MUFG indique que l’EUR/USD peine à franchir sa moyenne mobile à 200 jours, avec une résistance identifiée à 1,1630, tandis que le modèle de régression à court terme de la banque estime le spot surévalué de 2,5 % à 3,0 %. La note ajoute que des statistiques américaines plus faibles la semaine dernière ont atténué les anticipations de relèvements de taux de la Réserve fédérale, mais que l’indice du dollar (DXY) s’est maintenu au-dessus de sa propre moyenne mobile à 200 jours à 99,185, ce qui limite la probabilité d’un retournement immédiat du billet vert.
La banque estime que le soutien à l’euro via les différentiels de taux pourrait s’éroder si les inquiétudes sur la croissance s’intensifient sous l’effet de prix de l’énergie plus élevés, ou si des pressions inflationnistes plus larges, y compris sur l’alimentation, deviennent plus visibles. L’euro étant une composante majeure du panier du DXY, une rupture du seuil de support de 99,185 sur l’indice dollar est présentée comme un catalyseur potentiel de momentum, tandis que le plafond technique de l’euro demeure au centre de l’attention. MUFG souligne que l’indice ZEW des anticipations publié aujourd’hui constituera un baromètre de court terme pour déterminer si ces risques commencent à peser sur le sentiment et, par ricochet, sur la devise dans les mois à venir.
Stratégie de trading et niveaux techniques
Nous recommandons aux intervenants sur produits dérivés de se positionner pour un repli à court terme de la paire EUR/USD au cours des prochaines semaines. Nos modèles de valorisation de court terme indiquent que l’euro est actuellement surévalué d’environ 2,5 % à 3,0 %, ce qui le rend très vulnérable à une pression baissière. Pour en tirer parti, il convient de privilégier l’achat de puts EUR/USD ou la mise en place de spreads baissiers par puts (bear put spreads), afin de protéger le capital tout en captant le mouvement de baisse.
D’un point de vue technique, l’euro reste plafonné à proximité de sa moyenne mobile clé à 200 jours, une barrière qui a historiquement déclenché de fortes phases de vente lors des périodes de croissance mondiale atone. À la lumière des tendances observées lors de précédents chocs énergétiques, l’incapacité à franchir cette zone de résistance se traduit souvent par une dépréciation rapide de 2 % à 4 %. Les traders devront surveiller étroitement ces niveaux techniques, car un nouvel échec sous la résistance devrait accélérer l’activité sur les options orientées à la baisse.
Risques macroéconomiques et catalyseurs à court terme
Il faut également intégrer la hausse des risques de croissance en zone euro, alimentée par la volatilité des prix du gaz naturel et par des pressions inflationnistes plus générales. Par exemple, les dernières données montrent que les PMI manufacturiers de la zone euro peinent à se maintenir hors de la zone de contraction, tandis que le coût des importations d’énergie demeure une menace persistante pour la production industrielle. Ces vents de face macroéconomiques sont susceptibles d’éroder le soutien lié aux rendements qui a récemment permis à l’euro de rester à flot face au dollar américain.
La prochaine publication de l’indice ZEW des anticipations servira de jauge déterminante pour évaluer si ces risques économiques dégradent effectivement le sentiment de marché. Une statistique faible devrait confirmer l’accumulation de risques baissiers, nous incitant à accroître notre exposition vendeuse sur l’euro via des stratégies delta-neutral/delta-hedgées. En recourant à des options structurées plutôt qu’à des positions au comptant, nous pouvons protéger nos portefeuilles contre une volatilité soudaine, alimentée par les données, dans les semaines à venir.
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