Implications pour l’inflation et la Fed
Ces dépenses élevées suggèrent que les pressions inflationnistes (tendance des prix à monter) peuvent continuer, ce qui compte beaucoup pour la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis, souvent appelée la « Fed »). En février, l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure officielle de l’évolution des prix payés par les ménages) est ressorti légèrement plus haut, à 3,4 %. Le chiffre Redbook laisse penser que le rapport de mars pourrait aussi être élevé. Une inflation forte donnerait à la Fed davantage de raisons de repousser d’éventuelles baisses de taux (réduction des taux d’intérêt fixés/visés par la banque centrale). Pour les traders de taux d’intérêt (personnes qui achètent/vendent des produits liés aux taux), cette donnée réduit la probabilité d’une baisse de taux lors de la réunion de juin du FOMC (comité de la Fed qui décide de la politique monétaire). Le marché revoit déjà ses attentes en ajustant les contrats à terme sur les fonds fédéraux (fed funds futures : contrats qui reflètent les attentes sur le taux directeur), ce qui décale la première baisse attendue plus tard dans le troisième trimestre. Nous devrions envisager des stratégies qui profitent de taux d’intérêt élevés plus longtemps. Sur le marché des options sur actions (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre une action à un prix fixé), on peut s’attendre à de la vigueur dans les valeurs de consommation discrétionnaire (entreprises liées aux achats « non essentiels ») et les ETF associés comme le XLY (fonds indiciel coté qui suit ce secteur). Un consommateur solide soutient leurs bénéfices, ce qui rend les options d’achat (call : droit d’acheter) plus intéressantes sur ces titres. À l’inverse, les secteurs sensibles aux taux (secteurs qui souffrent quand les taux montent) comme les services aux collectivités (utilities) et l’immobilier peuvent subir une pression, ce qui rend les options de vente de protection (put : droit de vendre, utilisé comme assurance) pertinentes. Ce contexte augmente le risque de volatilité (amplitude des variations de prix) car les traders débattent de la trajectoire de la Fed. Le VIX (indice de volatilité implicite, souvent vu comme un « baromètre de la peur ») évolue autour de 15, mais ce type de données contradictoires peut provoquer un pic à l’approche de la réunion de la Fed du 30 avril. Acheter quelques options de vente sur indice (put sur un indice boursier) à courte échéance et peu chères peut être une couverture prudente contre une réaction plus dure (hawkish : orientation favorable à des taux plus élevés pour combattre l’inflation) du marché.
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