
Points clés
- USDCNH s’échangeait à 6,78125, en baisse de 0,0156 (soit 0,23 %), après avoir touché 6,77996.
- Le yuan « onshore » (échangé en Chine continentale) a touché 6,7803 pour un dollar, son plus haut niveau depuis le 9 février 2023.
- La PBOC (Banque populaire de Chine, la banque centrale) a fixé le point médian à 6,8318, son fixing (taux de référence officiel) le plus fort depuis le 15 février 2023, mais 438 pips plus faible qu’une estimation de 6,7880. (pip : très petite variation de prix sur une paire de devises.)
- L’espoir d’un accord pour rouvrir le détroit d’Ormuz a affaibli le dollar et accru l’appétit pour le risque (les investisseurs achètent plus facilement des actifs jugés plus risqués).
Le yuan a atteint un nouveau sommet en trois ans face au dollar lundi, car les marchés ont jugé plus probable une avancée des discussions de paix entre les États-Unis et l’Iran, ainsi qu’une possible réouverture du détroit d’Ormuz. USDCNH s’échangeait à 6,78125, en baisse de 0,0156 (soit 0,23 %), à 05/25 07:35:26 GMT+3. Un USDCNH plus bas signifie que le yuan « offshore » (échangé hors de Chine continentale) se renforce face au dollar.
Le plus haut de séance était 6,79156, avec un plus bas à 6,77996, une ouverture à 6,78775 et une clôture à 6,79711. Le yuan onshore a touché 6,7803 pour un dollar, son niveau le plus fort depuis le 9 février 2023, avant de s’échanger autour de 6,7808 vers 0335 GMT. Le yuan offshore a aussi atteint un plus haut de plus de trois ans, autour de 6,7812 pour un dollar.
Ce mouvement s’est produit alors que le dollar américain a reculé au début des échanges en Asie. L’espoir d’un accord sur Ormuz a fait baisser le pétrole sous 100 $ le baril, avec le Brent en baisse de 5,1 % à 98,29 $ et le WTI à 91,76 $, en recul de 5 %. L’euro a progressé de 0,3 % à 1,1642 $, la livre de 0,4 % à 1,3485 $ et le dollar australien de 0,4 % à 0,7160 $.
L’espoir autour d’Ormuz augmente l’appétit pour le risque
Le yuan profite d’un retour général vers la prise de risque (« risk-on » : les investisseurs acceptent plus de risque). Trump a déclaré que Washington et l’Iran avaient « largement négocié » un mémorandum d’entente (accord écrit de principe) qui rouvrirait le détroit d’Ormuz, tout en disant avoir demandé aux négociateurs de ne pas se précipiter. Avant la guerre, ce détroit faisait passer un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL : gaz refroidi pour être transporté). Même une réouverture partielle changerait les perspectives sur l’énergie et l’inflation (hausse générale des prix).
C’est important pour la Chine, car un pétrole moins cher réduit l’inflation importée (hausse des prix venant des produits achetés à l’étranger) et améliore l’environnement extérieur pour les pays importateurs d’énergie. Cela réduit aussi la demande de dollar comme valeur refuge (actif jugé plus sûr en période d’incertitude). Les actifs risqués ont réagi vite : les contrats à terme (prix pour acheter/vendre plus tard) sur le Nasdaq ont gagné 1,2 %, ceux du S&P 0,7 %, le Nikkei japonais a bondi de 3 % au-delà de 65 000, et l’indice MSCI Asie-Pacifique hors Japon a pris 1 %. (MSCI : fournisseur d’indices boursiers utilisés comme références.)
Mais la hausse du yuan ne vient pas seulement des espoirs de paix. La PBOC a aussi orienté le marché vers un yuan plus fort. Avant l’ouverture, la banque centrale a fixé le point médian à 6,8318 pour un dollar, son niveau le plus fort depuis le 15 février 2023. Ce fixing restait 438 pips plus faible que l’estimation de 6,7880, ce qui montre que Pékin accepte une appréciation (hausse de la valeur du yuan), tout en cherchant à ralentir le rythme.
La PBOC met l’accent sur la stabilité
Le message de la PBOC reste équilibré. La banque centrale fixe souvent un point médian moins fort que prévu. Les opérateurs y voient une volonté de stabiliser le yuan et d’éviter une hausse trop rapide.
Cette approche aide Pékin à gérer deux risques. Un yuan plus fort réduit l’inflation importée et montre de la confiance. Mais une hausse trop rapide peut pénaliser les exportateurs (entreprises qui vendent à l’étranger) et durcir les conditions financières (le crédit devient plus coûteux ou plus difficile) alors que la Chine a besoin de marge de manœuvre.
Chaque jour, le yuan au comptant (prix immédiat, « spot ») peut évoluer de 2 % de part et d’autre du point médian. Cette bande quotidienne permet à la PBOC d’influencer les attentes sans imposer un mouvement brutal dans un seul sens. Zhu Feng, économiste en chef pour la Chine chez J.P. Morgan, pense que la banque centrale visera un yuan stable et évitera une appréciation excessive. Il voit le yuan finir l’année à 6,7 pour un dollar.
