L’or (XAU/USD) a légèrement progressé à 4 065 $ vendredi (+0,38 %), alors même que l’indice du dollar (DXY) se raffermissait à 101,46 et se dirigeait vers une hausse hebdomadaire de plus de 0,60 %. Le métal jaune a été soutenu par le recul des rendements américains, le taux des Treasuries à 10 ans cédant trois points de base à 4,667 %. Les données d’activité aux États-Unis ont été contrastées : le PMI manufacturier S&P Global a reculé à 53,8 contre 53,9 (54,5 attendu), tandis que le PMI des services a grimpé à 53,6 contre 51,2 (51 attendu). Le pétrole s’est replié, avec le WTI en baisse de 3,83 % à 88,79 $, tout en restant bien parti pour une hausse hebdomadaire de plus de 8,50 %.
Les anticipations de taux ont également évolué. Pour la réunion de la Réserve fédérale du 29 juillet, les marchés intègrent une probabilité de 59 % d’un statu quo et d’environ 41 % d’une hausse de 25 pdb, tandis que la probabilité d’un relèvement en septembre atteint 84 %, selon Prime Terminal. Sur le plan graphique, les résistances se situent à 4 100 $, puis 4 165 $ et 4 200 $, tandis que les supports se trouvent à 4 000 $ et au plus bas depuis le début de l’année à 3 941 $, avant 3 886 $ et 3 500 $. Parmi les indicateurs techniques cités figurent les moyennes mobiles simples (SMA) à 50, 100 et 200 jours au-dessus du spot et un RSI baissier, avec 4 382 $ identifié comme un niveau clé du 17 juin.
Dérivés sur l’or : volatilité, techniques et stratégie
Nous estimons que les opérateurs sur dérivés doivent se préparer à une volatilité accrue des options sur l’or (XAU/USD), alors que les tensions géopolitiques liées à la guerre du Golfe maintiennent les marchés sous pression. Même si l’or a dérivé à la hausse jusqu’à 4 065 $ aujourd’hui, la tendance baissière sous-jacente reste largement intacte sous la résistance clé de 4 100 $. Il convient de chercher à tirer parti des rebonds de court terme en achetant des options de vente (puts), d’autant que les moyennes mobiles à 50 et 200 jours restent confortablement au-dessus du spot actuel.
La décision de la Fed du 29 juillet constitue un catalyseur majeur qu’il faudra gérer avec prudence. Alors que les marchés monétaires valorisent une probabilité de 59 % de pause, la probabilité de 41 % d’une hausse surprise de 25 points de base pourrait rapidement propulser les rendements des Treasuries au-delà de leur niveau actuel de 4,667 %. Historiquement, des relèvements inattendus des taux ont déclenché des ventes rapides sur l’or, ce qui signifie que des spreads baissiers à court terme (bear call spreads) pourraient offrir de solides performances si la Fed adopte un ton plus restrictif la semaine prochaine.
Perspectives à long terme et considérations macroéconomiques
Il faut également prendre en compte le plancher structurel sous l’or, largement soutenu par des achats historiques des banques centrales. Ainsi, selon les données du World Gold Council, les banques centrales ont acquis plus de 1 037 tonnes en 2023, une tendance massive de diversification qui s’est accélérée en 2025 et se poursuit en 2026. Cette demande persistante des économies émergentes suggère que toute baisse vers le support majeur à 4 000 $ ou vers le point bas depuis le début de l’année à 3 941 $ devrait être considérée comme une zone privilégiée pour accumuler des options d’achat (calls) de long terme.
Il convient de surveiller de près le secteur de l’énergie, la hausse hebdomadaire du WTI de plus de 8,5 % jusqu’à 88,79 $ signalant que les craintes inflationnistes sont loin d’être dissipées. Si l’inflation alimentée par l’énergie demeure tenace, la Fed est très susceptible de concrétiser le scénario — évalué à 84 % — d’une hausse des taux en septembre. Les opérateurs sur dérivés devraient exploiter cette pression macroéconomique pour vendre des contrats à terme sur l’or lors des tests des zones de résistance 4 100 $ à 4 165 $.
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