Risques liés aux prix de l’énergie : inflation et croissance
Rabobank indique qu’une hausse plus longue des prix du gaz pourrait réduire la marge budgétaire du Chancelier de l’Échiquier (ministre des Finances) et peser sur la croissance. Elle estime que la crise énergétique pourrait pousser l’IPC global (inflation totale) à 2,7% d’ici le milieu de l’année, au lieu des 2% prévus auparavant. Elle ajoute que des élections locales en Angleterre et des élections parlementaires au pays de Galles et en Écosse auront lieu en mai. Rabobank affirme qu’un mauvais résultat pour le Labour pourrait déclencher une bataille interne pour la direction du parti contre Keir Starmer, et elle relie le maintien de prix de gros de l’énergie (prix payés par les entreprises avant vente au public) plus élevés jusqu’en mai à un risque politique accru. La banque s’attend à ce que le soutien récent à la Livre sterling, dû à un ajustement de positions (des investisseurs modifient leurs paris sur la devise), s’essouffle dans les mois à venir.Contraintes sur la politique de la Banque d’Angleterre
Cette pression inflationniste rendrait très difficile pour la Banque d’Angleterre d’envisager d’autres baisses de taux d’intérêt en 2026. Comme on l’a vu en 2025, l’économie britannique est sensible aux pressions de type stagflation (inflation élevée avec croissance faible), ce qui limite la capacité de la banque centrale à soutenir l’activité. Le marché intégrait au moins une baisse de taux (les investisseurs la considèrent déjà probable), donc un changement de cette attente pèserait sur la devise. La situation budgétaire du Royaume-Uni reste aussi un problème majeur, une inquiétude persistante depuis la crise du marché des gilts en 2022. Une dette publique élevée, que le Debt Management Office (organisme chargé de gérer la dette de l’État) a récemment donnée à 99,5% du PIB (produit intérieur brut, la taille de l’économie), laisse très peu de marge au gouvernement pour réagir à un ralentissement. Toute nouvelle pression de dépenses liée à des prix de l’énergie plus élevés réduirait encore la confiance. L’incertitude politique est un autre facteur important, avec des élections locales prévues en mai 2026. Un mauvais score du parti Labour au pouvoir pourrait déclencher une contestation interne contre le Premier ministre Starmer, créant de l’instabilité. Un sondage récent d’Ipsos montre que l’approbation de Labour a baissé de quatre points depuis janvier, ce qui en fait un risque concret pour les marchés. Pour les traders de produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif comme une devise), cette perspective suggère de se positionner pour une Livre plus faible dans les prochaines semaines. Acheter des options de vente (put, un contrat qui gagne si la devise baisse) sur GBP/USD ou mettre en place des « put spreads » (stratégie combinant deux options de vente pour réduire le coût, avec un gain limité) peut offrir une protection contre ces risques. On a déjà vu la volatilité implicite (niveau de variations attendu par le marché, déduit des prix des options) à trois mois sur la Livre monter à 8,2% alors que les traders commencent à intégrer cette incertitude. Le soutien récent à la Livre sterling, surtout lié à la fermeture de positions vendeuses (rachat de paris à la baisse), semble perdre de la force. La combinaison d’un risque d’inflation en hausse, de finances publiques fragiles et de vents politiques contraires renforce l’argument d’un nouveau recul de la Livre. Comparé au calme relatif de fin 2025, l’environnement actuel paraît nettement plus risqué.
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