Si les États-Unis augmentent leurs taux (taux d’intérêt directeurs : taux fixés par la banque centrale qui influencent les crédits) tandis que la Chine les maintient ou les baisse, la pression à la hausse sur le yuan pourrait diminuer. Pékin aurait alors plus de marge pour utiliser sa politique monétaire (mesures sur les taux et la liquidité) sans provoquer un mouvement désordonné de la devise.
Le contrôle des capitaux envoie un signal interne
La décision de la Chine de renforcer fortement la lutte contre les investissements illégaux à l’étranger n’a pas beaucoup bougé la devise, mais elle compte pour le contexte de politique économique.
Cette mesure indique que Pékin veut garder des flux de capitaux (entrées et sorties d’argent) ordonnés pendant que le yuan se renforce. Une devise plus forte peut attirer des entrées, mais aussi encourager la spéculation (positions prises pour parier sur une hausse). En renforçant l’application des règles contre les investissements illégaux à l’étranger, les autorités réduisent le risque de mouvements instables, tout en gardant le contrôle sur la trajectoire du taux de change (prix d’une devise par rapport à une autre).
Pour les traders (opérateurs de marché), cela signifie que la force du yuan peut continuer, mais Pékin n’acceptera probablement pas une hausse désordonnée. La PBOC veut une devise solide, pas incontrôlable.
Analyse technique
USDCNH évolue près de 6,7812, en poursuivant sa tendance générale à la baisse, car le yuan offshore se renforce face au dollar. La paire reste sous les principales moyennes mobiles de court terme (moyenne d’un prix sur plusieurs jours, utilisée pour voir la tendance), ce qui maintient une dynamique orientée à la baisse.
- MA5 : 6,7991 (moyenne mobile sur 5 jours)
- MA10 : 6,7969 (moyenne mobile sur 10 jours)
- MA20 : 6,8091 (moyenne mobile sur 20 jours)

Le prix évolue sous les moyennes sur 5, 10 et 20 jours, ce qui renforce la pression baissière (tendance à la baisse). La cassure récente sous 6,8000 a mis en avant une zone de soutien (niveau où le prix peut arrêter de baisser) autour de 6,7750, avec une baisse plus profonde pouvant viser les plus bas d’avril.
La résistance (niveau où le prix peut buter) se situe maintenant vers 6,7960–6,8100, où les moyennes mobiles sont regroupées. USDCNH devrait repasser au-dessus de cette zone pour réduire la pression baissière de court terme.
Ce mouvement reflète un dollar plus faible et un sentiment meilleur autour des marchés chinois, avec des attentes de soutien des autorités. Cependant, les opérateurs restent prudents à cause des inquiétudes sur la croissance chinoise et les flux de capitaux.
Prévision prudente
USDCNH pourrait rester sous pression tant qu’il évolue sous 6,80907. Une cassure sous 6,77996 renforcerait l’idée d’un mouvement vers 6,7500, surtout si l’espoir de paix avec l’Iran maintient le pétrole bas et si le dollar reste globalement vendu.
Questions de traders
Pourquoi le yuan monte face au dollar ?
Le yuan monte parce que le dollar s’est affaibli, sur l’espoir qu’un accord de paix États-Unis–Iran puisse rouvrir le détroit d’Ormuz et réduire le risque sur l’énergie. USDCNH s’échangeait à 6,78125, en baisse de 0,0156 (soit 0,23 %), ce qui signifie que le yuan offshore s’est renforcé face au dollar.
Quel est le prix actuel de l’USDCNH ?
USDCNH s’échangeait à 6,78125. Le plus haut de séance était 6,79156, le plus bas 6,77996, l’ouverture 6,78775 et la clôture 6,79711.
Pourquoi le yuan a-t-il atteint un plus haut en trois ans ?
Le yuan a atteint un plus haut en trois ans grâce à un dollar plus faible, à un appétit pour le risque plus élevé et au soutien donné par la PBOC. Le yuan onshore a touché 6,7803 pour un dollar, son niveau le plus fort depuis le 9 février 2023.
Comment le yuan offshore a-t-il évolué ?
Le yuan offshore a aussi atteint un plus haut de plus de trois ans. USDCNH s’échangeait autour de 6,7812 pour un dollar, soutenu par une demande plus faible de dollars et l’espoir d’une réouverture du détroit d’Ormuz.
Pourquoi le détroit d’Ormuz est-il important pour le yuan ?
Le détroit d’Ormuz est important car il fait passer environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz. Une réouverture ferait baisser les prix du pétrole, réduirait la pression inflationniste et renforcerait l’appétit pour le risque. Cela peut affaiblir le dollar et soutenir des devises comme le yuan.
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