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Semaine à venir : le dollar se stabilise grâce aux rachats de bons du Trésor américain

by VT Markets
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Aug 24, 2026

Vue d’ensemble

  • Le Trésor américain va doubler les rachats d’obligations à longue échéance à au moins 4 milliards de dollars par opération à partir du 9 septembre. Cela peut soutenir à court terme les obligations de longue durée (obligations sensibles aux variations de taux) et les actifs risqués (actions, etc.).
  • Le PCE « core » (inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation) et la première estimation du PIB (produit intérieur brut) du 2e trimestre, publiés le 26 août, pourraient changer les anticipations d’inflation, de croissance et de politique de la Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine).
  • L’or reste soutenu au-dessus de la zone surveillée des 4 490, tandis que le S&P 500 pourrait prolonger sa hausse si les rendements des bons du Trésor reculent.
  • Les traders doivent surveiller le USDX (indice du dollar) autour de 98,40, l’EURUSD autour de 1,1710 et le Bitcoin après son passage au-dessus de 73 460 en direction de 80 000.

Le Trésor intervient alors que les rendements longs montent

Le Trésor américain cherche à améliorer la liquidité (facilité d’achat/vente sans trop bouger les prix) sur la partie longue du marché des bons du Trésor. À partir du 9 septembre, les opérations de rachat couvrant les obligations 10–20 ans et 20–30 ans passeront d’un maximum de 2 milliards de dollars à au moins 4 milliards par opération. Le programme courra jusqu’au 4 novembre 2026.

L’annonce intervient après une forte hausse des rendements longs. Selon Reuters, le rendement à 30 ans a touché son plus haut niveau depuis 2007 avant de reculer après l’annonce. Il avait atteint 5,34%. La baisse qui a suivi montre à quel point le marché réagit aux mesures officielles de liquidité.

Le mécanisme est simple. Le Trésor rachète d’anciennes obligations à longue maturité, ce qui augmente la demande. Quand le prix d’une obligation monte, son rendement (taux implicite payé aux investisseurs) baisse. Le texte souligne aussi qu’une baisse des rendements peut être amplifiée si des investisseurs « vendeurs » sur les Treasuries (positions à la baisse, dites positions short) rachètent pour sortir de leurs positions lorsque le mouvement se retourne.

En revanche, ces rachats ne réduisent pas la dette totale des États-Unis. Le Trésor modifie surtout l’échéancier de sa dette : il rachète des titres longs existants tout en continuant d’émettre de la dette sur d’autres maturités.

Le problème principal : la disponibilité du capital

La hausse des rendements longs ne s’explique pas uniquement par la Fed ou par les anticipations d’inflation. L’État fédéral continue d’afficher des déficits élevés et doit émettre beaucoup de dette, tandis que les entreprises cherchent aussi des financements pour les centres de données liés à l’IA, les infrastructures électriques, les capacités de production de semi-conducteurs et d’autres projets.

Cela crée une concurrence pour le capital disponible. Quand davantage d’emprunteurs se disputent les financements, les investisseurs peuvent exiger des rendements plus élevés. De plus, sur des obligations à 20 ou 30 ans, les investisseurs demandent souvent une prime pour immobiliser leur argent longtemps (rémunération supplémentaire pour la durée).

Voilà pourquoi l’intervention du Trésor peut réduire la tension à court terme sans supprimer la cause de fond des rendements élevés. Les besoins de financement publics et la forte demande de capital du secteur privé peuvent continuer à maintenir des coûts d’emprunt élevés.

Les marchés confirment cette prudence. Après la baisse initiale, les rendements longs sont repartis à la hausse : le 10 ans est remonté vers 4,70% et le 30 ans au-dessus de 5,25%.

Pourquoi les rendements comptent pour les actions et l’or

Des rendements du Trésor plus bas peuvent alléger les coûts de crédit (immobilier et entreprises) et soutenir la valorisation des actions. Les titres de croissance et de technologie y sont souvent plus sensibles, car une grande partie de leurs bénéfices attendus est lointaine. Lorsque le taux d’actualisation (taux utilisé pour ramener des gains futurs en valeur d’aujourd’hui) baisse, la valeur actuelle de ces bénéfices augmente.

Le lien concerne aussi les matières premières et les devises. Une baisse des rendements américains peut affaiblir le dollar. Par ailleurs, des rendements réels plus faibles peuvent soutenir l’or. Les rendements réels correspondent aux rendements corrigés de l’inflation : quand ils baissent, l’or (qui ne verse pas d’intérêt) devient relativement plus attractif.

