Les attentes de baisse des taux changent
La hausse du pétrole a ravivé les craintes d’inflation (hausse générale des prix) et réduit les attentes de baisses de taux à court terme. L’outil CME FedWatch (indicateur basé sur les prix des contrats à terme, qui estime les probabilités de décisions de la banque centrale) évalue la probabilité d’une baisse de 25 points de base (soit 0,25 point de pourcentage) en juin à environ 30 %, contre ~50 % il y a un mois, et celle de juillet près de 40 %. Les chiffres de l’emploi américain ont ajouté de l’incertitude : les créations d’emplois (payrolls, variation du nombre d’emplois) ont baissé de 92 000 en février, alors qu’une hausse de 59 000 était attendue, après +126 000 en janvier. Le chômage est monté à 4,4 % contre 4,3 %. L’IPC (indice des prix à la consommation, mesure de l’inflation) est attendu à 2,4 % sur un an, et le PCE de base (inflation suivie de près par la Fed, hors éléments très volatils) à 3,0 % sur un an. Sur le plan technique, XAU/USD (cours de l’or en dollars) évolue entre 5 000 $ et 5 200 $. La SMA 100 périodes (moyenne mobile simple sur 100 unités de temps, utilisée pour repérer la tendance) est près de 5 118 $, et la SMA 50 périodes autour de 5 189 $. Une cassure sous ce niveau pourrait ramener 5 000 $, puis 4 850 $ et 4 650 $. Au-dessus de 5 200 $, la zone 5 400–5 500 $ devient possible. Le RSI (indice de force relative, mesure de la vitesse/force du mouvement des prix) est proche de 43 et le MACD (indicateur de tendance basé sur deux moyennes mobiles) est juste sous zéro. La phase de stabilisation de l’or autour de 5 100 $ donne un tableau complexe. Les tensions géopolitiques liées au conflit États-Unis–Iran soutiennent l’or comme valeur refuge (actif recherché en période de stress). Mais la hausse du pétrole complique la situation. Cela maintient le métal dans une fourchette étroite, car les craintes d’inflation soutiennent le dollar et les rendements des bons du Trésor.Points à considérer sur les options
Nous pensons que la réaction du marché aux craintes de stagflation de l’an dernier restera déterminante. La stagflation (inflation élevée + croissance faible) a marqué les attentes. Le rapport NFP (Nonfarm Payrolls, statistique clé sur l’emploi hors agriculture) de février 2025, étonnamment faible, montrant une perte de 92 000 emplois, pèse encore sur le sentiment, surtout parce que l’inflation reste tenace. Par exemple, la dernière publication de l’IPC pour janvier 2026 a montré une inflation globale à 2,9 %, toujours au-dessus de l’objectif de la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis). Dans ce contexte, il est difficile pour la Fed d’assouplir sa politique (rendre le crédit moins cher). C’est pourquoi les attentes de baisse des taux sont repoussées. On a déjà vu cela : sur 2022–2023, l’or avait du mal à maintenir ses hausses tant que la Fed restait « hawkish » (très stricte contre l’inflation, donc favorable à des taux élevés). Cela suggère qu’une forte hausse de l’or restera limitée tant qu’il n’y aura pas un changement clair de la banque centrale. Pour les prochaines semaines, la zone 5 000–5 200 $ est la plus probable. Cela rend intéressante une stratégie qui vise à profiter d’un marché calme, comme vendre de la volatilité (parier sur des mouvements limités) via un iron condor (montage d’options avec quatre options, qui gagne si le prix reste dans une zone) avec des niveaux placés en dehors de cette fourchette pour encaisser la prime (prix payé pour l’option). Toutefois, la volatilité implicite (volatilité attendue par le marché, déduite des prix des options) reste élevée à cause du risque géopolitique, donc la gestion du risque est essentielle. Comme un mouvement brutal est possible au moindre élément nouveau (conflit ou inflation américaine), conserver aussi des positions « long volatilité » (parier sur un grand mouvement) peut servir de couverture. Acheter un straddle (achat simultané d’un call et d’un put au même prix d’exercice) ou un strangle (call et put à des prix d’exercice différents) peut profiter d’une sortie de range importante, quel que soit le sens. Cette approche est particulièrement pertinente avant la publication de l’IPC de février, qui peut casser les limites techniques actuelles. Nous surveillons de près les moyennes mobiles pour guider le scénario. La SMA 50 périodes autour de 5 189 $ sert de résistance (zone où le prix a du mal à monter). Une cassure nette au-dessus pourrait viser 5 400 $. À l’inverse, une baisse durable sous la SMA 100 périodes près de 5 118 $ signalerait un retour vers le support psychologique (niveau rond très suivi) de 5 000 $.
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