Les prix du pétrole soutiennent le dollar canadien
Le West Texas Intermediate (WTI — un type de pétrole de référence utilisé pour fixer les prix) a progressé vers 75,00 $ au moment de la rédaction. Les prix sont restés solides à cause des inquiétudes sur l’offre (risque de manque de pétrole disponible) liées à la guerre au Moyen-Orient. Des responsables militaires américains ont déclaré mardi avoir détruit des postes de commandement (centres où sont coordonnées les opérations) des Gardiens de la révolution iraniens (IRGC — force militaire d’élite en Iran), ainsi que des sites iraniens de défense aérienne (systèmes contre les avions et missiles) et des sites de lancement de missiles. Ils ont indiqué que cela s’était produit depuis le début de l’offensive conjointe Israël–États-Unis samedi. Reuters a rapporté une déclaration d’Ebrahim Jabari, conseiller principal du commandant en chef de l’IRGC, affirmant : « Le détroit d’Ormuz est fermé. Si quelqu’un essaie de passer, les héros des Gardiens de la révolution et la marine régulière mettront le feu à ces navires. » (Le détroit d’Ormuz est un passage maritime clé pour le transport de pétrole.) Le dollar canadien a aussi été soutenu car la hausse du pétrole a renforcé les craintes d’une nouvelle hausse de l’inflation au Canada. Des coûts d’énergie plus élevés peuvent pousser les taux d’intérêt (le “prix” de l’emprunt fixé par la banque centrale) à rester élevés plus longtemps.Divergence à plus long terme sur l’EUR/CAD
Nous nous souvenons avoir vu l’EUR/CAD reculer vers 1,5900 au début de 2025, porté par des inquiétudes sur l’inflation en zone euro et la hausse du pétrole. Aujourd’hui, la paire s’échange nettement plus bas, près de 1,4850, car ces tendances se sont renforcées et ont créé une divergence claire (écart durable entre deux trajectoires économiques). La force du dollar canadien est liée à des prix de l’énergie durablement élevés, un thème apparu avec les tensions au Moyen-Orient en 2025. Même si les menaces directes sur le détroit d’Ormuz ont diminué, le pétrole brut a trouvé un nouvel équilibre, avec un WTI désormais souvent au-dessus de 82 $ le baril. Cela soutient l’économie canadienne et sa monnaie. Cela crée un contraste net dans les données d’inflation, ce qui compte pour la politique des banques centrales (leurs décisions sur les taux). Les derniers chiffres montrent que l’IPCH de la zone euro a ralenti à 2,1 %, proche de l’objectif de la Banque centrale européenne (BCE — la banque centrale de la zone euro), tandis que l’IPC du Canada (indice des prix à la consommation — mesure de l’inflation) reste élevé à 2,8 % à cause de l’énergie. Cet écart rend plus probable une baisse des taux de la BCE avant celle de la Banque du Canada (BdC — banque centrale du Canada), qui doit rester prudente. Pour les traders de dérivés (produits financiers dont la valeur dépend d’un actif comme une devise), cela renforce l’idée de vendre l’EUR/CAD. Acheter des options de vente (put — contrat qui gagne de la valeur si le prix baisse) sur la paire est un moyen de profiter d’une nouvelle baisse tout en limitant le risque. Des traders visent des niveaux d’exercice (strike — prix fixé dans le contrat d’option) sous 1,4700 dans les prochains mois, en misant sur l’élargissement de l’écart de taux d’intérêt entre les deux banques centrales (différentiel de taux). L’attention doit maintenant se porter sur les prochains rapports sur l’emploi et l’inflation des deux régions. Tout signe de hausse persistante des salaires au Canada renforcera les paris selon lesquels la BdC maintiendra les taux inchangés, ce qui pèsera davantage sur l’EUR/CAD. La volatilité implicite (niveau de fluctuations “attendu” par le marché, intégré dans le prix des options) devrait augmenter autour des réunions des banques centrales prévues en avril.
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