L’or a fortement réagi à l’annonce : selon les informations de marché, il a franchi nettement les 4 500 dollars, tandis que les rendements et le dollar reculaient.

La question clé cette semaine est de savoir si la baisse des rendements peut durer. Si les rendements continuent de monter malgré des rachats plus importants, les marchés pourraient y voir une mesure temporaire de liquidité plutôt qu’un changement de tendance de fond sur le marché obligataire.

Inflation et croissance américaines au premier plan

Mercredi seront publiées les principales statistiques américaines de la semaine. Le PCE « core » de juillet est attendu à +0,2% sur un mois (après +0,1%), tandis que la première estimation du PIB du 2e trimestre est attendue à 1,5%, inchangée.

Le PCE « core » est crucial, car la Fed le suit de près pour évaluer l’inflation de fond. La dernière donnée annuelle disponible (juin) ressortait à 3,3%, bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Fed.

Un PCE « core » supérieur aux attentes pourrait pousser les rendements et le dollar à la hausse, car les traders réévalueraient la trajectoire de la politique monétaire (niveau futur des taux directeurs). Une donnée plus faible pourrait produire l’effet inverse, surtout si la croissance suggère aussi un ralentissement.

Le couple inflation/croissance sera donc plus important que chaque chiffre pris séparément. Une inflation élevée qui persiste avec une croissance stable maintiendrait la pression sur les rendements longs. Une inflation plus faible avec une croissance en baisse pourrait soutenir les obligations, les actions et l’or.

L’Australie et le Japon apportent des signaux régionaux sur les taux

L’inflation australienne (IPC, indice des prix à la consommation) de juillet est aussi attendue le 26 août. Le marché anticipe un ralentissement à 3,3% en rythme annuel, contre 3,8%.

En juin, l’IPC était à 3,8%, tandis que l’inflation « trimmed mean » (moyenne tronquée : une mesure d’inflation sous-jacente qui neutralise les variations extrêmes) était à 3,6%. La Banque de réserve d’Australie (RBA) maintient son taux directeur à 4,35%, avec une prochaine décision prévue le 29 septembre.

Une baisse plus forte que prévu de l’inflation pourrait réduire les attentes d’un nouveau durcissement monétaire (hausse des taux) et peser sur le dollar australien. Une baisse plus limitée maintiendrait les inquiétudes sur l’inflation et pourrait soutenir l’AUDUSD.

Au Japon, l’IPC « core » de Tokyo (mesure de l’inflation hors produits très volatils) est prévu le 28 août, attendu à 1,8% sur un an contre 1,9% dans le calendrier du rapport. Les dernières données japonaises montraient une inflation core nationale de 1,8% en juillet, tandis que l’inflation « core-core » (mesure encore plus sous-jacente, souvent hors énergie et parfois hors produits frais) montait à 1,9%.

Ces chiffres pèseront sur les attentes concernant la prochaine décision de la Banque du Japon, rendant l’USDJPY sensible aux anticipations de taux. Les actions régionales peuvent aussi en être affectées.

Le discours du président de la Fed, Warsh, peut influencer le dollar et les obligations

Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, doit s’exprimer le 28 août. Les traders surveilleront surtout ses commentaires liés aux taux.

Ses propos interviennent alors que le Trésor et la Fed ont des priorités différentes. Le Trésor veut soutenir la liquidité du marché obligataire et limiter le coût de financement de l’État, tandis que la Fed veut des conditions financières (niveau des taux, accès au crédit, etc.) compatibles avec son objectif de désinflation.

Un message confirmant une politique restrictive (taux maintenus élevés pour freiner l’inflation) pourrait soutenir le dollar et les rendements. Un ton plus accommodant (moins de fermeté sur l’inflation ou les taux) pourrait au contraire peser sur les rendements et soutenir l’or et les actions.

La réaction du marché peut dépasser les seules paires de devises en dollar. Une variation des rendements du Trésor peut se transmettre très vite à l’or, aux indices et aux actifs sensibles au risque.

