Nouvelles tensions dans le détroit d’Ormuz
Dimanche, l’Iran a déclaré qu’il ne participerait pas à de nouvelles discussions de paix avec les États-Unis. Cela est arrivé quelques heures après que le président américain Donald Trump a dit que des négociateurs iraniens iraient au Pakistan lundi pour un deuxième cycle de discussions. Le marché surveille aussi le rapport hebdomadaire sur les stocks de l’American Petroleum Institute (API) attendu mardi. Un recul des stocks de pétrole brut plus important que prévu peut indiquer une demande plus forte et soutenir les prix, tandis qu’une hausse plus forte des stocks peut indiquer une demande plus faible ou trop d’offre et faire baisser les prix. WTI signifie West Texas Intermediate, un type de pétrole brut, et l’un des trois grands types avec Brent et Dubai. C’est un brut léger et « doux » (avec peu de soufre, donc plus facile à raffiner), extrait aux États-Unis et distribué via le hub de Cushing (grand centre de stockage et de livraison dans l’Oklahoma). Les prix du WTI dépendent surtout de l’offre et de la demande, des décisions de l’OPEP (groupe de pays exportateurs de pétrole), des tensions politiques et du dollar américain. Les rapports de l’API sortent le mardi et les données de l’EIA (agence américaine de l’énergie) arrivent le lendemain; les résultats sont proches (à moins de 1%) environ 75% du temps.Risques de marché et facteurs clés
Avec le brut West Texas Intermediate stable autour de 86,70 $, nous suivons de près les nouvelles tensions dans le détroit d’Ormuz. L’incident de la semaine dernière entre un navire de guerre américain et un navire commercial iranien a inquiété le marché. Cette situation ajoute une « prime de risque géopolitique » (hausse de prix liée à la peur d’un conflit) qui peut pousser les prix vers 90 $ à court terme. Nous nous souvenons de la forte instabilité des prix lors de situations similaires avec l’Iran en 2025, avec des mouvements rapides et difficiles à prévoir. Cela rappelle aussi les craintes sur l’offre après les événements de 2022, qui ont montré qu’un conflit peut ajouter 10 $ ou plus par baril très vite. Tout durcissement dans le détroit d’Ormuz aurait donc un effet immédiat et important sur les prix. En dehors du Moyen-Orient, on voit des signes de demande solide, ce qui soutient ces niveaux de prix. Le dernier indice PMI manufacturier Caixin de la Chine (baromètre basé sur des enquêtes, où au-dessus de 50 signifie expansion), publié début avril 2026, est ressorti à 51,2, ce qui indique une poursuite de la croissance dans le plus grand pays importateur de pétrole. Cette base économique soutient les prix du brut, même sans les tensions actuelles. La force du dollar américain est aussi à surveiller. Après des données d’inflation de mars 2026 plus fortes que prévu, l’indice du dollar (DXY, mesure du dollar face à un panier de grandes monnaies) est monté à un plus haut de six mois à 106,50. Un dollar plus fort pèse souvent sur le pétrole, car il le rend plus cher pour les acheteurs étrangers, ce qui peut limiter une forte hausse. Côté offre, l’OPEP+ (OPEP et alliés) maintient ses réductions de production, mais la production américaine continue de monter, atteignant récemment un record de 13,4 millions de barils par jour selon le dernier rapport de l’EIA. Cette offre élevée hors OPEP est une raison majeure pour laquelle les prix n’ont pas dépassé 90 $ malgré les tensions mondiales. Ce tiraillement entre les réductions de l’OPEP+ et la hausse de la production américaine continuera de fixer la limite haute du marché. Cette semaine, nous suivons le rapport de l’API attendu mardi. Le consensus du marché prévoit une baisse des stocks de brut d’environ 2,1 millions de barils, ce qui serait un signal positif pour les prix. Nous surveillerons aussi les stocks d’essence, car une hausse surprise pourrait indiquer une demande des consommateurs en baisse avant la saison estivale de conduite. Avec ces signaux opposés, nous pensons que la volatilité implicite (niveau de variation attendu par le marché, dérivé des prix des options) va augmenter dans les prochaines semaines. Pour les traders de produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif, comme les options), des stratégies comme l’achat d’un straddle ou d’un strangle (acheter des options d’achat et de vente pour profiter d’un grand mouvement, quel que soit le sens) peuvent être intéressantes. Pour ceux qui anticipent une hausse, un bull call spread (acheter une option d’achat et en vendre une autre à un prix plus élevé pour limiter le coût et le risque) peut offrir un risque défini pour viser une hausse vers 90 $.
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