La livre sterling a progressé d’environ 2% face à l’euro au cours du mois écoulé et a bien résisté face à un dollar fort, mais ce mouvement est présenté comme étant davantage alimenté par le positionnement, le carry et d’éventuels flux ponctuels que par une réévaluation des fondamentaux britanniques. Les mesures de prime de risque divergent : jusqu’en 2025, les rendements des gilts à 10 ans comme l’EUR/GBP évoluaient au-dessus des niveaux suggérés par les variables usuelles, mais si cette prime est restée présente sur les gilts pendant une bonne partie de 2026, elle s’est estompée sur la livre. Sur les options, un positionnement baissier était visible, le risk reversal EUR/GBP à trois mois atteignant ses niveaux les plus chers depuis avril 2025, avant que la devise ne parvienne pas à s’affaiblir après les résultats des élections locales de début mai.
Les rumeurs d’opérations de M&A se sont intensifiées, parallèlement à des flux entrants annoncés vers le Royaume-Uni à des niveaux records, avec une activité couvrant la Finance, les Biens de consommation courante (Consumer Staples) et l’Industrie ; les transactions en attente et finalisées sont estimées à 220 Md£. Même ainsi, sur 25 ans, les flux nets de portefeuille ont en moyenne représenté près de cinq fois les flux nets d’investissement direct, ce qui tempère l’argument selon lequel la M&A pourrait entretenir des mouvements de change. L’analyse met plutôt l’accent sur les taux et l’arithmétique budgétaire : la juste valeur de l’EUR/GBP s’est ancrée autour de 0,86 sur la base d’une relation hebdomadaire sur 10 ans avec l’écart de swap 2 ans EUR:GBP, tandis que la parité se situe près de la borne basse d’une bande à 1,5 écart-type. Le scénario ne retient pas de relèvement de la Banque d’Angleterre sauf si l’inflation teste la zone des 4%, avec un taux directeur britannique inchangé et une hausse de la Banque centrale européenne à 2,50% dans six à neuf mois, tandis que les émissions de gilts reculeraient de 303 Md£ en FY2025 à 246 Md£ sur cet exercice ; les projections placent l’EUR/GBP à 0,88 d’ici la fin d’année et à 0,90 en 2027, tandis que le GBP/USD est attendu dans une fourchette de 1,32–1,36.
Durabilité du rally de la livre sterling et recommandations de trading
Nous estimons que le récent rally de la livre sterling s’essouffle et que les opérateurs de dérivés devraient se préparer à un retournement dans les prochaines semaines. Avec un EUR/GBP qui s’échange actuellement autour de 0,85, c’est-à-dire tout en bas de sa fourchette pluriannuelle, le potentiel de baisse de cette paire est très limité. Nous recommandons aux traders de commencer à constituer des positions longues sur l’EUR/GBP, en visant un retour vers 0,88 d’ici la fin de 2026.
Sur le marché des options, les risk reversals EUR/GBP à trois mois ont récemment montré que le marché était excessivement positionné à la baisse sur la livre. Ce squeeze de positionnement a porté la devise à des niveaux difficilement justifiables, rendant les options d’achat (calls) sur l’EUR/GBP particulièrement attractives aux volatilités implicites actuelles. Acheter des calls EUR/GBP ou des call spreads offre désormais un ratio rendement/risque très favorable, à mesure que ces flux temporaires s’estompent.
Perspectives de taux, stratégies sur le GBP/USD et risques budgétaires
Nous anticipons une dérive à la baisse des taux courts britanniques, à mesure que la Banque d’Angleterre se prépare à assouplir sa politique, d’autant que les dernières données suggèrent un reflux de l’inflation sous-jacente. Les traders peuvent envisager d’acheter des contrats futures short-sterling ou de recevoir du fixe sur le swap 2 ans afin de tirer parti de la baisse des rendements. Cette convergence des taux avec la zone euro devrait, mécaniquement, pousser l’EUR/GBP à la hausse depuis ses niveaux actuels de sous-valorisation.
Pour le GBP/USD, nous attendons que la paire reste cantonnée dans une fourchette stable de 1,32 à 1,36 jusqu’à la fin de l’année. Les opérateurs de dérivés peuvent exploiter cet environnement de range en vendant de la volatilité ou en utilisant des structures de type « range » comme les iron condors. Cette stratégie est étayée par des précédents historiques où le GBP/USD a consolidé durant des périodes d’équilibre des politiques monétaires.
À l’approche de l’automne, la contrainte budgétaire du Royaume-Uni reviendra au premier plan, alors que le gouvernement préparera son premier budget. Avec une dette nette du secteur public britannique actuellement proche de 99% du PIB, tout faux pas budgétaire réactivera rapidement la prime de risque sur les gilts. Se positionner en vue d’une hausse de la volatilité de la livre en amont des annonces budgétaires d’octobre apparaît, à ce stade, comme une démarche particulièrement prudente.
Commencez à trader dès maintenant — cliquez ici pour créer votre compte réel VT Markets.