Soutien du Dollar américain et perspectives des taux
Le Dollar américain est soutenu par des données américaines stables. L’indice du Dollar américain (DXY, un indice qui mesure le Dollar face à un panier de grandes devises) se situe près de 99,00, en hausse de 0,15% jeudi, même s’il a reculé par rapport à ses plus hauts plus tôt. Les chiffres américains ont réduit les attentes de baisses rapides de taux par la Réserve fédérale (la Fed, la banque centrale des États-Unis). Les données ADP (une estimation privée des créations d’emplois) ont montré 63 000 emplois ajoutés en février, au-dessus des 50 000 attendus et au-dessus des 11 000 révisés précédemment. L’ISM Services PMI (un indicateur d’activité dans les services; au-dessus de 50, cela signale une expansion) est monté à 56,1, au-dessus des 53,5 attendus et des 53,8 de janvier. L’ISM Manufacturing Prices Paid (un indice des prix payés par les entreprises industrielles, qui indique les pressions sur les coûts) a grimpé à 70,5, au-dessus des 59,5 attendus et des 59,0 précédents. CME FedWatch (un outil basé sur les prix des contrats à terme qui estime les probabilités de décisions de la Fed) indique 51,5% de chances d’aucun changement de taux de la Fed en juillet, contre 33,4% plus tôt dans la semaine. La prochaine baisse de taux est maintenant attendue en septembre.Géopolitique et attention du marché
Les tensions au Moyen-Orient soutiennent aussi la demande de Dollar américain et de Franc suisse. L’attention se tourne maintenant vers le rapport américain de vendredi sur les Nonfarm Payrolls (NFP, le rapport mensuel sur l’emploi hors agriculture, un indicateur majeur du marché du travail). En revenant à l’analyse du début 2025, on voit que la base de la trajectoire du NZD/USD se mettait en place. La position prudente de la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande, en gardant son taux à 2,25%, contrastait fortement avec une économie américaine montrant une résistance inattendue. Cela a créé un écart clair qui favorisait le maintien de positions « short » (positions à la baisse, qui gagnent si le prix recule) sur la paire. Maintenant, en mars 2026, la situation a changé et devient plus complexe pour les traders (opérateurs de marché). La RBNZ n’est plus aussi « dovish » (accommodante, donc plutôt favorable à des taux bas): elle maintient son Official Cash Rate (OCR, son taux directeur officiel) à un niveau bien plus élevé de 5,50% lors de la réunion de la semaine dernière et signale que les pressions inflationnistes (la hausse des prix) restent la principale préoccupation. En fait, les marchés de swaps (des contrats financiers qui servent notamment à anticiper les taux futurs) intègrent maintenant une petite probabilité d’une dernière hausse de taux cette année, un changement marqué par rapport au début 2025. Côté Dollar américain, le thème de la force économique s’est renforcé sur l’année écoulée. Le rapport NFP de janvier a ajouté un impressionnant 353 000 emplois, bien au-dessus des attentes, et a maintenu le taux de chômage à 3,7%. Ce marché du travail solide, combiné à une inflation sous-jacente (core inflation, inflation hors éléments très volatils comme l’énergie et l’alimentation) qui reste au-dessus de 3%, donne à la Fed peu de raisons de commencer le cycle d’assouplissement (baisse des taux) que les marchés anticipaient. Ce bras de fer entre banques centrales suggère que la tendance baissière nette observée pendant une grande partie de 2025 pourrait laisser place à plus de volatilité (variations rapides et fortes) et à un marché en range (évoluant surtout entre un support et une résistance, sans tendance claire). Pour les traders de produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent), cela signifie que des positions « short » directes sur des contrats à terme (futures, contrats standardisés pour acheter/vendre plus tard) comportent plus de risque. À la place, des stratégies qui gagnent quand le prix évolue latéralement ou quand il bouge fortement sans direction prévisible, comme vendre des strangles (vendre simultanément une option d’achat et une option de vente hors du prix du marché) ou acheter des straddles (acheter une option d’achat et une option de vente au même prix d’exercice), autour du niveau clé 0,6100, peuvent être envisagées. Il faut aussi prendre en compte le cycle mondial des matières premières, qui influence fortement le Dollar kiwi (surnom du Dollar néo-zélandais). Les récentes enchères Global Dairy Trade (plateforme d’enchères de produits laitiers, importante pour la Nouvelle-Zélande) ont montré une stabilisation des prix après une année 2025 agitée, ce qui apporte un certain soutien au NZD. Toute variation importante de ces prix dans les prochaines semaines pourrait servir de déclencheur et casser l’équilibre actuel entre les deux devises.
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