Symboles clés à surveiller

USDX | EURUSD | SP500 | XAUUSD | BTCUSD

Événements à venir

DateDeviseÉvénementPrévisionPrécédentCommentaire analyste
26 aoûtAUDIPC a/a3,30%3,80%Une baisse plus marquée de l’inflation pourrait peser sur l’AUD, car les anticipations de nouvelles hausses de taux de la RBA diminueraient.
26 aoûtUSDIndice des prix PCE « core » m/m0,20%0,10%Au-dessus des attentes : soutien possible au dollar et aux rendements. En dessous : soutien possible à l’or et aux actions.
26 aoûtUSDPIB préliminaire t/t1,50%1,50%À lire avec le PCE. Un chiffre plus faible pourrait renforcer la demande pour des rendements plus bas.
28 aoûtCADPIB m/m0,20%0,30%Un chiffre plus fort pourrait soutenir le CAD. Un chiffre plus faible pourrait peser sur la devise et soutenir l’USD/CAD.
28 aoûtUSDDiscours du président de la Fed WarshSurveillance des commentaires sur l’inflation, les taux et les conditions financières.

Mouvements clés de la semaine

USDX

  • Le USDX a trouvé un soutien autour de la zone surveillée de 98,40, identifiée comme zone clé.
  • En cas de hausse, 99,25 puis 99,50 pourraient redevenir des objectifs. En cas de cassure à la baisse, 97,80 serait à surveiller.

EURUSD

  • L’EURUSD a buté sur une résistance autour de 1,1710.
  • En cas de repli, une reprise haussière autour de 1,1610 ou 1,1580 pourrait compter. Une cassure au-dessus déplacerait l’attention vers 1,1775.

GBPUSD

  • Surveiller 1,3495 pour un signal haussier si le GBPUSD évolue dans un range (phase de stabilisation).
  • Une hausse durable pourrait ouvrir la voie à un nouveau potentiel haussier.

USDJPY

  • Surveiller 160,15 si l’USDJPY continue de monter.
  • Un retournement net depuis cette zone pourrait renforcer le risque d’appréciation du yen et de débouclement des carry trades (stratégies consistant à emprunter dans une devise à faible taux pour acheter une devise à taux plus élevé ; quand le yen se renforce, ces positions sont souvent fermées en urgence).

XAUUSD (Or)

  • L’or a poursuivi sa hausse, avec un rallye au-dessus de 4 500 dollars après l’annonce de rachats plus importants sur le long terme.
  • Le niveau 4 490 reste la zone de soutien haussier. 4 670 est le prochain niveau à surveiller si la hausse se prolonge.

SP500

  • Le S&P 500 conserve une orientation technique favorable : l’indice pourrait repartir à la hausse depuis la zone actuelle.
  • En cas de repli, 7 625 et 7 565 sont des zones de soutien à surveiller.

BTCUSD

  • Le Bitcoin s’est maintenu au-dessus de 73 460 et s’est rapproché de 80 000.
  • En phase de consolidation (stabilisation), une dynamique haussière autour de 75 170 ou 72 120 pourrait offrir des zones à surveiller.

Conclusion

Les marchés abordent la semaine avec le marché des obligations du Trésor au cœur du scénario macroéconomique. La hausse prévue des rachats sur le long terme peut réduire la tension de liquidité, mais les besoins de financement de l’État et la forte demande de capital du secteur privé restent des facteurs structurels derrière des rendements élevés. L’attention se portera sur le PCE « core » et la première estimation du PIB américain le 26 août, puis sur l’IPC core de Tokyo et le discours de Kevin Warsh le 28 août.

FAQs

Q : Pourquoi le Trésor américain augmente-t-il les rachats d’obligations ?

Le Trésor double ses rachats sur la partie longue à au moins 4 milliards de dollars par opération à partir du 9 septembre afin d’améliorer la liquidité du marché et de réduire la pression après le pic des rendements longs.

Q : Ces rachats feront-ils baisser durablement les taux longs ?

Non. Ils modifient surtout les échéances de la dette, sans réduire la dette totale. Les déficits élevés et la demande de financement du secteur privé maintiennent une pression de fond sur les rendements.

Q : Comment les rendements du Trésor influencent-ils les actions et l’or ?

Des rendements plus bas réduisent le coût du crédit et soutiennent la valorisation des actions, surtout dans la technologie. Des rendements réels plus faibles (rendements corrigés de l’inflation) rendent l’or plus attractif et peuvent affaiblir le dollar.

Q : Quelles statistiques et quels événements suivre cette semaine ?

Le marché surveille l’inflation PCE « core » et le PIB américain (première estimation du T2) le 26 août, puis l’IPC core de Tokyo et le discours de Kevin Warsh le 28 août.

Q : Quels niveaux techniques sont surveillés sur les principaux marchés ?

USDX : soutien à 98,40. Or : soutien au-dessus de 4 490 avec un objectif potentiel à 4 670. S&P 500 : soutien vers 7 625. Bitcoin : zones à surveiller vers 75 170 après l’approche de 80 000.

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