Inflation en Australie et perspective des taux
La hausse des coûts de l’énergie a renforcé les craintes d’inflation (hausse générale des prix), l’indicateur mensuel d’inflation en Australie atteignant un niveau record de 1,3 % en mars. La Banque de réserve d’Australie (banque centrale du pays) a relevé ses taux (le coût d’emprunter) de 50 points de base (0,50 %) à 4,10 %, et les marchés s’attendent à une nouvelle hausse en mai. Le yen a fait face à des inquiétudes de « stagflation » (croissance faible avec inflation élevée) alors que les prix du pétrole montaient, tandis que la hausse des coûts de l’énergie augmentait les attentes d’une hausse proche des taux par la Banque du Japon. La BoJ doit décider de sa politique le 28 avril, en évaluant si la hausse des prix mondiaux de l’énergie et des matières premières (produits de base comme pétrole, métaux, blé) justifie un resserrement (politique plus stricte, avec des taux plus élevés). Le rendement de l’emprunt d’État japonais à 10 ans (taux d’intérêt payé par l’État sur une obligation à 10 ans) est monté à environ 2,47 % lundi, alors que les prix du pétrole grimpaient après l’échec des discussions. Le rapport Sakura a indiqué que les membres ont comparé les risques d’inflation aux risques pour la croissance, tandis que les neuf régions décrivaient toutes la situation comme « se redressant modérément », « en amélioration » ou « en amélioration modérée ». Compte tenu de la forte hausse de l’aversion au risque liée à la situation États-Unis–Iran, il faut s’attendre à une volatilité (amplitude des variations de prix) plus élevée sur les marchés. Historiquement, les événements géopolitiques au Moyen-Orient font augmenter l’indice VIX (indice de peur des marchés basé sur la volatilité attendue du S&P 500), comme fin 2023. Il faut donc envisager d’acheter des options (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre à un prix fixé) qui gagnent quand les prix bougent fortement, car les marchés risquent de rester instables.Choc d’offre de pétrole et positionnement de trading
Le blocage américain du détroit d’Ormuz menace directement une part importante de l’offre mondiale de pétrole, car environ 20 % de la consommation mondiale y transite. Cela rend les positions acheteuses sur les contrats à terme sur le pétrole (accords d’achat/vente à une date future) ou les options d’achat (call, droit d’acheter) une façon directe de trader la montée des tensions. Un choc d’offre (baisse soudaine de la quantité disponible) de cette ampleur pourrait pousser les prix bien plus haut que pendant la crise de l’énergie qui a commencé fin 2025. Pour la paire AUD/JPY, les forces opposées rendent un pari simple sur la direction risqué. L’AUD souffre du mode « risk-off » (les investisseurs réduisent le risque), mais les hausses de taux rapides de la RBA apportent du soutien, tandis que le JPY est affaibli par la hausse du coût des importations d’énergie. Cela suggère que les stratégies de « carry trade » (emprunter dans une monnaie à faible taux pour acheter une monnaie à taux plus élevé), comme celles qui se sont inversées en 2008, sont très sous pression des deux côtés. La prochaine réunion de la Banque du Japon, le 28 avril, est désormais un événement clé. La hausse du rendement japonais à 10 ans à 2,47 % montre une forte pression du marché sur la BoJ pour relever les taux afin de lutter contre l’inflation importée (hausse des prix venant de l’étranger). On peut utiliser des produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un autre actif) pour se positionner en vue d’une réaction importante du marché à cette décision, car tout changement de politique entraînera une forte réévaluation du yen.
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