
Points clés
- Les contrats à terme (prix convenu pour une date future) sur le gaz naturel américain sont autour de 2,84 $ par MMBtu (unité d’énergie), toujours proches de leur plus bas niveau depuis août 2025.
- L’EIA (agence américaine de l’énergie) a signalé une injection de 36 Bcf (volume ajouté aux stocks; Bcf = milliards de pieds cubes) pour la semaine se terminant le 27 mars, contre une moyenne sur cinq ans de retrait de 4 Bcf (volume retiré des stocks) pour la même semaine.
- Les tensions au Moyen-Orient augmentent le risque pour le pétrole et le GNL (gaz naturel liquéfié, gaz refroidi et transporté par bateau), mais le gaz américain reste protégé: l’offre intérieure est abondante et les terminaux d’exportation de GNL fonctionnent déjà presque à plein.
Le gaz naturel américain tente de rebondir, mais la tendance reste faible. NG-C (contrat sur le gaz naturel) s’échange à 2,893, en hausse de 0,035 soit 1,22%, tandis que les prix évoluent autour de 2,84 à 2,89 $ par MMBtu. Malgré cette petite hausse, les contrats à terme restent proches des niveaux les plus bas depuis août 2025.
Le temps printanier explique l’essentiel. Des températures douces réduisent la demande de chauffage, au moment où le marché passe des retraits d’hiver à la saison de remplissage des stocks. Cette baisse de la demande suffit à effacer une grande partie de la prime géopolitique (hausse de prix liée aux risques politiques et militaires).
À court terme, le scénario prudent reste celui d’un marché bien approvisionné, sauf si la météo devient plus chaude ou si l’offre diminue clairement.
Les données de stocks maintiennent un marché bien approvisionné
Le dernier rapport sur les stocks a confirmé une configuration baissière (tendance vers des prix plus bas). Le gaz disponible en stock a augmenté de 36 Bcf sur la semaine se terminant le 27 mars, portant les stocks à 1 865 Bcf. Pour la même semaine, la moyenne sur cinq ans montre un retrait de 4 Bcf.
C’est le point essentiel. À cette période, on retire souvent encore du gaz des stocks. Ici, les stocks augmentent déjà. Cela indique que l’offre dépasse la demande, ce qui pèse sur les prix.
C’est pourquoi le gaz naturel a du mal à monter, même si les marchés de l’énergie restent sous tension.
Le risque iranien compte moins pour Henry Hub que pour le pétrole
Le risque géopolitique reste réel. Trump a averti que les États-Unis pourraient frapper des infrastructures iraniennes si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert, ce qui maintient le pétrole et le marché mondial du GNL sous pression.
Henry Hub (prix de référence du gaz naturel aux États-Unis) réagit autrement. Le pétrole est directement exposé à Ormuz. Le gaz naturel américain l’est beaucoup moins, car la production intérieure reste élevée et les terminaux d’exportation de GNL fonctionnent déjà presque au maximum.
Un choc mondial sur le gaz peut améliorer le climat du marché, mais ne crée pas automatiquement une hausse forte des exportations américaines si le système d’exportation est déjà presque plein.
Cela limite l’effet international sur le prix du gaz américain.
Un scénario prudent accepte encore des hausses brèves liées aux nouvelles de guerre, mais il faut un signal intérieur de baisse de l’offre ou de hausse nette de la demande pour que ces hausses durent.
Les limites d’exportation freinent la hausse
Le plafond d’exportation (limite pratique du volume exportable) maintient le marché. Une interruption à Ormuz menace une grande part des flux mondiaux de pétrole, de carburants raffinés, et de GNL, ce qui soutient les prix internationaux du gaz. Mais le gaz naturel américain ne profite pas pleinement de cette hausse si la capacité de liquéfaction (installation qui transforme le gaz en GNL pour le transport) est déjà proche du maximum.
Sans nouvelle capacité d’exportation, une demande plus forte à l’étranger ne provoque pas la même envolée que sur le pétrole. L’équilibre offre-demande aux États-Unis reste prioritaire.
Le gaz américain se comporte donc différemment du pétrole. Le pétrole réagit directement au choc sur le transport maritime. Le gaz naturel réagit d’abord à la météo, aux stocks, et aux goulots d’étranglement à l’export (limites qui bloquent les volumes), puis ajoute une petite prime liée au risque géopolitique.
