Israël a repris ses frappes aériennes au Liban après avoir réduit ses opérations plus tôt dans le mois, selon Reuters. Les Forces de défense israéliennes ont déclaré avoir tué Abu Hassan Alaa, présenté comme un haut commandant du Hezbollah, dans le sud du Liban. Cette nouvelle séquence est la plus meurtrière depuis le cessez-le-feu conclu début juin, avec 11 morts. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé que les frappes faisaient suite à une attaque du Hezbollah samedi, qui a blessé trois soldats, et Israël a indiqué dimanche qu’il frapperait à nouveau ce groupe allié à l’Iran en cas de menace.
Par ailleurs, CNBC a rapporté que les émissaires du président américain Donald Trump ont rencontré dimanche au Caire des médiateurs égyptiens, qataris et turcs afin de faire avancer son plan de paix pour Gaza, alors même qu’Israël poursuivait ses frappes dans l’enclave. Un diplomate a indiqué que des responsables du Hamas avaient participé à certaines sessions avec l’émissaire de Trump et son gendre Jared Kushner, ainsi qu’avec l’envoyé de Trump au Board of Peace pour Gaza, Nickolay Mladenov. Un haut responsable israélien a déclaré que Kushner et Mladenov devaient rencontrer Netanyahou lundi ; Netanyahou a dit, le 9 août, que la dernière feuille de route de Trump pour Gaza était « inacceptable ». Trump a également demandé au Pentagone de réduire les exercices annuels avec la Corée du Sud, tandis que le WTI reculait de 0,62% à 81,90 dollars.
Montée des risques géopolitiques et impact sur les marchés
Nous observons une forte hausse du risque géopolitique alors qu’Israël intensifie ses frappes au Liban, ce qui maintient les marchés pétroliers sous tension. Malgré un léger repli du WTI à 81,90 dollars, la menace d’un conflit plus large impliquant des groupes soutenus par l’Iran laisse penser que ce mouvement de baisse sera de courte durée. Historiquement, les escalades soudaines au Moyen-Orient font progresser l’indice de volatilité du pétrole brut du CBOE (OVX) de 15% à 25% en quelques jours, ce qui expose les vendeurs à découvert à un risque marqué de « short squeeze ».
Positionnement stratégique sur les marchés dans un contexte de tensions accrues
Nous recommandons aux intervenants sur produits dérivés de basculer vers des stratégies longues sur la volatilité, par exemple via l’achat d’options d’achat (calls) de court terme sur le brut WTI. L’achat de calls hors de la monnaie arrivant à échéance en septembre ou octobre 2026 permet de capter d’éventuels pics haussiers tout en limitant le risque de baisse. Compte tenu des discussions à hauts enjeux au Caire, il faut s’attendre à des mouvements violents et éviter de conserver des positions vendeuses non couvertes.
Même si la présence de médiateurs américains au Caire offre un motif d’espoir, les tendances historiques des précédentes négociations de paix au Moyen-Orient montrent que les efforts diplomatiques refroidissent rarement les marchés de l’énergie instantanément. Lors de ces périodes de forte tension, le pétrole a conservé une prime de risque géopolitique de 5 à 10 dollars par baril jusqu’à la signature officielle d’un cessez-le-feu durable. Nous anticipons qu’une prime comparable restera intégrée aux prix, ce qui ferait de tout repli vers 80 dollars une opportunité d’achat solide pour les opérateurs sur futures.
Au-delà des contrats sur l’énergie, il convient également d’envisager les options sur l’or et les dérivés sur devises refuges afin de diversifier le risque. Historiquement, l’or gagne plus de 6% au cours du premier mois des grandes escalades au Moyen-Orient, ce qui rend des positions longues via des calls sur les métaux précieux particulièrement attractives actuellement. Il faut maintenir un levier modéré et des tailles de position réduites, dans un marché qui devrait être entièrement guidé par les gros titres de dernière minute au cours des prochaines semaines.
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