La hausse de l’or en 2026 ne s’explique pas uniquement par l’inflation ou l’indice des prix à la consommation (CPI). Les banques centrales accumulent des lingots au rythme le plus rapide depuis les années 1950, et une enquête montre que 82% d’entre elles détiennent désormais de l’or physique, contre 71% un an plus tôt, près d’un tiers prévoyant de nouvelles acquisitions au cours des deux prochaines années. Le moteur affiché est la diversification des réserves afin de réduire la dépendance à une seule devise étrangère, qui pourrait faire l’objet de restrictions d’accès.
La demande a également été soutenue par les flux vers les ETF sur l’or, avec environ 89 milliards de dollars d’entrées dans des fonds adossés à l’or l’an dernier, portant les encours totaux à leur plus haut niveau depuis la pandémie. Côté offre, certaines banques centrales achètent directement auprès des mines domestiques, réduisant les coûts d’expédition, soutenant l’industrie locale et retirant le métal de la circulation publique plus tôt dans la chaîne.
La demande finale évolue elle aussi : les achats de bijoux se sont tassés, tandis que les lingots et les pièces sont en passe de connaître leur meilleure année depuis 2013 et devraient dépasser, pour la première fois jamais enregistrée, la demande de bijoux. En parallèle, l’affaiblissement des devises locales peut pousser les prix domestiques de l’or vers de nouveaux sommets même lorsque le prix en dollars est stable, ce qui aide à expliquer pourquoi des marchés comme l’Inde peuvent diverger des signaux d’inflation américains.
Stratégies de trading dans un marché de l’or structurellement fort
Nous estimons que les traders sur dérivés doivent se préparer à une pression haussière durable sur les prix de l’or dans les semaines à venir en privilégiant des options orientées à la hausse. Alors que l’or conserve une forte dynamique à l’approche d’août 2026, s’appuyer uniquement sur les données d’inflation américaines pour « timer » nos opérations est une erreur. Il faut plutôt se focaliser sur la demande structurelle pour justifier l’achat de calls de maturité plus longue ou de spreads de calls haussiers (bull call spreads).
Les données de marché récentes confirment que les banques centrales mondiales continuent d’acheter de l’or à un rythme historique, dans le sillage d’achats nets massifs de plus de 1.000 tonnes métriques observés ces dernières années. Ce soutien institutionnel, combiné à la dynamique des entrées dans les ETF sur l’or, a créé un plancher de prix très résilient. Nous pouvons tirer parti de cette demande de fond persistante en vendant des puts hors de la monnaie afin d’encaisser une prime avec un risque de baisse réduit.
Dynamique mondiale, tension sur l’offre et effets de change divergents
En outre, comme les banques centrales achètent de plus en plus directement auprès des mines domestiques, une moindre quantité d’or physique arrive sur les places d’échange publiques pour régler les contrats à terme. Cette contraction discrète de l’offre signifie que toute baisse soudaine des prix a de fortes chances d’être limitée et de courte durée. Dans les semaines à venir, nous devrions considérer les légers replis techniques comme des opportunités privilégiées pour initier des positions longues.
Enfin, il faut regarder au-delà du dollar : l’or libellé dans des devises en affaiblissement comme la roupie indienne et la livre turque continue d’inscrire des sommets indépendants. Les traders sur dérivés devraient envisager de négocier des options sur des actifs adossés à l’or en devises locales afin de capter ces tendances divergentes. En élargissant notre champ d’analyse à ces changements globaux, nous pouvons sécuriser des profits réguliers, quelle que soit la prochaine décision de la Réserve fédérale.
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