L’aversion au risque pèse sur l’euro
L’inflation annuelle de la zone euro est montée à 2,5 % en mars, au plus haut depuis janvier 2025, et au-dessus de la cible de 2 % de la BCE (Banque centrale européenne). La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que la politique restera restrictive (taux maintenus élevés pour freiner la hausse des prix) jusqu’à ce que l’inflation revienne durablement à la cible. Nordea a prévu quatre hausses de taux de 0,25 point (une hausse de 0,25 % du taux directeur) à partir de juin. La note a indiqué que la hausse des prix reste large même si le conflit se termine. Le dollar canadien peut être soutenu par la hausse des prix du pétrole, car le Canada est le principal exportateur de pétrole brut vers les États-Unis. Le WTI (pétrole de référence américain West Texas Intermediate) était en hausse de plus de 7 %, près de 96,90 $ le baril. Le pétrole a augmenté avec le retour des tensions États-Unis–Iran et les inquiétudes autour d’un possible blocus du détroit d’Ormuz (passage maritime clé pour le transport mondial de pétrole). Le CAD (dollar canadien) est aussi lié aux taux de la Banque du Canada, à l’inflation, à la balance commerciale (différence entre exportations et importations), au sentiment de marché et aux conditions économiques américaines.Le dollar canadien soutenu par le pétrole
L’échec des discussions États-Unis–Iran crée un climat « risk-off » (les investisseurs évitent le risque), ce qui pèse sur l’euro. Avec un blocus américain des ports iraniens qui débute aujourd’hui, il faut s’attendre à une incertitude persistante qui pousse les investisseurs à s’éloigner des monnaies comme l’EUR. Cela incite à la prudence sur toute position acheteuse en euro (pari sur une hausse). L’euro subit aussi des pressions internes : l’inflation de mars a atteint 2,5 %, restant au-dessus de la cible de la Banque centrale européenne. Une situation comparable a été observée début 2022, quand des tensions géopolitiques en Europe ont fait baisser l’euro alors même que l’inflation augmentait et préparait de futures hausses de taux. La peur géopolitique actuelle devrait pour l’instant l’emporter sur le ton plus strict de la BCE (volonté de garder des taux élevés). De l’autre côté, le dollar canadien profite fortement de la hausse du pétrole, le brut WTI se négociant près de 97 $ le baril. Comme le Canada exporte plus de 4 millions de barils par jour, surtout vers les États-Unis, ces prix plus élevés renforceront directement sa balance commerciale et soutiendront la monnaie. Cela rend le CAD plus attractif dans l’environnement actuel. Cette différence nette entre un euro en difficulté et un dollar canadien soutenu par les matières premières (monnaie portée par un produit comme le pétrole) indique une perspective baissière (attente de baisse) pour la paire EUR/CAD. Une stratégie prudente consiste à acheter des options de vente (« put », contrat qui peut gagner si le prix baisse) sur EUR/CAD pour les prochaines semaines. Cette approche permet de profiter d’une baisse possible tout en définissant et limitant le risque maximum. Nous devons aussi nous préparer à une hausse de la volatilité (fortes variations de prix), car les menaces sur l’offre de pétrole via le détroit d’Ormuz créent souvent une incertitude durable. En 2019, des tensions similaires ont entraîné des mouvements brusques et imprévisibles sur les marchés de l’énergie et des devises. Cette volatilité plus élevée rend les options plus chères, mais reflète aussi l’ampleur des opportunités et des risques.
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