Le WTI s’échangeait près de 86,50 $ vendredi, en hausse de 0,63% sur la séance, et se maintenait non loin du pic de jeudi à 87,38 $, son plus haut niveau depuis plus de trois semaines. Les cours ont été soutenus par des craintes de risque sur l’offre liées au bras de fer entre les États-Unis et l’Iran autour du rétablissement de la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz, ainsi qu’à des perturbations dans le détroit de Bab el-Mandeb. Les tensions en mer Rouge ont également maintenu une prime de risque, le groupe houthi du Yémen, soutenu par l’Iran, affirmant avoir visé plusieurs pétroliers saoudiens depuis fin juillet.
Le soutien géopolitique a toutefois été tempéré par une hausse inattendue des stocks américains. Les données de l’EIA montrent que les stocks de brut ont augmenté de 4,405 millions de barils lors de la semaine close le 14 août, alors que le consensus anticipait un recul de 600.000 barils, après une hausse de 17,422 millions de barils la semaine précédente. Le WTI reste un brut américain de référence « léger » et « doux » (faible teneur en soufre) libellé en dollars, dont les facteurs d’offre et de demande vont des décisions de production de l’OPEP aux mouvements de change; par ailleurs, les rapports hebdomadaires de stocks de l’API et de l’EIA peuvent influencer les prix, les deux séries se situant généralement à moins de 1% l’une de l’autre dans 75% des cas.
Configurations de volatilité et stratégies de couverture sur les dérivés du WTI
Nous conseillons aux traders de dérivés de se préparer à une volatilité accrue du West Texas Intermediate (WTI) au cours des prochaines semaines, à mesure que les frictions géopolitiques se heurtent à une offre domestique en hausse. Si les prix se sont rapprochés de 87 $ sous l’effet de l’escalade des tensions dans le détroit d’Ormuz, l’ampleur des hausses de stocks américains ne peut être ignorée. Nous estimons que cette divergence marquée entre des primes alimentées par la peur et un excédent physique constitue une configuration propice aux stratégies sur options.
Les dernières données gouvernementales indiquent que les stocks de brut américains ont bondi de plus de 21 millions de barils sur les deux premières semaines d’août 2026. Ce matelas d’offre soudain, alimenté par une production américaine record proche de 13,5 millions de barils par jour, devrait probablement plafonner toute hausse durable. Nous recommandons d’acheter des options de vente (puts) de court terme afin de se couvrir contre une correction brutale des prix si les tensions géopolitiques donnaient ne serait-ce qu’un signe temporaire d’apaisement.
Structurer les opérations dans un contexte de forte volatilité et de capacités de l’OPEP+
À l’inverse, l’indice de volatilité du pétrole du Cboe (OVX) bondit historiquement de 15% à 30% lors des perturbations du transit au Moyen-Orient, ce qui rend l’achat direct d’options coûteux. Pour composer avec cet environnement de forte volatilité, nous suggérons de mettre en place des spreads haussiers par achat de calls (bull call spreads) plutôt que d’acheter des calls secs. Cette approche permet de capter un potentiel de hausse lié aux perturbations du transport maritime en mer Rouge, tout en limitant l’impact de primes d’options élevées.
Les données historiques issues de précédents chocs d’offre, comme les incidents du Golfe persique en 2019, montrent que les flambées de prix sont souvent de courte durée lorsque la capacité excédentaire mondiale est élevée. Actuellement, l’OPEP+ dispose d’un volant de production substantiel de plus de 4 millions de barils par jour, mobilisable si des lignes d’approvisionnement étaient réellement coupées. Nous suggérons donc aux traders de dérivés de privilégier des spreads de calendrier de court terme, en vendant les contrats du mois le plus proche et en achetant des échéances plus lointaines afin de tirer parti de la structure actuelle du marché.
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