RBC s’attend à ce que les chiffres du PIB canadien de juin et du deuxième trimestre témoignent d’un rebond après le creux hivernal, avec une dynamique portée par un marché du travail plus ferme, une consommation des ménages plus vigoureuse et une amélioration de l’investissement des entreprises et du résidentiel. La banque table sur une hausse de 0,2 % en juin, conforme à l’estimation préliminaire de Statistique Canada, après un gain cumulé de près d’un point de pourcentage en avril et en mai. Même en tenant compte d’un historique de révisions, RBC voit le T2 s’inscrire au-delà de 3 % en rythme annualisé.
Le commerce extérieur net devrait avoir contribué de manière significative, les exportations ayant progressé plus vite que les importations, soutenues en partie par la reprise du secteur automobile après les perturbations de production durant l’hiver. Cet appui devrait toutefois s’estomper : l’effet de rattrapage lié à la production automobile et aux flux commerciaux n’est pas appelé à se répéter dans les prochains trimestres, tandis que des vents contraires démographiques et commerciaux devraient peser sur les perspectives.
Rebond économique de courte durée et implications pour la devise
Nous nous attendons à ce que les données de PIB du T2 publiées la semaine prochaine fassent apparaître une accélération temporaire à plus de 3 % en rythme annualisé, alimentée par un rebond de court terme des exportations automobiles et de la consommation. Pour les traders de produits dérivés, ce chiffre de une pourrait déclencher un bref rally du dollar canadien et pousser les rendements de court terme à la hausse. Nous suggérons de profiter de cet optimisme temporaire du marché comme d’une fenêtre privilégiée pour mettre en place des positions vendeuses sur la devise, d’autant que le CAD peine à franchir sa zone de résistance récente autour de 74 cents US.
Ce sursaut d’activité a peu de chances de durer : des barrières commerciales structurelles et des évolutions démographiques devraient freiner la croissance sur les derniers trimestres de l’année. Historiquement, les impulsions commerciales temporaires — comme la reprise du secteur automobile après l’hiver — s’estompent rapidement, laissant l’économie sous-jacente exposée à un ralentissement de la demande des ménages. Nous estimons que les traders de dérivés devraient s’y préparer en achetant des options de vente (puts) sur le dollar canadien ou en visant des positions longues sur les contrats à terme des obligations du gouvernement du Canada.
Perspectives de politique monétaire de la Banque du Canada et stratégies de marché
Alors que la Banque du Canada suit de près ces moteurs de croissance jugés non durables, nous anticipons que tout durcissement (hawkish) des anticipations de politique monétaire serait de courte durée. Les marchés de swaps intègrent actuellement des ajustements de taux modestes, mais la trajectoire de moyen terme pointe vers un assouplissement supplémentaire à mesure que les vents contraires se renforcent plus tard dans l’année. Nous recommandons de mettre en œuvre des stratégies de pentification de la courbe (yield curve steepener), en particulier via l’achat de contrats à terme de taux d’intérêt à court terme tels que le CORRA, afin de tirer parti de baisses de taux ultérieures lorsque le ralentissement économique se matérialisera.
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