Impact de la prime de risque géopolitique
Les forces américaines ont déclaré avoir détruit des postes de commandement des Gardiens de la Révolution iraniens, ainsi que des sites iraniens de défense aérienne (systèmes qui abattent des appareils) et des sites de lancement de missiles (installations servant à tirer des missiles). Selon ces informations, cela a réduit la capacité de Téhéran à mener des attaques. Les anticipations de taux d’intérêt aux États-Unis (ce que le marché pense que la banque centrale fera) ont aussi changé après des données sur l’inflation « à la sortie des usines » (hausse des prix facturés par les fabricants). L’outil CME FedWatch (indicateur basé sur les prix de marché) a placé la probabilité d’un maintien des taux en juin à 53,5%, contre 42,7% vendredi. Le rapport ISM Manufacturing PMI (indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier, qui mesure l’activité industrielle) a montré que le sous-indice « Prices Paid » (prix payés par les entreprises) est monté à 70,5. Cela se compare à des estimations de 59,5 et à une valeur précédente de 59,0. Le WTI est un pétrole brut de référence américain, livré via le hub de Cushing (grand centre de stockage et de livraison en Oklahoma). Son prix dépend de l’offre et de la demande, de la croissance mondiale, des événements politiques, des décisions de l’OPEP (groupe de pays producteurs de pétrole), du dollar américain, et des données hebdomadaires sur les stocks (quantités stockées) publiées par l’API (institut américain du pétrole, organisation de l’industrie) et l’EIA (agence américaine de l’énergie). Ces deux sources sont généralement proches, avec un écart d’environ 1% dans 75% des cas.Positionnement de marché et risque lié aux stocks
En revenant sur la crise de 2025, la hausse du WTI vers 73 $ après la fermeture du détroit d’Ormuz a créé un nouveau seuil psychologique (niveau de prix que le marché considère comme un plancher). Cet événement a ajouté une prime de risque géopolitique importante (surcoût lié au risque de conflit) qui reste visible aujourd’hui. Le souvenir de ce choc d’offre (baisse soudaine de l’offre disponible) pousse les intervenants à réagir plus vite aux tensions au Moyen-Orient. Même si le détroit a rouvert depuis longtemps, la volatilité (ampleur des variations de prix) reste élevée, conséquence directe de l’incident de 2025. L’indice CBOE de volatilité du pétrole (OVX, mesure implicite tirée des prix des options) se situe autour de 38, un niveau au-dessus des moyennes d’avant le conflit de 2025. Cela indique que le marché des options (contrats donnant un droit d’achat/vente à un prix fixé) intègre encore un risque important de mouvements brusques. En réaction à l’instabilité des prix de l’an dernier, la production hors OPEP (pays producteurs non membres) a nettement augmenté, surtout aux États-Unis. Les dernières données de l’EIA montrent que la production américaine de brut a atteint un record de 13,5 millions de barils par jour. Cette offre supplémentaire sert de tampon (réserve qui limite les tensions) et freine la hausse des prix lors de perturbations limitées. En parallèle, la demande reste limitée par les décisions de politique monétaire (choix sur les taux et la liquidité) prises après le pic d’inflation de 2025. La Réserve fédérale (banque centrale américaine), contrainte de garder des taux élevés plus longtemps l’an dernier, maintient la croissance mondiale sous contrôle. Cela se voit dans les PMI manufacturiers mondiaux récents, restés juste au-dessus de 50 points, ce qui signale seulement une légère expansion (petite croissance de l’activité). Pour les opérateurs sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un prix, comme les options), ce contexte favorise des stratégies adaptées à un marché en range (prix entre deux bornes), tout en restant agité. Vendre des « call spreads » hors de la monnaie (stratégie d’options: vendre/acheter des droits d’achat à différents prix, avec des niveaux au-dessus du prix actuel) avec des prix d’exercice (prix fixé dans le contrat) au-dessus de 85 $ le baril peut être une approche prudente pour profiter du plafond lié à la production. Cela permet d’encaisser une prime (montant reçu pour vendre l’option) en pariant qu’une offre américaine élevée et une Fed prudente éviteront une envolée comme celle brièvement vue en 2025. Vu la forte sensibilité du marché, il faut accorder encore plus d’attention aux rapports hebdomadaires de stocks de l’EIA. Une forte baisse inattendue des stocks (recul important des quantités stockées) peut déclencher une hausse rapide, testant le haut de la fourchette actuelle. Garder des positions ouvertes lors de ces rapports du mercredi comporte donc plus de risque qu’avant la perturbation de 2025.
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