Le rallye de l’or en 2026 ne fait-il que commencer ?

by VT Markets
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Mar 24, 2026
Analyst Ross
À retenir
  • En 2026, l’or baisse parfois quand les marchés paniquent, car les grands acteurs vendent leurs actifs les plus faciles à vendre pour obtenir rapidement du cash (argent disponible).
  • Le dollar reste un frein à court terme : l’argent mondial se réfugie souvent d’abord dans des placements libellés en dollars (actifs dont le prix est en dollars), ce qui pèse sur l’or.
  • Les grands acteurs voient les fortes baisses comme des moments pour acheter progressivement (accumuler), pas comme un signal de sortie.
  • Des coûts de l’énergie et des prix du pétrole durablement élevés ravivent l’inflation (hausse générale des prix) sur le long terme, ce qui soutient l’or.
  • Les banques centrales déplacent régulièrement leurs réserves loin des monnaies « papier » (monnaies fiduciaires) comme le dollar ou l’euro, ce qui entretient l’idée d’un retour vers 5 000 $.

Le « reset » vers 5 000 $ : le rallye de l’or en 2026 ne fait-il que commencer ?

L’évolution du prix de l’or en 2026 est irrégulière et laisse beaucoup d’investisseurs perplexes. Le contexte général (tensions géopolitiques, ralentissement mondial) suggère pourtant une hausse possible, mais l’or a parfois reculé lors des phases « risk-off » (quand les investisseurs réduisent le risque et vendent les actifs risqués). Pour comprendre, il faut dépasser les mouvements de court terme et regarder le changement de fond en cours.

Pourquoi l’or baisse en phase « risk-off »

En théorie, l’or monte quand la peur et l’incertitude dominent. Pourtant, ces derniers mois, de fortes baisses des actifs risqués (actions, etc.) n’ont pas toujours entraîné une hausse immédiate de l’or. La raison principale n’est pas que l’or a « perdu » son rôle de valeur refuge, mais plutôt un besoin de liquidités (argent immédiatement disponible).

Quand les marchés basculent brutalement en mode « risk-off », les grandes institutions cherchent des liquidités. Elles vendent ce qu’elles peuvent vendre vite, pas forcément ce qu’elles voudraient vendre. L’or est un actif très liquide (facile à acheter/vendre), donc il devient une source de cash rapide. Dans ces moments, il sert surtout d’outil de financement plutôt que de protection (couverture) ou de réserve de valeur.

En plus, le risque d’appels de marge augmente sur les actions et les produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un autre actif, comme des options ou des contrats à terme). Un appel de marge, c’est quand le courtier demande d’ajouter de l’argent pour couvrir des pertes. Les gros acteurs doivent alors réduire des positions partout. L’or se retrouve entraîné dans ces ventes « tous actifs confondus », ce qui pèse à court terme, même si le contexte de fond reste favorable.

Pour les investisseurs particuliers, cela surprend, car cela contredit l’idée simple « peur = or en hausse ». En pratique, la première réaction à la peur est souvent de vendre pour récupérer du cash, avant une phase d’achats.

Le dollar et la bombe budgétaire

Le dollar américain (USD) reste un facteur clé à court terme. En période de stress, l’argent mondial se place souvent d’abord sur des actifs libellés en dollars, ce qui réduit la liquidité ailleurs et peut freiner l’or. Mais cette force du dollar est souvent temporaire. Une fois la tension sur les liquidités passée, les institutions reviennent fréquemment vers l’or comme protection contre l’instabilité monétaire et la dépréciation des monnaies (quand une monnaie perd du pouvoir d’achat).

Le dollar peut offrir une sécurité immédiate, mais les pressions budgétaires (dépenses publiques élevées, dette) dans les grandes économies limitent la capacité des décideurs à garder une politique monétaire très stricte (taux élevés, crédit limité) indéfiniment. À terme, cela crée un contexte où l’or peut mieux résister que les monnaies fiduciaires (monnaies basées sur la confiance et l’État, pas sur un actif comme l’or).

Objectifs des institutionnels vs peurs des particuliers

L’une des grandes différences sur le marché de l’or oppose aujourd’hui les institutions (banques, fonds) et les investisseurs particuliers.

Les particuliers réagissent souvent aux variations rapides (volatilité : fortes hausses et baisses). Une baisse marquée crée de la peur et pousse certains à vendre trop tôt, en pensant que la hausse est finie.

Les institutions, elles, ont un horizon plus long et gèrent des allocations (répartition du portefeuille entre plusieurs placements). Elles voient les baisses comme des prix plus intéressants pour acheter progressivement. Leur analyse tient compte de facteurs de fond : taux d’intérêt réels (taux après inflation), politique des banques centrales, attentes d’inflation à long terme.

