Implications pour les perspectives d’inflation
Cette forte hausse des prix à la production en Allemagne, d’une baisse marquée à un niveau presque stable, est un signal important. Elle suggère que les forces qui faisaient baisser les prix (déflation, c’est‑à‑dire une baisse générale des prix) observées en 2025 se terminent plus vite que prévu. Il faut donc revoir l’idée que l’inflation en Europe est totalement maîtrisée. Ces données rendent plus difficile pour la Banque centrale européenne (BCE, la banque qui fixe les taux d’intérêt pour la zone euro) de justifier une baisse des taux à court terme. Nous devrions réduire l’exposition aux positions qui profitent de taux plus bas. Le marché pourrait désormais écarter une baisse de taux avant le quatrième trimestre de cette année. Ce rapport sur les prix à la production est d’autant plus important qu’il arrive après les chiffres de l’IPCH (HICP, indice harmonisé des prix à la consommation, une mesure comparable de l’inflation entre pays de la zone euro) de la zone euro de la semaine dernière, qui montraient une inflation « sous‑jacente » (core, c’est‑à‑dire hors prix très variables comme l’énergie et souvent l’alimentation) toujours élevée à 2,7 %. La combinaison de coûts de production en hausse et d’une inflation des services qui reste élevée suggère une nouvelle pression à la hausse. Nous pensons que cela peut marquer le début d’une nouvelle poussée d’inflation pour l’économie européenne. Dans les prochaines semaines, nous devrions envisager de vendre des contrats à terme sur les taux (interest rate futures, des contrats qui permettent de se positionner sur l’évolution des taux), par exemple ceux liés au Bund allemand (obligation d’État allemande de référence), afin de se positionner pour des rendements en hausse (yields, le taux de rendement des obligations). Des stratégies sur options (options, contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) qui profitent d’une hausse de la volatilité des taux (volatilité, amplitude des variations des prix) paraissent aussi intéressantes. Nous y voyons une occasion d’anticiper un ajustement plus large du marché sur la politique de la BCE.Positionnement sur les devises et les marchés d’actifs
Pour le marché des devises, ces données soutiennent l’euro. Une BCE plus stricte (hawkish, c’est‑à‑dire plus encline à maintenir ou relever les taux pour lutter contre l’inflation) que d’autres banques centrales devrait renforcer la monnaie. Nous envisageons d’acheter des options d’achat (call options, droit d’acheter) sur EUR/USD, car l’écart de taux (interest rate differential, différence de taux d’intérêt entre deux zones monétaires) devrait évoluer en faveur de l’euro. Nous nous rappelons à quelle vitesse la BCE a dû changer de cap en 2022 pour remonter les taux quand l’inflation a surpris à la hausse. Après une année de ralentissement de l’inflation en 2025 (désinflation, hausse des prix plus lente), les décideurs seront particulièrement attentifs aux signes de reprise. Ils ne voudront pas donner l’impression de réagir trop tard une deuxième fois. Du côté des actions, cette évolution ajoute un risque pour l’indice DAX. Des coûts d’approvisionnement plus élevés (input costs, coûts des matières premières et composants) peuvent réduire les marges de bénéfice des entreprises, tandis que la perspective de taux élevés plus longtemps pèse sur la valeur des actions (valuations, niveau de prix/valorisation). Nous devrions envisager d’acheter des options de vente (put options, droit de vendre) sur le DAX pour couvrir (hedge, réduire le risque) notre exposition acheteuse sur les actions. Créez votre compte VT Markets en direct et commencez à trader maintenant.
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