Les discussions États‑Unis–Iran soutiennent l’appétit pour le risque
Reuters a indiqué lundi que les deux parties étaient proches d’un accord pendant le week-end, mais que l’enrichissement d’uranium par l’Iran (procédé qui augmente la proportion d’uranium utilisable, notamment pour l’énergie ou des usages militaires) restait le point de blocage. Le rapport précise que les deux pays laissent ouverte la possibilité de nouvelles discussions après l’arrêt brutal des négociations à Islamabad. En Europe, des données d’inflation allemandes et espagnoles ont été publiées avant la conférence de presse de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE, la banque qui fixe la politique monétaire de la zone euro), lors d’une réunion du FMI (Fonds monétaire international, institution qui surveille l’économie mondiale) mardi. Aux États-Unis, l’attention se porte sur l’indice des prix à la production (PPI, mesure l’évolution des prix facturés par les entreprises), attendu en hausse, signe de pressions inflationnistes liées à la guerre. L’EUR/USD était à 1,1794. Le RSI sur 4 heures (indice de force relative, indicateur qui mesure la vitesse et l’ampleur du mouvement des prix) était proche de 72 et l’histogramme MACD (indicateur de tendance basé sur des moyennes, l’histogramme montre si l’élan s’accélère ou ralentit) était positif, avec une résistance (zone où le prix a du mal à monter) à 1,1825 puis vers 1,1930. Les supports (zones où le prix a tendance à se stabiliser) sont vus à 1,1720–1,1730, puis vers 1,1650 et 1,1610. La partie technique a été réalisée avec l’aide d’un outil d’IA (logiciel basé sur des modèles informatiques).Volatilité du marché et divergence de politique monétaire
En repensant à la forte hausse de l’EUR/USD pendant les discussions de paix États‑Unis–Iran en avril 2025, on voit à quel point une baisse des tensions géopolitiques peut rapidement soutenir l’appétit pour le risque. Ce mouvement, qui a fait passer la paire de sous 1,1700 à près de 1,1800 en quelques jours, contraste avec le marché actuel. Le calme actuel, avec l’indice VIX (indice de volatilité, souvent appelé « indice de la peur ») autour de 14,5, suggère que les opérateurs évaluent mal le risque d’un choc soudain. Les pressions inflationnistes évoquées dans les rapports de 2025 sont devenues durables, avec le dernier indice des prix à la consommation harmonisé de la zone euro (HICP, mesure standardisée de l’inflation en Europe) toujours élevé à 2,4 %. Mais la réponse des banques centrales a changé: des responsables de la BCE parlent ouvertement de baisses de taux (réduire le coût du crédit), tandis que la Réserve fédérale (Fed, banque centrale des États-Unis) reste prudente car l’inflation américaine reste au-dessus de 3 %. Cette divergence de politique monétaire (différence de direction entre les banques centrales) crée un frein de fond pour l’euro qui était moins évident l’an dernier. Compte tenu du souvenir de la réévaluation rapide de 2025, acheter de la volatilité à bas prix (se positionner pour profiter d’un futur mouvement important) est une stratégie logique dans les prochaines semaines. Avec la volatilité implicite (volatilité attendue par le marché) des options EUR/USD à un mois proche de plus bas de plusieurs années, acheter des straddles longs (stratégie d’options: acheter un call et un put au même prix d’exercice, pour gagner si le cours bouge fortement dans un sens ou dans l’autre) permet de profiter d’un mouvement marqué, qu’il vienne d’une surprise de politique monétaire ou d’un nouveau risque dans l’actualité. Cette position coûte relativement peu et sert de protection contre le calme actuel. Pour ceux qui ont une vue directionnelle (parier sur une hausse ou une baisse), les fondamentaux (éléments économiques de base) favorisent davantage le dollar américain qu’au moment de la hausse de 2025. On se souvient que les acheteurs visaient 1,1825 à l’époque, mais aujourd’hui une résistance importante se situe bien plus bas, autour de 1,0950. Acheter des options put sur l’EUR/USD (droit de vendre à un prix fixé) avec un prix d’exercice proche de 1,0700 offre une façon de se positionner sur un dollar plus fort avec un risque défini (perte maximale limitée à la prime payée), si les attentes de baisse de taux de la BCE continuent d’augmenter. On ne peut pas non plus ignorer le canal des matières premières (effet des prix du pétrole et autres ressources sur l’inflation) qui était menacé en 2025 par les blocages de ports. Avec le pétrole Brent (référence mondiale du pétrole) repassé récemment au-dessus de 91 $ le baril grâce à une discipline de l’offre de l’OPEP+ (groupe de pays producteurs de pétrole, incluant l’OPEP et ses alliés), toute nouvelle flambée géopolitique pourrait rapidement renforcer les craintes d’inflation. Cela compliquerait les baisses de taux prévues par la BCE et ajouterait une nouvelle source de volatilité que le marché semble négliger.
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