La dynamique du marché du travail s’essouffle
Cette légère hausse de la moyenne ADP sur 4 semaines à 15,5 K doit être prise avec prudence. Ce chiffre montre un rythme très faible de création d’emplois, ce qui indique que le marché du travail perd de la vitesse au premier trimestre 2026. Cette tendance correspond à ce que nous avons vu pendant la deuxième moitié de 2025. Le rapport officiel « Non-Farm Payrolls » (emplois créés hors agriculture) publié la semaine dernière pour février a confirmé cette faiblesse, avec seulement 85 000 emplois ajoutés, tandis que le taux de chômage est monté à 4,1 %. Nous voyons aussi, dans les dernières données JOLTS (enquête sur les offres d’emploi et les départs), que le nombre d’offres d’emploi est passé sous 8 millions pour la première fois depuis 2022. Ces chiffres montrent une économie qui ralentit vite. Nous pensons donc que la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis) affichera un ton plus « accommodant » (plus favorable à une baisse des taux) lors de sa prochaine réunion. L’attention passera de l’inflation au soutien de la croissance, ce qui rend une baisse de taux à court terme plus probable. Cela se voit dans les prix de marché, avec les données CME FedWatch (outil qui estime les chances de décisions de la Fed à partir des contrats à terme) indiquant une probabilité de plus de 70 % d’une baisse de 25 points de base (0,25 %) d’ici la réunion de mai. Pour les traders de produits dérivés sur actions (contrats comme les options et les contrats à terme), cela suggère de se positionner pour un possible rebond où « une mauvaise nouvelle devient une bonne nouvelle » sur des indices comme le S&P 500. Acheter des « call spreads » (stratégie d’options qui consiste à acheter une option d’achat et en vendre une autre à un prix plus haut) sur le SPX (options sur l’indice S&P 500) avec des échéances en avril ou mai peut capter une hausse liée à l’attente d’une politique monétaire plus souple. La volatilité (variation attendue des prix), mesurée par le VIX (indice de volatilité du S&P 500), reste sous 15, ce qui rend les primes d’options (le prix payé pour acheter une option) encore relativement faibles. Sur le marché des taux, la stratégie est de viser des rendements plus bas. Acheter des options d’achat sur les contrats à terme des obligations du Trésor (ZN, contrat à terme sur le Treasury à 10 ans) ou être acheteur sur les contrats à terme SOFR (taux de référence à court terme basé sur les opérations au jour le jour) pour le troisième trimestre anticipe le changement de politique de la Fed. Les rendements implicites (rendements déduits des prix des contrats) sur ces contrats ont déjà baissé, mais ils peuvent encore baisser si la Fed indique qu’un cycle complet de baisses commence.La pression sur le dollar augmente
Ce contexte est aussi défavorable au dollar américain, car les écarts de taux d’intérêt (différences entre les taux) se réduisent face aux autres grandes monnaies. Les traders peuvent envisager d’acheter des options de vente (put, qui gagne si le prix baisse) sur l’indice du dollar américain (DXY, panier de devises face au dollar) ou des options d’achat (call, qui gagne si le prix monte) sur l’euro via les contrats à terme EUR/USD. Cette idée a gagné en popularité fin 2025, quand les premiers signes d’un changement de cap de la Fed sont apparus.
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