Le crédit à la consommation aux États-Unis a reculé de 0,18 Md$ en mai, nettement sous la prévision d’une hausse de 17,1 Md$. Ce mouvement implique un ralentissement plus marqué de l’endettement des ménages que ne l’anticipaient les économistes.
Le rapport s’ajoute aux indices de conditions de crédit plus strictes, les crédits revolving et non revolving n’ayant pas apporté l’expansion attendue. Le chiffre global passant en territoire négatif, les données suggèrent une moindre appétence — ou capacité — à recourir à un nouveau crédit par rapport aux attentes précédentes.
Preuves d’un ralentissement économique et réaction des marchés
Le rapport de mai sur le crédit à la consommation a constitué un choc majeur, affichant une contraction alors qu’une forte expansion était attendue. Cela suggère que le consommateur réduit brusquement ses dépenses et sa prise de dette, un signal fort d’un ralentissement de l’économie. Nous estimons qu’il ne s’agit pas d’une anomalie ponctuelle, mais du début d’une nouvelle tendance plus faible.
Nous nous positionnons en vue d’un repli du marché actions en achetant des options de vente (puts) sur le S&P 500 (SPY) et sur le Russell 2000 (IWM), davantage exposé à la consommation. Les derniers chiffres des ventes au détail de juin, qui ont enregistré une baisse de 0,9 %, renforcent notre conviction que les bénéfices des entreprises seront durement affectés au cours des prochains trimestres. Cette chute marquée du recours au crédit est un indicateur avancé classique d’une récession.
Implications pour la politique de la Fed et la stratégie d’investissement
Ces données forcent la main de la Réserve fédérale, rendant des baisses de taux plus probables et plus proches que ce que le marché intégrait le mois dernier. Nous achetons des contrats à terme sur les notes du Trésor américain à 10 ans, anticipant un repli des rendements à mesure que le marché intègre un cycle d’assouplissement plus agressif. Les futures sur les Fed funds indiquent désormais une probabilité de 75 % d’une baisse de taux d’ici la réunion de septembre, contre seulement 20 % il y a quelques semaines.
Nous anticipons une hausse significative de la volatilité de marché à partir des niveaux de calme actuels. L’achat d’options d’achat (calls) sur le VIX constitue une stratégie directe pour se couvrir contre — et profiter de — l’incertitude à venir. Historiquement, une contraction du crédit à la consommation de cette ampleur, comme observée dans les mois précédant 2008, a précédé un bond du VIX au-delà du seuil de 25.
Sur le plan sectoriel, nous adoptons une posture plus défensive en vendant des options d’achat contre des valeurs de la consommation discrétionnaire, les plus vulnérables à un ralentissement des dépenses. Nous anticipons une faiblesse particulière chez les constructeurs automobiles et les distributeurs de luxe, ces achats étant souvent financés par le type de crédit qui vient de disparaître. Parallèlement, nous mettons en place des positions longues sur les biens de consommation de base (XLP) et les services aux collectivités (XLU) via des options d’achat, ces secteurs surperformant généralement en phase de ralentissement.
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