L’indice PMI manufacturier ISM américain s’est établi à 53,3 en juin, en deçà du consensus de marché (54). La publication signale toujours une expansion de l’activité industrielle, mais cet écart suggère une dynamique moins robuste qu’anticipé.
Perspectives pour la croissance américaine, la Fed et la volatilité
Les chiffres de juin dans l’industrie sont ressortis sous nos attentes, avec un niveau de 53,3. Si ce chiffre indique encore une progression du secteur, il laisse penser que le rythme de l’expansion économique perd en vigueur. Nous ajustons notre stratégie afin d’intégrer ce possible ralentissement dans les semaines à venir.
Selon nous, ces données plus faibles réduisent la probabilité que la Réserve fédérale adopte une politique de taux agressive. L’outil CME FedWatch indique désormais que la probabilité d’une hausse des taux à la prochaine réunion est passée de 45 % à un niveau légèrement inférieur à 30 % depuis la publication. En conséquence, nous cherchons à accroître nos positions sur les contrats à terme de taux d’intérêt à court terme, qui bénéficient d’une banque centrale plus accommodante.
Ce type de surprise macroéconomique alimente souvent l’incertitude, ce qui peut se traduire par une hausse de la volatilité des marchés. Historiquement, nous avons observé des périodes où une série de statistiques inférieures aux attentes — comme fin 2024 — a entraîné une progression de plus de 30 % de l’indice VIX en un mois. Nous achetons des options d’achat (calls) sur le VIX avec échéance août afin de nous protéger contre une hausse similaire de la volatilité et, potentiellement, d’en tirer profit.
Implications pour les secteurs et les devises
Le ralentissement du secteur manufacturier a un impact direct sur les valeurs industrielles, dont les résultats sont étroitement corrélés à la croissance. Alors que la composante « nouvelles commandes » du rapport ISM recule également pour le deuxième mois consécutif, nous identifions des vents contraires pour ce secteur. Nous envisageons des stratégies de spreads de vente (put spreads) sur des ETF du secteur industriel afin de nous positionner sur une sous-performance de ce segment par rapport au marché dans son ensemble.
Une économie américaine qui refroidit tend aussi à peser sur le dollar, en particulier lorsque d’autres banques centrales restent plus restrictives. À titre d’exemple, la Banque centrale européenne a récemment constaté des données d’inflation supérieures aux attentes, ce qui suggère une marge de manœuvre plus limitée pour assouplir sa politique. Cette divergence nous conduit à privilégier des positions longues sur les contrats à terme EUR/USD, en anticipant un déplacement de la force relative des devises au détriment du billet vert.
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