Le desk de recherche macroéconomique d’une banque attribue le récent repli de l’EUR/USD à la hausse des prix du pétrole et du diesel, ainsi qu’au regain d’inquiétudes autour des OAT françaises. Il anticipe que l’euro restera sous pression jusqu’en octobre, à l’approche d’échéances clés et d’une revue de notation par Moody’s, tout en jugeant la réaction de marché plus contenue que lors de l’épisode précédent d’élargissement comparable du spread OAT–Bund. Au-delà d’octobre, les perspectives dépendront de la capacité de la France à maintenir le déficit 2027 dans une zone légèrement au-dessus de 5%, et du fait que les tensions restent concentrées sur les OAT plutôt que de se diffuser à l’ensemble de la zone euro.
Son analyse de suivi de tendance indique que le rally du dollar paraissait étiré face à l’EUR, la GBP, le CAD, la SEK et le MXN, tandis que le positionnement sur le FX G10 est globalement vendeur USD, à l’exception du JPY. Plutôt que de prolonger le mouvement vers la zone pré-« Liberation Day », le desk se positionne pour jouer un essoufflement de la baisse de l’EUR/USD via des options. Il a mis en place un risk reversal EUR/USD à 3 mois, à coût nul : achat d’un call 1,1610 financé par la vente d’un put 1,11, présenté comme une manière d’exprimer une vue baissière sur le dollar à horizon fin d’année.
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Faiblesse de l’euro : risque budgétaire français et énergie chère
Nous anticipons que l’euro restera sous pression tout au long du mois d’octobre, alors que le marché traverse des décisions budgétaires cruciales et des revues de notation souveraine à venir. Nous considérons toutefois cette faiblesse comme une opportunité d’achat temporaire plutôt que comme un motif de panique. L’écartement actuel du spread de rendement OAT–Bund, récemment autour de 78 points de base, reste encore loin de niveaux synonymes de crise systémique.
Parallèlement, nous observons que le rally du dollar américain commence à apparaître fortement sur-étiré face aux principales devises mondiales. Les données de positionnement les plus récentes montrent que le marché est massivement net short sur les devises du G10 face au billet vert, à l’exception du yen japonais. Historiquement, lorsque le positionnement atteint de tels extrêmes unidirectionnels, un retournement de tendance marqué survient souvent au cours du dernier trimestre de l’année.
Les coûts énergétiques élevés, avec un Brent évoluant autour de 80 dollars le baril, continuent de peser sensiblement sur les perspectives économiques de la zone euro. En outre, la revue de notation souveraine de la France par les grandes agences plus tard en octobre maintient les investisseurs en état d’alerte. Malgré ces pressions immédiates, nous estimons que ces risques sont largement intégrés dans les prix tant que la France parvient à maintenir son objectif de déficit 2027 proche de 5%.
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Se positionner pour un retournement : jouer l’essoufflement de la baisse via des options
Pour mettre en œuvre ce scénario, nous recommandons aux intervenants sur dérivés de ne pas courir après la baisse en cours et de se positionner plutôt en vue d’un repli du dollar d’ici la fin d’année. Nous privilégions la mise en place d’un risk reversal EUR/USD à trois mois, consistant à acheter un call hors-la-monnaie financé par la vente d’un put de strike inférieur. Cette structure optionnelle permet de capter à moindre coût un potentiel rebond de l’euro vers 1,16, tout en encadrant l’exposition baissière.
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