Wells Fargo Economics qualifie le marché du travail canadien de mollasson mais en voie de stabilisation après un net rebond en mai. L’emploi n’augmente que de moins de 1 % sur un an, avec des gains concentrés sur les postes à temps plein, ce qui suggère des embauches modérées derrière la volatilité mensuelle. La banque souligne également un assouplissement des contraintes d’offre de travail, le vieillissement de la population active et le ralentissement de l’immigration limitant la croissance de la population active et contribuant à contenir toute hausse du chômage.
Le taux de chômage devrait rester dans une fourchette de 6,5 % à 7,1 %, un intervalle observé au cours des 12 à 18 derniers mois. Après la plus forte hausse mensuelle de l’emploi depuis fin 2024, Wells Fargo estime qu’un repli en juin ne serait pas surprenant, mais la tendance de fond paraît stable. La progression des salaires reste positive, sans accélération notable, ce qui concorde avec une demande de travail plus faible et une pression inflationniste moindre ; sur cette base, la banque s’attend à ce que la Banque du Canada maintienne sa politique inchangée dans un avenir prévisible.
Les perspectives de politique monétaire soutiennent la stabilité
Nous pensons que la Banque du Canada restera en pause dans un avenir prévisible, un scénario étayé par le dernier rapport sur l’emploi. Les données de juin, qui font état d’une baisse modeste de 5 200 emplois et d’un taux de chômage remontant à 6,9 %, confirment la tendance « molle mais stabilisante » évoquée après le fort rebond de mai. L’absence de signal clair de dégradation ou de surchauffe laisse à la banque centrale la latitude d’attendre.
Cette stabilité laisse penser que nous devrions observer une volatilité plus faible sur le dollar canadien. Depuis plusieurs semaines, la paire USD/CAD évolue dans un corridor étroit, entre 1,3550 et 1,3700. En l’absence de catalyseur de la part de la Banque du Canada pouvant déclencher une sortie de range, nous anticipons une poursuite de cette évolution en couloir jusqu’en juillet.
Se positionner pour une faible volatilité sur les marchés
Compte tenu de ces perspectives, nous nous positionnons sur cet environnement de faible volatilité en vendant des options afin d’encaisser des primes. La volatilité implicite à un mois sur les options USD/CAD est retombée vers des plus bas pluriannuels autour de 6,0 %, rendant les positions acheteuses « outright » peu attractives en raison de l’érosion temporelle. La vente de strangles hors de la monnaie est une stratégie susceptible de bien se comporter si la paire reste enfermée dans sa fourchette actuelle.
La même logique vaut pour les dérivés de taux, où le court terme de la courbe est ancré par la pause de la banque centrale à un taux directeur de 3,25 %. Nous voyons peu d’intérêt à prendre de gros paris directionnels sur les contrats à terme de taux à court terme, comme les Three-Month Canadian Bankers’ Acceptance Futures (BAX). À l’inverse, les stratégies profitant de l’absence de mouvement devraient être plus adaptées.
Le principal risque pour notre scénario serait une surprise dans les prochaines données d’inflation attendues à la mi-juillet. La dernière publication de l’IPC s’est établie à 2,5 %, et un écart marqué par rapport à cette dynamique pourrait obliger le marché à réviser la trajectoire anticipée de la Banque du Canada. D’ici là, nous anticipons le maintien de conditions calmes.
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