
Points clés
- CL-OIL s’échange à 115,027, en hausse de 2,472 (+2,20 %), après un plus haut de séance à 115,447.
- Le Brent a gagné 0,4 % à 110,19 $, tandis que les contrats à terme (futures) WTI ont progressé de 0,8 % à 113,31 $, les traders attendant l’échéance de mardi.
- Le détroit d’Ormuz transporte toujours environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux. Le marché se concentre donc sur un risque de rupture réelle de l’approvisionnement, plus que sur la diplomatie seule.
Le pétrole brut se comporte toujours comme si le risque sur l’offre n’avait pas baissé. CL-OIL reste au-dessus de 115, et le marché des futures est resté solide pendant que les traders attendaient l’échéance fixée à mardi par Trump pour un accord avec l’Iran.
Le Brent est resté proche de 110,19 $ et le WTI proche de 113,31 $, maintenant les prix dans le haut de la zone récente liée à la guerre.
Les prix montrent que le marché ne veut pas retirer la « prime de risque » (surcoût lié à l’incertitude) avant un événement qui peut relancer les tensions en quelques heures. Après des négociations sans résultat et des annonces de soulagement limitées ces dernières semaines, les traders continuent de payer une protection tant que les passages par Ormuz ne sont pas clairement plus sûrs.
À court terme, une approche prudente favorise encore des prix élevés tant que l’échéance approche et que la situation du transport maritime reste floue.
Ormuz donne toujours le ton
Le marché regarde d’abord le détroit d’Ormuz, puis le reste. Cette route transporte environ 20 % du pétrole et du gaz naturel mondiaux. La moindre limite y fait vite monter les coûts de transport, les coûts d’assurance, et le prix du pétrole livré rapidement (prix « au comptant », c’est-à-dire pour livraison proche).
L’Iran a indiqué vouloir un résultat durable plutôt qu’un simple arrêt temporaire des combats, et la pression pour rouvrir ce passage maritime n’a pas encore mené à un accord.
Résultat : l’offre réelle reste la variable principale. Le marché peut supporter des menaces verbales un moment. Il réagit beaucoup plus quand la principale artère d’exportation d’énergie du Golfe reste limitée.
C’est pourquoi le pétrole reste solide même quand les actions tentent de se stabiliser. Le marché ne voit pas encore de retour crédible à un trafic normal.
Les actions hésitent, tandis que le pétrole et le dollar restent solides
Le sentiment de risque montre la même hésitation. Les actions asiatiques ont évolué de façon contrastée : l’indice MSCI Asie-Pacifique hors Japon a gagné 0,4 %, tandis que le Nikkei a reculé de 0,2 %. En même temps, les futures sur actions américaines ont baissé de 0,55 %, signe que les traders réduisaient encore le risque au lieu de croire pleinement à une trêve.
Le dollar est aussi resté soutenu. L’indice du dollar (mesure du dollar contre plusieurs grandes devises) tenait autour de 100,06, tandis que l’euro s’échangeait à 1,1538 $ et que USDJPY (taux dollar/yen) restait près de 159,91, proche d’un niveau où Tokyo peut envisager une intervention (action officielle pour influencer le taux de change).
Ce schéma correspond à un marché qui intègre à la fois plus d’inflation et une croissance plus faible. À ces niveaux, le pétrole entretient ce scénario de « stagflation » (inflation élevée avec faible croissance).
Le risque d’inflation commence à apparaître dans les données américaines
Le contexte économique commence à absorber le choc énergétique. En mars, la croissance du secteur des services aux États-Unis a ralenti, tandis que les prix payés par les entreprises ont augmenté au rythme le plus rapide depuis plus de 13 ans, donnant un premier signal de la façon dont la guerre avec l’Iran alimente l’inflation.
Cela aide à comprendre pourquoi les traders ne prévoient plus de baisse des taux de la Fed (banque centrale américaine) cette année. À ces niveaux, le pétrole n’augmente pas seulement le carburant : il renchérit aussi la logistique (transport et organisation des livraisons), les produits chimiques, le transport, et les coûts de production en général. Quand ces coûts montent, les banques centrales ont vite moins de marge de manœuvre.
Analyse technique
CL-OIL s’échange près de 115,03, et garde une forte tendance haussière après une cassure nette de la zone de stabilité de fin février. Le mouvement des prix montre un élan acheteur durable : le marché a grimpé vers 119,43, puis se stabilise juste sous ce sommet récent.
