Couverture sur le yen et flux étrangers
Le positionnement sur le yen est surtout lié à la couverture des investissements japonais à l’étranger. Les données indiquent que cette couverture a repris la dernière semaine de mars, et que les entrées de capitaux étrangers ont dépassé les sorties japonaises vers les États-Unis et d’autres marchés. Le rapport indique que l’action du ministère des Finances sur le marché des changes (marché FX, où l’on échange des devises) aura probablement moins d’effet tant que ces couvertures ne seront pas débouclées (fermées). Il relie aussi la situation au « basis trading » : une stratégie qui exploite de petits écarts de prix entre des obligations, ici entre les obligations d’État japonaises (JGB, dette du gouvernement japonais) et les obligations américaines. Les attentes d’une hausse de taux de la Banque du Japon (BoJ, banque centrale du Japon) sont présentées comme le principal facteur à court terme pour l’USD/JPY (taux de change dollar américain / yen japonais). Cela est décrit comme influençant la direction du dollar dans les prochaines semaines. Les actions japonaises ont retrouvé des records, mais les investisseurs internationaux ne reviennent pas totalement aux niveaux d’avant les tensions mondiales récentes. Cela signifie que, même si des capitaux vont vers le Nikkei 225 (indice boursier japonais), une grande partie est couverte contre une baisse du yen. Avec l’USD/JPY proche de 162,50, le risque d’intervention officielle est élevé, mais probablement moins efficace qu’avant.Implications de trading autour de la politique de la BoJ
Le yen reste sous pression à cause de cette couverture étrangère persistante, qui provoque des ventes continues de la monnaie. Les chiffres de détention suggèrent aussi que les investisseurs japonais n’envoient pas assez d’argent à l’étranger pour compenser ces flux. Ce déséquilibre signifie que toute tentative du ministère des Finances d’acheter du yen irait contre un mouvement très puissant. On se souvient des interventions massives de fin 2022, mais l’ampleur des positions de couverture semble aujourd’hui encore plus grande. Même la hausse de taux historique de mars 2024 a peu freiné la baisse de long terme du yen face au dollar. Les données de l’IMM (International Monetary Market, source de données sur les positions des acteurs) montrent que les positions nettes « vendeuses » (pari à la baisse) sur le yen des spéculateurs restent proches de leurs plus hauts niveaux depuis 2017, confirmant un sentiment largement négatif. Pour les traders (opérateurs de marché), cela implique de moins se concentrer sur le risque d’intervention et davantage sur la prochaine décision de la BoJ sur les taux. Le débouclage de ces grosses couvertures ne se produira probablement que si la BoJ signale un rythme de hausses de taux plus rapide que ce que le marché (ensemble des investisseurs) attend. Une surprise « hawkish » (plus favorable à des hausses de taux et à une politique plus stricte), venant de la banque centrale, et non du ministère des Finances, est le déclencheur principal à surveiller dans les prochaines semaines. Cela suggère que l’utilisation d’options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) pour trader la volatilité attendue (variations de prix) autour des réunions de la BoJ est plus prudente que de vendre directement l’USD/JPY. Acheter des straddles ou des strangles (stratégies d’options profitant d’un grand mouvement du prix dans un sens ou dans l’autre) pourrait être efficace, car elles gagnent si le prix bouge fortement, quelle que soit la direction. Cela permet de profiter d’un éventuel changement de politique sans subir une nouvelle faiblesse du yen si la BoJ reste hésitante.
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