Le dollar conserve ses gains hebdomadaires
Le DXY reste parti pour terminer la semaine en hausse, sur fond de tensions persistantes au Moyen-Orient. Vendredi, les échanges ont été plus calmes faute de nouvelles informations. Les données de l’Université du Michigan se sont dégradées : l’indice de confiance des consommateurs (mesure du moral des ménages) s’est établi à 53,3 en mars, contre 55,5 lors de l’estimation préliminaire. L’indice des anticipations des consommateurs (attentes des ménages sur l’avenir) a reculé à 51,7 contre 54,1. Les anticipations d’inflation (ce que les ménages pensent que les prix feront) ont augmenté : la prévision à 1 an est montée à 3,8% contre 3,4%. La prévision à 5 ans est restée à 3,2%. Thomas Barkin, président de la Fed de Richmond (banque centrale régionale), a déclaré que la hausse des prix de l’essence pèse sur le moral et pourrait réduire d’autres dépenses. Il a dit que les progrès contre l’inflation risquent de s’essouffler et a décrit le marché du travail comme fragile malgré un faible chômage.Le pétrole et les taux guident les marchés
Donald Trump a repoussé de 10 jours des frappes prévues sur les infrastructures énergétiques de l’Iran. Avec le détroit d’Ormuz en grande partie fermé, les prix du pétrole sont restés élevés, et les traders ont intégré 2 à 3 hausses de taux de la BCE (Banque centrale européenne) d’ici la fin de l’année, tout en réduisant leurs attentes de baisses de taux de la Fed (Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis). Nous nous rappelons que le dollar avait marqué une pause autour du niveau 100 sur le DXY en mars 2025, ce qui avait brièvement soutenu l’euro. Un an plus tard, la situation est différente : l’indice du dollar se négocie nettement au-dessus de 104,50. Cela a fait baisser l’EUR/USD vers 1,0750, signe d’une force durable du dollar. Les craintes d’inflation de l’an dernier se sont confirmées, car les marchés ont correctement intégré les hausses de taux de la Banque centrale européenne. La Fed, de son côté, a écarté l’idée de baisses et a maintenu ses taux, avec le taux des fonds fédéraux (taux directeur américain, qui sert de référence aux taux d’intérêt) actuellement dans une fourchette de 5,25% à 5,50%. Les dernières données d’inflation américaines pour février 2026, avec un indice des prix à la consommation (IPC, mesure des prix payés par les ménages) à 2,8%, confirment que la lutte n’est pas terminée. Avec des taux directeurs (taux fixés par les banques centrales) attendus à un niveau élevé, la volatilité implicite (volatilité que le marché « intègre » dans le prix des options) sur les options de change (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre une devise à un prix donné) devrait rester élevée. Cet environnement peut offrir des opportunités aux traders qui envisagent de vendre la volatilité (chercher à profiter d’une baisse de la volatilité), par exemple avec un straddle vendu (vente simultanée d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix d’exercice) ou un strangle vendu (vente d’une option d’achat et d’une option de vente à des prix d’exercice différents) sur l’EUR/USD, si l’on anticipe une période d’évolution dans une fourchette. Cette approche profite de l’érosion du temps (perte de valeur d’une option quand le temps passe), plus marquée quand les taux d’intérêt sont élevés. Il faut aussi garder à l’esprit les risques géopolitiques (risques liés aux tensions entre pays) : les tensions au Moyen-Orient restent un facteur. Même si la crise autour du détroit d’Ormuz s’est atténuée, les prix du pétrole brut continuent d’alimenter la pression sur les prix, avec le WTI (pétrole américain de référence) autour de 82 $ le baril. Toute escalade pourrait perturber vite les marchés et fragiliser les stratégies qui supposent des conditions stables.
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