La structure reste claire, avec des sommets et des creux de plus en plus hauts, ce qui montre que les acheteurs gardent la main.
Techniquement, la tendance reste haussière. Le prix est bien au-dessus des principales moyennes mobiles (moyenne d’un prix sur plusieurs jours, utilisée pour lisser les variations). La moyenne mobile 5 jours (107,97) mène la hausse, suivie des 10 jours (101,92) et 20 jours (97,81), toutes orientées à la hausse. Cela indique une force persistante. La stabilisation au-dessus de la zone 110 $ suggère une phase de construction (pause) plutôt qu’un essoufflement.

Niveaux clés à surveiller :
- Support : 110,00 → 105,90 → 101,90
- Résistance : 115,50 → 119,40 → 124,70
L’attention immédiate est sur la zone 115,50, qui agit comme une résistance à court terme (niveau où le prix a du mal à monter). Une cassure nette au-dessus pourrait rouvrir la voie vers un test de 119,40, avec un potentiel de hausse si l’élan s’accélère.
À la baisse, 110,00 est le support psychologique et technique principal (niveau où le prix a tendance à rebondir). Une rupture sous ce seuil pourrait provoquer un repli vers 105,90, mais ce mouvement resterait probablement une correction dans une tendance haussière plus large.
Au total, le pétrole reste dans une forte tendance haussière, avec une stabilisation à des niveaux élevés. Tant que le prix reste au-dessus de la zone 110 $, le biais (orientation la plus probable) reste haussier, et le marché se prépare à un retour possible vers les récents sommets.
Ce que les traders doivent surveiller ensuite
Le prochain mouvement dépendra de l’échéance : soit elle ouvre un vrai chemin vers la réouverture d’Ormuz, soit elle apporte un nouveau titre sur une escalade. Le Brent et le WTI sont déjà à des niveaux qui entretiennent la crainte d’inflation, tandis que le dollar et le marché des taux continuent d’intégrer cette tension dans les perspectives économiques.
Si l’échéance passe sans progrès et que le passage reste limité, le pétrole peut continuer à pousser vers les récents sommets.
Si un accord apparaît et que le trafic commence à se normaliser, le marché peut retirer rapidement une partie de la prime, mais il faudra des preuves dans les volumes qui passent, pas seulement des promesses.
Questions de traders
Pourquoi le pétrole reste-t-il au-dessus de 110 $ ?
Le pétrole reste élevé car les traders voient toujours un risque réel de nouvelle perturbation des flux d’énergie du Golfe tant que l’échéance avec l’Iran n’est pas réglée. Le Brent était récemment autour de 110,19 $ et le WTI autour de 113,31 $ sur le marché des futures (contrats pour acheter/vendre plus tard), ce qui montre que la prime de risque reste en place.
Pourquoi l’échéance sur l’Iran compte-t-elle autant pour les prix du pétrole ?
Une date fixe oblige le marché à intégrer un risque proche. Si aucun accord n’est trouvé et que le détroit d’Ormuz reste limité, les traders doivent envisager une rupture d’approvisionnement plus longue, ce qui peut pousser les prix à la hausse.
Pourquoi le détroit d’Ormuz est-il si important pour le pétrole brut ?
Le détroit transporte environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux. Même une perturbation partielle peut donc faire monter très vite le coût du fret (transport maritime), les primes d’assurance (surcoût pour couvrir le risque) et les prix du pétrole livré rapidement (prix au comptant).
Pourquoi le pétrole reste-t-il solide alors que des discussions continuent ?
Le marché ne réagit plus seulement aux discussions. Il veut des preuves que les flux d’énergie vont redevenir normaux. Tant que le risque sur le transport maritime ne baisse pas clairement, les traders hésitent à enlever la prime du prix du pétrole.
Comment la hausse du pétrole affecte-t-elle les autres marchés ?
La hausse du pétrole alimente les craintes d’inflation, durcit les conditions financières (emprunter devient plus coûteux) et pèse sur les actions et les banques centrales. Les marchés intègrent déjà une croissance plus lente et une inflation plus forte, ce qui ramène les craintes de stagflation (inflation élevée avec faible croissance).
Pourquoi le dollar reste-t-il solide en même temps que le pétrole ?
Le dollar reste ferme car les investisseurs l’utilisent comme valeur refuge (actif jugé plus sûr en période d’incertitude) tant que le conflit reste actif. L’indice du dollar était récemment autour de 100,06, ce qui montre que les traders restent prudents plutôt que de revenir pleinement vers des actifs risqués.
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