
Points clés
- Le CL-OIL se maintient près de 100 $, avec le pétrole de référence récemment autour de 104 $, en hausse d’environ 7–8 % sur la journée.
- Le Brent est passé au-dessus de 101–102 $, tandis que le WTI a dépassé 104 $, ce qui reflète une réévaluation rapide du risque géopolitique (risque lié aux tensions entre pays).
- La hausse est alimentée par la montée des tensions et par un blocus naval américain visant des navires liés à l’Iran dans le détroit d’Ormuz (passage maritime étroit essentiel au transport de pétrole).
- Le transport maritime reste limité : des pétroliers (navires qui transportent du pétrole) évitent la zone et les volumes de passage restent inférieurs à la normale.
Les prix du pétrole ont fortement dépassé 100 $ après le retour au premier plan des risques géopolitiques, à la suite de l’échec des discussions entre les États-Unis et l’Iran et d’un projet de blocus du détroit d’Ormuz.
Le pétrole Brent a grimpé vers 101–102 $, tandis que le WTI est monté au-dessus de 104 $, car les marchés ont réagi au risque de perturbation de l’approvisionnement (baisse des quantités disponibles) dans l’un des passages maritimes les plus importants pour l’énergie.
Ce mouvement annule l’accalmie observée pendant le récent cessez-le-feu (arrêt temporaire des combats) et montre à quel point le pétrole réagit vite aux événements au Moyen-Orient.
Le risque sur l’offre revient – blocus d’un détroit déjà sous forte pression
Le principal moteur de la hausse n’est pas la demande (la quantité que les acheteurs veulent), mais le risque sur l’offre (la quantité disponible).
Le détroit d’Ormuz fait passer environ 20 % des flux mondiaux de pétrole (les volumes transportés), ce qui en fait l’une des routes les plus importantes pour le marché de l’énergie.
Comme les États-Unis préparent un blocus naval visant des navires liés à l’Iran, le marché intègre désormais la possibilité d’une perte pouvant atteindre 2 millions de barils par jour (volume quotidien de production/approvisionnement).
Même une perturbation partielle peut tendre rapidement le marché (rendre l’offre insuffisante). Des pétroliers ont déjà commencé à éviter la zone, ce qui renforce les craintes sur la disponibilité à court terme.
La réaction du marché dépasse le pétrole
La hausse du pétrole ne se produit pas seule.
- Les contrats à terme sur actions (prix aujourd’hui d’achats/ventes d’actions prévus plus tard) sont sous pression, car l’énergie plus chère augmente les inquiétudes sur l’inflation (hausse générale des prix) et la croissance
- Les actifs liés à l’énergie (placements influencés par le pétrole et le gaz) attirent de nouveau l’attention
- Les flux vers des valeurs refuges (placements jugés plus sûrs en période de crise) augmentent avec le risque géopolitique
Ce mouvement rappelle un schéma connu : quand un choc géopolitique touche l’offre, le pétrole réagit tout de suite, tandis que le reste des marchés s’ajuste plus lentement.
Lire aussi : Pourquoi les prix du pétrole brut varient fortement
Une situation fragile
Malgré la hausse, la suite dépend de l’évolution de la situation.
Deux forces s’opposent :
- Risque d’escalade : plus de perturbations ou des représailles (réponses) pourraient faire monter les prix, surtout si le passage par Ormuz est davantage limité
- Possibilité de désescalade : de nouvelles négociations ou une baisse des tensions pourraient annuler rapidement une partie de la hausse
Cela crée un marché qui réagit aux nouvelles plutôt qu’une tendance claire, avec des variations de prix surtout guidées par les gros titres plutôt que par les facteurs de base (offre, demande, stocks).
Analyse technique USOIL
Le pétrole américain (USOIL) a monté pendant la séance asiatique de lundi et se négocie au-dessus de 100 $. La semaine dernière, une grande bougie baissière (forte baisse visible sur un graphique en chandeliers) s’est formée. Cela a créé un « fair value gap » (zone de prix laissée sans échanges sur le graphique, souvent comblée ensuite). Le pétrole pourrait revenir vers l’ancien sommet pour combler cette zone et passer au-dessus de 110 $, si aucune négociation n’aboutit.
Les moyennes mobiles (lissage du prix sur une période) s’alignent lentement vers une tendance haussière, mais ce n’est pas confirmé. Il faut voir trois EMA (moyennes mobiles exponentielles, qui donnent plus de poids aux prix récents) s’orienter à la hausse avant d’envisager des positions longues (acheter pour profiter d’une hausse).
L’indicateur MACD (outil qui compare deux moyennes mobiles pour repérer une tendance) montre un histogramme haussier (barres indiquant un renforcement de la hausse), et la ligne de signal commence à passer en zone positive.

Niveaux clés à surveiller :
Support (zone où le prix a souvent du mal à baisser davantage) : 100 -> 95,9 -> 91,2
Résistance (zone où le prix a souvent du mal à monter davantage) : 105 -> 109,2 -> 113,6
À surveiller
Les traders (personnes qui achètent/vendent sur les marchés) doivent suivre trois éléments :
- Trafic dans le détroit d’Ormuz : tout signe de nouvelle perturbation ou d’escalade militaire influencera directement les attentes d’offre.
- Signaux politiques et militaires : les déclarations des États-Unis, de l’Iran et des acteurs régionaux orienteront le sentiment à court terme (l’humeur du marché).
- Confirmation de la hausse des prix du pétrole : un maintien au-dessus de 100 $ pourrait entraîner des changements de positions (réallocations d’investissement) sur les matières premières (produits de base comme le pétrole, l’or) et les actifs sensibles à l’inflation.
À retenir
Le retour du pétrole au-dessus de 100 $ rappelle que la géopolitique peut vite prendre le dessus sur les facteurs de base.
Pour l’instant, le marché intègre un risque, pas une certitude. La suite dépendra de l’évolution au Moyen-Orient dans les prochains jours.
Questions de traders
Qu’est-ce qui pousse le pétrole au-dessus de 100 $ ?
Le mouvement vient du risque sur l’offre, pas de la demande. La hausse des tensions et un possible blocus dans le détroit d’Ormuz font craindre une baisse des volumes de pétrole transportés, ce qui fait monter les prix.
Pourquoi le détroit d’Ormuz est-il si important pour le pétrole ?
Le détroit d’Ormuz concentre une grande part des expéditions mondiales. Une perturbation peut réduire vite l’offre disponible, ce qui en fait un passage très sensible pour les prix.
Cette hausse du pétrole peut-elle continuer ?
Cela dépend des événements géopolitiques. Une escalade pourrait pousser les prix plus haut, tandis qu’une désescalade ou une reprise des négociations pourrait inverser le mouvement rapidement.
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