Risque géopolitique et surveillance d’intervention
L’attention est restée sur le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran et sur des discussions prévues au Pakistan pendant le week-end. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré qu’un cessez-le-feu au Liban et la libération d’avoirs iraniens bloqués (fonds immobilisés à l’étranger) devaient avoir lieu avant des négociations. Le président américain Donald Trump a déclaré au *New York Post* que des navires de guerre américains sont en cours de rechargement avec « les meilleures munitions » afin de reprendre des frappes sur l’Iran si les discussions échouent. Cela a limité la baisse du dollar après sa chute vers des plus bas d’un mois. L’indice du dollar américain (mesure de la valeur du dollar face à plusieurs grandes monnaies) se situait près de 98,67 après un plus bas en séance d’environ 98,50, et se dirigeait vers sa plus forte baisse depuis janvier. En mars, l’IPC (CPI) global américain, c’est-à-dire l’indice des prix à la consommation (mesure de l’inflation), a augmenté de 0,9% sur un mois (MoM, « mois sur mois ») contre 0,3%, et de 3,3% sur un an (YoY, « année sur année ») contre 2,4%, conforme aux attentes. Le vice-gouverneur de la Banque du Japon, Ryozo Himino, a déclaré qu’il ne voit pas de stagflation (croissance faible ou en baisse avec inflation élevée), mais a souligné des difficultés si le conflit ralentit la croissance tout en faisant monter l’inflation.Les écarts de taux d’intérêt guident la tendance
Nous rappelons cette situation en 2025, lorsque le marché hésitait sous 160 sur l’USD/JPY. L’attention portait sur les tensions au Moyen-Orient et la menace d’intervention des autorités japonaises. Cependant, le moteur principal était l’écart important entre les taux d’intérêt américains et japonais. Cet écart de taux d’intérêt (différence entre les taux des deux pays, qui influence les flux de capitaux) s’est encore renforcé, ce qui explique des niveaux plus élevés qu’en 2025. En avril 2026, le taux directeur de la Réserve fédérale (taux principal fixé par la banque centrale américaine) reste à 5,50%, tandis que la Banque du Japon a du mal à dépasser 0,1% pour son taux de politique monétaire. Cela continue d’alimenter le *carry trade* sur le yen (stratégie consistant à emprunter dans une monnaie à faible taux, ici le yen, pour investir dans une monnaie à rendement plus élevé, ici le dollar). Avec un USD/JPY qui teste 163,00, la menace d’intervention est plus forte, ce qui augmente l’incertitude. En 2024 et 2025, l’intervention directe du ministère des Finances n’a apporté qu’un soutien temporaire au yen avant que la paire ne reparte à la hausse. Cela suggère que les baisses dues à une intervention pourraient être vues comme des occasions d’achat par des investisseurs de long terme. Pour les traders de produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme une option), la volatilité (ampleur et vitesse des variations de prix) devrait être le point clé dans les prochaines semaines. Acheter des options d’achat à échéance lointaine (*call*, droit d’acheter à un prix fixé) sur l’USD/JPY permet de profiter d’une hausse tout en limitant la perte si les autorités interviennent fortement. Étant donné la tendance haussière, payer une prime (prix de l’option) plus élevée peut être une approche prudente. À l’inverse, ceux qui pensent qu’une intervention est proche et efficace peuvent acheter des options de vente à court terme (*put*, droit de vendre à un prix fixé). Cette stratégie sert de couverture (protection) contre une baisse soudaine. Un passage sous 160 serait une victoire psychologique pour les responsables japonais et pourrait déclencher une chute rapide.
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