La membre du directoire de la BCE Isabel Schnabel a qualifié les récents mouvements des prix de l’énergie de « plutôt préoccupants », alors que les responsables évaluent de nouvelles hausses de taux après la décision de la semaine dernière. Ses commentaires s’inscrivaient dans une référence plus large aux enjeux macroéconomiques, budgétaires et de stabilité financière dans un environnement sujet aux chocs, et pointaient des pressions au-delà du pétrole brut, notamment sur le diesel. Elle a également évoqué une forte réduction des capacités de raffinage et la difficulté de les reconstituer rapidement.
Les marchés ont peu réagi dans l’immédiat sur la monnaie unique. L’euro est resté faible face au dollar, l’EUR/USD cédant 0,5% vers 1,1540 au moment de la rédaction. Plus largement, la BCE fixe les taux d’intérêt de la zone euro afin de maintenir la stabilité des prix, avec un objectif d’inflation autour de 2%, et le Conseil des gouverneurs prend ses décisions de politique monétaire lors de huit réunions par an. Au-delà de la politique de taux, la panoplie d’outils inclut l’assouplissement quantitatif, utilisé lors de la crise financière mondiale de 2009–11, en 2015 et durant la pandémie de Covid, tandis que le resserrement quantitatif en inverse le mécanisme en mettant fin aux achats nets et aux réinvestissements.
Volatilité des contrats énergétiques et déficits structurels
Nous recommandons aux traders de dérivés de se préparer à une volatilité accrue sur les contrats liés à l’énergie au cours des prochaines semaines. La forte contraction des capacités mondiales de raffinage a propulsé les prix du diesel et du pétrole dans une zone de forte instabilité, une tension d’offre qui ne peut pas être résolue rapidement. Les dernières données du secteur montrent que les « crack spreads » du diesel restent très au-dessus de leurs moyennes historiques de 15 à 20 dollars par baril, reflet de déficits structurels profonds.
Perspectives de politique monétaire et stratégies de trading
Alors que les banquiers centraux signalent que ces chocs énergétiques constituent un risque inflationniste majeur, de nouvelles hausses de taux sont hautement probables. Nous estimons que cette orientation plus restrictive devrait bientôt entraîner un repricing rapide sur le marché des futures €STR (Euro short-term rate). À ce stade, l’euro reste sous pression près de 1,1540 face au dollar, mais les intervenants sur options devraient se couvrir contre des variations de change plus marquées à mesure que les anticipations de politique monétaire évoluent.
Nous recommandons de se positionner dans cet environnement en recourant à des straddles longs sur des options EUR/USD afin de capter des mouvements de rupture soudains dans un sens comme dans l’autre. Par ailleurs, des « bull call spreads » sur les futures diesel et fioul domestique peuvent permettre de tirer parti de la persistance des goulots d’étranglement dans le raffinage. Les tendances historiques observées lors de précédentes crises énergétiques montrent que les contraintes d’offre maintiennent les prix à des niveaux élevés bien plus longtemps que ce que le marché anticipe initialement.
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