Exposition de l’Europe aux importations d’énergie
Le Royaume-Uni et la zone euro sont vulnérables car ils importent de l’énergie: des prix plus élevés du pétrole et du gaz dégradent leurs échanges commerciaux (ils doivent payer plus pour importer) et poussent l’inflation à la hausse. En Europe, l’impact varie selon les pays à cause de différences dans le mélange énergétique (part du gaz, du pétrole, du nucléaire, des renouvelables). Ces écarts se sont vus ces dernières semaines dans les rendements des obligations d’État (le taux d’intérêt payé par les États pour emprunter). La tension sur l’offre physique de pétrole est bien réelle. Nous pensons que les flux de pétrole auront du mal à se rétablir pendant l’été, ce qui maintiendra des prix élevés et instables. Les traders peuvent envisager d’acheter des options d’achat (call: droit d’acheter à un prix fixé) sur les contrats à terme (futures: contrats pour acheter/vendre plus tard à un prix fixé) du pétrole Brent, actuellement autour de 115$ le baril, afin de se protéger contre de nouvelles hausses de prix. Ce choc d’offre (baisse de l’offre disponible) alimente directement l’inflation et rend plus difficile une baisse des taux directeurs (taux fixés par les banques centrales). Des données récentes montrent que l’inflation de la zone euro en mars 2026 était proche de 6%, ce qui nous pousse à revoir les perspectives de taux pour le reste de l’année. Miser via le marché des futures sur des taux à court terme qui restent élevés semble raisonnable.Implications pour les devises et les taux
En tant que grands importateurs d’énergie, la zone euro et le Royaume-Uni subiront surtout cette crise via une balance commerciale qui se dégrade (plus d’importations coûteuses que d’exportations). Même si l’attrait immédiat du dollar comme valeur refuge a diminué, les dégâts économiques suggèrent que l’euro et la livre devraient baisser face au dollar. Nous voyons des opportunités en achetant des options de vente (put: droit de vendre à un prix fixé) sur EUR/USD et GBP/USD. En Europe, l’impact économique sera inégal, ce qui se voit déjà sur le marché des obligations d’État. L’écart entre les rendements à 10 ans de l’Italie et de l’Allemagne s’est récemment élargi à plus de 200 points de base (1 point de base = 0,01%), un niveau rarement vu depuis des années, ce qui reflète ces différences. Cette tendance pourrait continuer, ce qui rend intéressante une stratégie qui vend des futures sur obligations italiennes (parier sur une baisse de leur prix) tout en achetant des futures sur Bund allemands (obligations d’État allemandes).
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