Le pétrole augmente alors que les réserves ne parviennent pas à combler le déficit d’approvisionnement

by VT Markets
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Mar 11, 2026

Points clés

  • Le CL-OIL se négocie à 93,250, en hausse de +4,892 (+5,54%), avec MM5 88,845, MM10 81,223, MM20 73,091, MM30 70,031 (MM = moyenne mobile, c’est-à-dire une moyenne du prix sur 5/10/20/30 jours).
  • L’AIE (Agence internationale de l’énergie) prévoit de libérer 400 millions de barils des réserves, et les États-Unis libéreront 172 millions de barils de leur Réserve stratégique de pétrole (stock public d’urgence) dès la semaine prochaine.
  • La libération américaine durera environ 120 jours, soit environ 1,4 million de barils par jour. Au total, l’apport coordonné pourrait atteindre 3,3 millions de barils/jour (b/j = barils par jour). ING indique que cela reste bien inférieur aux pertes d’approvisionnement dans le Golfe.

Les prix du pétrole restent élevés malgré l’annonce d’une libération coordonnée de réserves. L’Agence internationale de l’énergie prévoit de libérer 400 millions de barils de réserves d’urgence pour calmer les marchés, secoués par des ruptures d’approvisionnement dans le Golfe Persique.

Les États-Unis contribueront à hauteur de 172 millions de barils depuis leur Réserve stratégique de pétrole (stock d’urgence), avec un début dès la semaine prochaine. ING estime que cette libération s’étalera sur environ 120 jours, soit environ 1,4 million de barils par jour pour les États-Unis.

Cependant, ce plan semble trop faible pour compenser la perturbation. Si d’autres pays suivent un calendrier similaire, ING calcule que la libération totale pourrait atteindre 3,3 millions de barils/jour. C’est bien en dessous des pertes d’approvisionnement actuellement liées au conflit dans le Golfe Persique.

Cet écart entre l’action des gouvernements et la perte réelle de pétrole explique pourquoi le pétrole se négocie avec une forte prime de risque (supplément de prix lié à l’incertitude).

Si les perturbations continuent et si les libérations de réserves restent inférieures au pétrole perdu, le brut (pétrole non raffiné) peut rester cher. Si le transport maritime reprend et que les exportations remontent, la libération de réserves peut accélérer une baisse.

Les pertes d’approvisionnement dominent toujours le prix du pétrole

Le facteur principal reste l’ampleur des volumes perturbés au Moyen-Orient. Les réserves stratégiques peuvent atténuer un choc de court terme, mais elles remplacent rarement une baisse durable de production.

Les marchés voient souvent les réserves d’urgence comme une aide temporaire, pas comme une nouvelle source stable. Si le conflit continue de limiter les exportations du Golfe Persique, les traders (intervenants qui achètent et vendent) fixeront surtout les prix selon le manque attendu, plutôt que selon l’annonce des gouvernements.

Même avec une action coordonnée, le marché fait face à un manque d’offre (déficit) qui dépasse le coussin de 3,3 millions de barils/jour que les gouvernements pourraient apporter.

Tant que l’offre du Golfe reste limitée, le prix peut connaître des poussées rapides à la hausse. Si la production ou les routes maritimes rouvrent plus vite que prévu, les prix peuvent baisser vite, car le marché retire la prime géopolitique (supplément lié au risque de conflit).

Analyse technique

Le pétrole brut WTI (CL-OIL, un contrat sur le pétrole américain) se négocie près de 93,25 $, en hausse d’environ 5,54%. Les prix rebondissent après la forte baisse qui a suivi le pic à 119,43 $. Le marché s’est stabilisé au-dessus de 90 $, ce qui suggère que les acheteurs tentent de reprendre la main après la hausse rapide puis le recul.

D’un point de vue graphique, le pétrole reste nettement au-dessus de ses moyennes mobiles (prix moyen sur une période). La moyenne mobile 5 jours (88,85) et la 10 jours (81,22) montent fortement, tandis que la 20 jours (73,09) et la 30 jours (70,03) restent bien en dessous du prix actuel. Cet écart montre la force de la récente sortie par le haut (cassure haussière, c’est-à-dire un passage au-dessus d’une zone de prix), malgré des mouvements à court terme.

La résistance immédiate (zone où le prix a du mal à monter) se situe vers 100–105 $, en haut de la récente zone de stabilisation après le pic. Un passage au-dessus de cette zone pourrait rouvrir la voie vers 110–119 $, où la hausse précédente s’est arrêtée.

À la baisse, le premier support (zone où le prix a tendance à tenir) se situe près de 90 $, puis un support plus solide vers 85 $, en ligne avec la structure de la cassure récente et les moyennes mobiles de court terme qui montent.

Au final, le marché du pétrole reste très agité mais orienté à la hausse. Les prix tentent de construire une base au-dessus de 90 $. Rester au-dessus de ce niveau renforcerait le rebond, tandis qu’un mouvement durable au-dessus de 100 $ pourrait signaler un retour d’une hausse plus forte.

Décisions politiques contre offre réelle

La libération coordonnée de réserves est une tentative claire d’éviter un choc énergétique majeur. Mais les chiffres montrent la difficulté : 400 millions de barils étalés sur des mois ne peuvent pas compenser totalement des exportations perdues si de grands producteurs du Golfe restent limités.

Les marchés de l’énergie réagissent surtout aux flux réels (volumes qui circulent) plutôt qu’aux annonces. Tant que les traders ne voient pas un transport régulier sur les routes d’exportation clés, surtout celles liées à l’offre du Golfe, le plan de réserves peut avoir du mal à limiter les fortes variations.

Les libérations de réserves peuvent ralentir les hausses soudaines et réduire les achats paniques. Mais si le risque géopolitique continue de perturber les exportations, le brut peut rester instable et très sensible aux nouvelles sur les routes maritimes, le retour de production, ou de nouvelles interventions publiques.

FAQ

  1. Que prévoit de faire l’AIE avec les réserves de pétrole ?
    L’Agence internationale de l’énergie prévoit une libération coordonnée de 400 millions de barils depuis des réserves d’urgence, afin de réduire la tension du marché liée aux pertes d’offre dans le Golfe Persique.
  2. Quelle quantité de pétrole les États-Unis vont-ils libérer de leur Réserve stratégique ?
    Les États-Unis commenceront à libérer 172 millions de barils de leur Réserve stratégique de pétrole (stock public d’urgence) dès la semaine prochaine.
  3. Combien de temps durera la libération américaine, et quel sera le rythme quotidien ?
    ING estime que la libération durera environ 120 jours, soit environ 1,4 million de barils par jour.
  4. Quelle est la taille de la libération coordonnée totale en barils par jour ?
    ING estime que si d’autres pays suivent un calendrier similaire, la libération totale pourrait atteindre en moyenne 3,3 millions de barils/jour.
  5. Pourquoi les prix du pétrole peuvent-ils monter même quand les gouvernements libèrent des réserves ?
    Les marchés intègrent l’écart entre l’offre et la demande, plus le risque. Si la baisse d’offre dans le Golfe dépasse le flux d’aide attendu de 3,3 millions de barils/jour, les traders peuvent continuer à faire monter le prix, car le manque d’offre reste réel.

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