Réaction du marché et dynamique de valeur refuge
D’autres monnaies asiatiques, dont le TWD (dollar taïwanais), l’INR (roupie indienne), le THB (baht thaïlandais) et le PHP (peso philippin), pourraient aussi reculer. La raison: elles réagissent fortement aux prix du pétrole et au sentiment de risque global (l’appétit ou l’aversion des investisseurs pour les actifs risqués). Les monnaies à « bêta plus faible » (en général moins nerveuses), comme le CNH (yuan chinois négocié hors de Chine continentale) et le SGD (dollar de Singapour), pourraient être moins agitées. Malgré tout, elles peuvent rester sous pression. La note souligne une géopolitique changeante et des discussions de cessez-le-feu en cours. Elle mentionne aussi des conditions de marché « dans les deux sens » (des achats et des ventes alternent, sans direction claire et durable).Implications de stratégie pour le FX asiatique
Nous nous rappelons comment le marché a réagi aux rebondissements géopolitiques l’an dernier, précisément à cette période en 2025 lorsque les tensions se sont enflammées autour du détroit d’Ormuz. Cette période a montré à quelle vitesse les monnaies asiatiques effacent leurs gains et comment le dollar américain attire une demande de valeur refuge (actif perçu comme plus sûr en période de stress). Cette forte sensibilité au risque mondial reste un facteur important aujourd’hui. Le won sud-coréen, monnaie à bêta élevé, continue de mener les replis régionaux en période d’incertitude, comme en 2025. Avec le taux de change KRW/USD récemment proche de 1 410 (nombre de won pour 1 dollar; plus le chiffre monte, plus le won faiblit), les traders devraient envisager d’acheter des « puts » sur le won (options qui prennent de la valeur si le won baisse). Cela sert de couverture (protection) contre un retour de l’aversion au risque lié à des nouvelles sur la géopolitique ou les chaînes d’approvisionnement (réseau de production et livraison des entreprises). Les monnaies sensibles au pétrole, comme la roupie indienne et le baht thaïlandais, restent faibles. Alors que le Brent (prix de référence du pétrole) se stabilise au-dessus de 90 $ le baril jusqu’en avril 2026, reflétant des « primes de risque géopolitique » (surcoût dans les prix lié aux tensions et risques de rupture d’offre), la pression sur ces économies importatrices de pétrole est forte. Nous pensons qu’une façon de couvrir le risque de change consiste à acheter des contrats à terme sur le pétrole (accords pour acheter/vendre du pétrole à une date future à un prix fixé), ce qui peut compenser l’impact d’une hausse du pétrole. Dans ce contexte, le dollar de Singapour et le yuan chinois, à bêta plus faible, semblent plus stables mais restent sous pression à cause d’un dollar fort, l’indice du dollar (DXY, indice qui mesure la force du dollar contre un panier de grandes monnaies) restant au-dessus de 106. Cela favorise des stratégies via produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un autre actif), comme des opérations de « valeur relative » (parier sur l’écart de performance entre deux actifs), par exemple acheter du dollar de Singapour et vendre du won, plus fragile. Cette approche vise à profiter de l’écart entre monnaies plus et moins sensibles au risque. La leçon principale de l’an dernier est que l’incertitude géopolitique pousse à des stratégies qui peuvent gagner dans les deux sens et profiter de la volatilité (ampleur des variations de prix). Avec une volatilité implicite (volatilité attendue par le marché, dérivée des prix des options) toujours élevée sur les grandes paires asiatiques, utiliser des « straddles » (stratégie d’options: acheter à la fois une option d’achat et une option de vente pour gagner si le prix bouge fortement, à la hausse ou à la baisse) sur des paires comme USD/KRW est intéressant. Cela permet de gagner avec un mouvement important dans un sens ou dans l’autre, ce qui convient quand les titres d’actualité peuvent changer la direction du marché sans prévenir.
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