariant sur peu de mouvements) via des stratégies comme l’iron condor (montage avec quatre options visant à gagner si le prix reste dans une zone), avec des niveaux d’exercice (strikes, prix auxquels l’option s’active) placés au-dessus des récents sommets et en dessous des récents creux pour encaisser la prime. Ce point de vue est appuyé par les dernières données montrant que les ventes au détail au Royaume-Uni (dépenses des consommateurs en magasins et en ligne) ont baissé de 0,5 % en février, ce qui limite le potentiel de hausse de la livre et renforce une évolution latérale de la paire. À l’inverse, le risque d’un choc sur les prix de l’énergie (hausse brutale) mentionné par des responsables de la BCE ne peut pas être écarté. Les données de février montrent que l’inflation IPCH de la zone euro (Indice des prix à la consommation harmonisé, mesure officielle comparable entre pays) est remontée à 2,8 %, ce qui renforce ces inquiétudes. Acheter des puts et des calls hors de la monnaie (options dont le prix d’exercice est loin du prix actuel) pour construire un strangle acheteur (achat d’un call et d’un put pour profiter d’un grand mouvement dans un sens ou l’autre) peut être une façon prudente de se placer pour une éventuelle sortie de range si ces effets de second tour (quand une première hausse, par exemple l’énergie, entraîne ensuite salaires et autres prix) apparaissent plus vite que prévu.
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