Intensité énergétique et impact économique
Les pays développés utilisent aujourd’hui moins de pétrole par unité de production (moins de pétrole pour produire la même quantité de biens et services), ce qui réduit la perte de pouvoir d’achat quand les prix montent. Lors de la première crise pétrolière, la facture pétrolière (dépenses d’importation de pétrole) de l’Allemagne a augmenté de 2,5% du PIB (produit intérieur brut, valeur totale de ce qu’un pays produit), et celle du Japon de près de 4%, tandis qu’une hausse de 40$ par baril devrait augmenter les factures pétrolières de 0,5% à 1% du PIB dans quatre pays étudiés. Les perspectives restent incertaines à cause d’éventuelles perturbations des chaînes d’approvisionnement (réseau mondial de transport et de livraison des biens) et de dommages durables aux infrastructures énergétiques du Golfe (installations et équipements nécessaires pour produire, stocker et exporter l’énergie).Taux et positionnement multi-actifs
L’impact sur le PIB, plus faible que prévu, a aussi des conséquences pour les dérivés de taux d’intérêt (contrats financiers dont la valeur dépend des taux, utilisés pour se couvrir ou spéculer). On se souvient qu’à la fin de 2025, les marchés anticipaient des baisses fortes des taux directeurs par les banques centrales (taux fixés par la banque centrale qui influencent les autres taux), qui ne se sont pas pleinement produites parce que les dégâts économiques ont été limités. Cela suggère que lors du prochain choc énergétique, il pourrait y avoir une opportunité de se positionner contre des attentes trop « accommodantes » (prévisions de baisse de taux) sur les marchés à terme Eurodollar ou Fed Funds (contrats à terme, c’est-à-dire accords d’acheter/vendre plus tard à un prix fixé, basés sur des taux de référence aux États-Unis). Cependant, il faut tenir compte de l’avertissement sur des dommages durables aux infrastructures énergétiques, ce qui établit un plancher plus élevé pour les prix (niveau sous lequel les prix ont moins de chances de descendre). Des rapports récents d’avril 2026 indiquent que plusieurs installations de chargement du golfe Persique fonctionnent encore en dessous de la capacité d’avant 2025, ce qui maintient une prime de risque (surcoût lié à l’incertitude) sur le marché. Cela rend la détention de contrats à terme sur le pétrole à longue échéance (contrats dont la date est lointaine) ou d’options d’achat (options « call » : droit d’acheter à un prix fixé) une couverture prudente (protection contre une hausse des prix) face à la lenteur des réparations. Étant donné que les économies dépendent moins du pétrole, on peut envisager des opérations de valeur relative (stratégies qui profitent d’écarts de performance entre deux actifs). En 2025, on a observé que les contrats à terme sur des indices de consommation discrétionnaire (entreprises liées aux achats non essentiels) et de technologie se redressaient bien plus vite que ceux liés à l’industrie lourde ou au transport. Ce schéma suggère qu’en période d’incertitude énergétique, une stratégie par paires (être acheteur sur un actif et vendeur sur un autre) consistant à être acheteur d’un indice axé sur la technologie et vendeur d’un indice axé sur l’industrie pourrait bien fonctionner.
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