Analyse technique
Le gaz naturel (NG) s’échange près de 2,89, juste au-dessus des plus bas récents, et manque de direction après sa forte baisse depuis le sommet de 5,69 plus tôt cette année. Les mouvements restent limités, avec des rebonds faibles et peu d’achats durables.
Le creux récent autour de 2,83–2,84 tient pour l’instant, mais la structure montre encore des sommets et des creux de plus en plus bas, ce qui maintient la pression à la baisse.
D’un point de vue technique, la tendance reste baissière. Le prix est sous les principales moyennes mobiles (moyennes de prix sur plusieurs jours, utilisées pour repérer la tendance). Les moyennes 5 jours (2,90) et 10 jours (2,95) servent de résistance (zone où le prix a du mal à monter), tandis que la moyenne 20 jours (3,08) baisse encore, confirmant la faiblesse. Le prix se resserre près des plus bas, ce qui ressemble à une phase de pause, mais sans signal clair de retournement (indice d’un changement de tendance), cela ressemble plutôt à une pause dans une baisse plus large.

Niveaux à surveiller :
- Support : 2,84 → 2,80 → 2,70 (zone où le prix a tendance à se stabiliser)
- Résistance : 2,95 → 3,10 → 3,40 (zone où le prix a tendance à bloquer)
À court terme, le prix se stabilise juste au-dessus de 2,84, un niveau qui a soutenu le marché récemment. Une cassure sous cette zone pourrait relancer la baisse vers 2,80, puis 2,70 si les ventes s’accélèrent.
À la hausse, 2,95 est le premier niveau à reprendre. Un passage au-dessus pourrait entraîner un rebond vers 3,10, mais la hausse resterait probablement limitée tant que le prix ne dépasse pas et ne se maintient pas au-dessus de 3,40.
Au total, le gaz naturel reste sous pression baissière, avec des rebonds faibles et des ventes régulières. Tant que les acheteurs ne reprennent pas des résistances importantes, le biais (direction la plus probable) reste à la baisse, et la stabilisation actuelle pourrait précéder le prochain mouvement.
Ce que les traders doivent surveiller ensuite
Le prochain mouvement dépend surtout de l’équilibre intérieur, plus que des nouvelles internationales. D’abord la météo, puis le prochain rapport de stocks de l’EIA, puis tout changement des flux de gaz vers le GNL (volume de gaz envoyé aux usines de liquéfaction).
Si les injections (ajouts aux stocks) restent aussi au-dessus de la normale, le marché peut rester proche des plus bas, même si le pétrole et le GNL mondial sont sous pression. Si des prévisions plus chaudes arrivent ou si la production baisse assez pour resserrer l’équilibre, le gaz naturel peut remonter depuis la zone 2,84 à 2,89 $. Si le temps doux continue et que les stocks augmentent tôt, le marché peut rester coincé près du plancher récent autour de 2,837.
FAQ traders
Pourquoi le gaz naturel américain est-il faible malgré le risque lié à l’Iran ?
Le gaz naturel américain suit surtout des facteurs locaux (offre, demande, stocks) plutôt que les nouvelles du Moyen-Orient. Le temps doux réduit la demande de chauffage, les stocks augmentent tôt, et la capacité d’exportation de GNL est déjà presque utilisée au maximum. Cela limite la prime de risque (hausse de prix liée à l’incertitude).
Quelle est la raison principale des prix proches des plus bas depuis août 2025 ?
La raison principale est un marché trop bien fourni. On sort de l’hiver avec une demande météo faible, tandis que les stocks montent déjà au lieu de baisser.
Que montre le dernier rapport sur les stocks ?
Les dernières données de l’EIA montrent une injection de 36 Bcf pour la semaine se terminant le 27 mars, contre une moyenne sur cinq ans de retrait de 4 Bcf sur la même période. C’est beaucoup plus élevé que d’habitude à cette période.
Pourquoi une injection de 36 Bcf est-elle importante ?
Elle indique que l’offre dépasse largement la demande. À cette période, on s’attend souvent à une baisse des stocks, ou au moins à une hausse plus lente.
Pourquoi le gaz naturel ne monte-t-il pas comme le pétrole ?
Le pétrole est directement touché par un blocage à Ormuz. Le gaz naturel américain l’est moins, car la production intérieure est forte et les terminaux d’exportation de GNL tournent déjà presque au maximum. Les tensions mondiales sur le gaz aident le sentiment, mais n’ajoutent pas une demande américaine sans limite.
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