Pour elles, la volatilité n’est pas un danger en soi : c’est une partie normale du cycle de marché.

Le pétrole comme indicateur avancé de l’inflation

Le pétrole et l’or sont des matières premières (produits de base comme l’énergie, les métaux, le blé), mais leurs moteurs sont différents.

Le pétrole dépend surtout de l’activité économique et de l’équilibre offre/demande, alors que l’or dépend davantage des conditions monétaires (taux, création de monnaie) et du comportement des investisseurs.

Le lien principal passe par l’inflation. Quand le pétrole monte, les coûts de l’énergie augmentent et les anticipations d’inflation peuvent grimper. Cela soutient souvent l’or. Quand l’énergie devient plus chère, les banques centrales subissent plus de pression et peuvent ajuster leur politique, ce qui tend à favoriser l’or avec le temps.

Avant le conflit au Moyen-Orient, les périodes de baisse du pétrole signalaient souvent une demande mondiale plus faible. Cela déclenchait un mode « risk-off », qui peut d’abord peser sur l’or à cause de ventes motivées par la recherche de liquidités.

Des prix du pétrole durablement plus élevés, comme on l’a vu depuis le début de la guerre, peuvent remettre l’inflation au centre des préoccupations des banques centrales, ce qui peut soutenir l’or sur le long terme.

Ainsi, le pétrole ne « commande » pas directement l’or, mais il influence fortement le contexte économique global, qui se répercute sur le prix de l’or.

2026 est-elle encore une année haussière ?

2026 est-elle encore une année haussière ? Malgré les à-coups, l’idée d’un retour vers 5 000 $ est soutenue par la réduction de la dépendance des banques centrales aux monnaies fiduciaires et par l’érosion continue du rendement réel (gain après inflation). Les baisses actuelles ressemblent à une phase de ventes forcées et à un ajustement qui permet au marché de repartir sur une base plus solide.

Le guide 2026 de l’investisseur

  1. Ignorer le bruit des ventes forcées : comprendre qu’au début d’une crise, les baisses viennent souvent de ventes pour obtenir du cash, pas d’une perte de valeur « fondamentale ».
  2. Surveiller les taux réels : l’inflation réduit les gains réels, donc l’absence de rendement de l’or (pas d’intérêts) compte moins que la perte de pouvoir d’achat des monnaies fiduciaires.
  3. Observer les institutions : considérer les fortes baisses comme des moments pour acheter progressivement, comme le font les banques centrales et les gérants professionnels (allocateurs : responsables de la répartition des placements).
Les grandes questions

1) Pourquoi l’or baisse-t-il lors des récentes phases « risk-off » ?

Parce que l’or sert souvent de source de liquidités pour les institutions. Quand la volatilité augmente brutalement, elles vendent l’or car il est facile à revendre pour récupérer du cash ou répondre à des appels de marge (demande d’argent supplémentaire du courtier) sur d’autres placements. Au début de la peur, le marché passe souvent par une phase de ventes forcées avant une phase d’achats.

2) Comment le dollar américain influence-t-il le prix de l’or en 2026 ?

Un dollar fort pèse souvent sur l’or, car l’or devient plus cher pour ceux qui achètent avec une autre monnaie. En 2026, la recherche de sécurité a favorisé des placements en dollars, ce qui a réduit la liquidité ailleurs et limité la hausse de l’or même quand l’incertitude était forte.

3) Quelle différence entre les stratégies des institutions et celles des particuliers sur l’or ?

Les particuliers réagissent plus souvent aux variations rapides et peuvent vendre trop tôt lors d’une forte baisse. Les institutions, avec un horizon plus long, utilisent ces baisses pour acheter progressivement, en se basant sur des facteurs macroéconomiques comme les taux réels (taux après inflation) et la politique des banques centrales.

4) Comment le prix du pétrole influence-t-il le marché de l’or ?

Le pétrole influence l’or surtout via l’inflation : une énergie plus chère peut faire monter les anticipations d’inflation. Cela accroît la pression sur les banques centrales et peut conduire à des décisions qui, avec le temps, soutiennent l’or comme réserve de valeur (actif censé garder son pouvoir d’achat).

5) Le scénario haussier de fond pour l’or est-il toujours valable ?

Oui, l’idée de fond reste positive : les banques centrales continuent d’acheter de l’or pour dépendre moins des monnaies fiduciaires. Les difficultés budgétaires et la baisse des taux réels (après inflation) dans les grandes économies soutiennent l’intérêt pour des actifs stratégiques qui ne versent pas d’intérêts, malgré les variations de prix à court terme.

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