Changement de priorité du marché
Nous nous souvenons avoir observé la paire GBP/USD se rapprocher de 1,3400 en 2025, à une période où les marchés étaient surtout absorbés par la géopolitique et ignoraient en grande partie de bonnes données économiques américaines. Aujourd’hui, la situation s’est inversée : les données économiques de base (indicateurs comme l’emploi, la croissance et l’inflation) guident désormais surtout la direction de la devise. Ce changement est important pour se positionner dans les prochaines semaines. L’écart économique, à peine naissant à l’époque, est désormais plus net. L’économie américaine est restée solide. Le dernier rapport sur l’emploi de février 2026 montre une hausse de 275 000 des emplois non agricoles (Non-farm payrolls : nombre d’emplois créés hors secteur agricole), bien au-dessus des attentes. Cette solidité du marché du travail (capacité de l’économie à créer et conserver des emplois) laisse penser que la Réserve fédérale (Federal Reserve / Fed : banque centrale des États-Unis) a peu de raisons de baisser les taux d’intérêt (coût de l’argent fixé par la banque centrale) à partir de leurs niveaux actuels. À l’inverse, l’économie britannique montre des signes de faiblesse sous l’effet de la politique stricte de la Banque d’Angleterre (Bank of England : banque centrale du Royaume-Uni). Le PIB a reculé de 0,3 % au dernier trimestre 2025 (PIB : valeur totale de la production d’un pays), et même si l’inflation de janvier 2026 a baissé à 3,4 %, elle reste au-dessus de l’objectif. Cela place la banque centrale dans une situation délicate : freiner les prix tout en évitant d’aggraver le ralentissement. Pour les traders de produits dérivés (produits dérivés : instruments dont la valeur dépend d’un actif, ici la paire GBP/USD), cet écart de politique monétaire (différence entre les choix de taux d’intérêt des banques centrales) plaide pour un risque de baisse supplémentaire de la livre face au dollar. Acheter des options « put » GBP/USD (option put : contrat donnant le droit de vendre à un prix fixé, utilisé pour profiter d’une baisse) avec une échéance (date d’expiration : date à laquelle l’option cesse d’exister) dans un à deux mois permet de miser clairement sur la poursuite de la baisse vers le niveau de soutien 1,2450 (support : zone de prix où la baisse a tendance à s’arrêter) observé fin 2025. Cette stratégie limite le risque au montant payé pour l’option tout en permettant de profiter d’une baisse.Positionnement sur options et volatilité
Les traders devraient aussi surveiller la volatilité implicite (volatilité implicite : anticipation par le marché des variations de prix futures, intégrée dans le prix des options), qui est restée plutôt faible. Si elle reste basse, vendre des spreads d’achat (call spreads : stratégie qui consiste à vendre une option call et en acheter une autre à un niveau différent pour encadrer le risque) « hors de la monnaie » (hors de la monnaie : option qui n’a pas d’intérêt à être exercée au prix actuel) sur le GBP/USD peut être une façon de générer un revenu. Cette position gagne si la paire reste sous des niveaux de résistance (résistance : zone de prix où la hausse a tendance à buter), comme 1,2700, et grâce au temps qui passe (la valeur des options diminue avec le temps, toutes choses égales par ailleurs). Le principal risque pour ce scénario serait un signe inattendu d’un net ralentissement de l’économie américaine ou, au contraire, un rebond surprenant de l’activité au Royaume-Uni. Il faut donc suivre de près les prochaines ventes au détail américaines (ventes au détail : indicateur de consommation) et le prochain rapport d’inflation au Royaume-Uni. Toute donnée qui change fortement les attentes de taux pour la Fed ou la Banque d’Angleterre peut provoquer un retournement rapide.
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