Risques géopolitiques et pression sur la roupie
Les tensions géopolitiques ont aussi provoqué des sorties de capitaux d’Indonésie (investisseurs qui retirent leur argent) depuis les marchés obligataire et actions vers des actifs considérés plus sûrs, dont le dollar américain. Cela a soutenu la hausse de l’USD/IDR sur le mois écoulé. L’indice du dollar américain (DXY, un indicateur qui mesure la force du dollar face à un groupe de grandes monnaies) a tenté de prolonger son rebond depuis son plus bas niveau depuis fin février, dans un contexte d’incertitude autour du détroit d’Ormuz (passage maritime clé pour le transport de pétrole). Par ailleurs, une trêve de 10 jours entre Israël et le Liban a renforcé l’idée d’un possible accord de paix entre les États-Unis et l’Iran. Ce contexte a favorisé l’appétit pour le risque (volonté d’investir dans des actifs plus risqués) et, avec une probabilité plus faible de hausse des taux de la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis), a limité la hausse du dollar. Cela pourrait aussi limiter la progression de l’USD/IDR à court terme. Le taux de change USD/IDR a franchi 17 180, un nouveau record historique, signe d’une forte pression sur la roupie. Pour les traders, cette dynamique haussière (mouvement net vers le haut) peut rendre pertinent l’achat d’options d’achat (call options : contrat qui donne le droit d’acheter à un prix fixé) sur USD/IDR afin de profiter d’une nouvelle baisse attendue de la roupie. La situation rappelle la forte dépréciation de 2025 lorsque la paire a dépassé 16 800.Risques de stratégie et surveillance de la banque centrale
Le principal moteur est le prix élevé du pétrole, qui pèse sur l’économie puisque l’Indonésie est importatrice nette. Les données de l’an dernier montrent que notre déficit commercial pétrole et gaz (différence entre importations et exportations) a dépassé 18 milliards de dollars, ce qui rend la roupie très sensible à des chocs durables sur les prix de l’énergie liés à la géopolitique. Cette fragilité explique pourquoi la tendance actuelle peut continuer. On observe aussi des sorties importantes de capitaux (capital flight : retrait rapide des fonds) des marchés locaux, car des investisseurs mondiaux cherchent la sécurité du dollar américain. Le rendement de l’obligation d’État indonésienne à 10 ans (taux payé aux investisseurs) est monté au-dessus de 7,8 % ce mois-ci, ce qui reflète des ventes par des investisseurs étrangers et la conversion des montants en dehors de la roupie. Ces sorties créent une demande régulière de dollars et poussent le taux de change à la hausse. Il faut toutefois tenir compte de facteurs pouvant limiter cette hausse : espoir de détente au Moyen-Orient et probabilité réduite de nouvelles hausses de taux de la Fed. Cela suggère que, même si la stratégie principale reste d’acheter USD/IDR (se positionner à la hausse), certains traders peuvent envisager des spreads haussiers avec options d’achat (bull call spreads : acheter un call et vendre un autre call plus haut pour réduire le coût, mais limiter le gain). Cela permet de profiter d’une hausse tout en limitant le risque si le mouvement s’arrête. Enfin, il faut anticiper une possible intervention de Bank Indonesia (BI, banque centrale), qui intervient parfois pour stabiliser la monnaie. Les réserves de change (stock de devises, surtout en dollars, détenu par la banque centrale) ont déjà baissé de plus de 5 milliards de dollars depuis le début de l’année, signe qu’elle vend des dollars pour soutenir la roupie. Une action plus forte de la banque centrale pourrait provoquer un recul rapide, probablement temporaire, de l’USD/IDR.
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