Signal de reprise de l’inflation sous-jacente
Cette hausse mensuelle de 0,8 % des prix « cœur » est pour nous un signal d’alerte important. Un niveau aussi élevé, en excluant l’énergie et l’alimentation (des postes aux prix très changeants), indique que l’inflation de fond ne faiblit pas et repart à la hausse. Les analystes attendaient plutôt environ +0,4 %, donc ce chiffre obligera à revoir fortement les attentes sur les décisions de la Banque centrale européenne (BCE, la banque centrale de la zone euro). Le taux d’inflation « cœur » sur un an atteint maintenant 3,5 %, une hausse marquée et largement au-dessus de l’objectif de 2 % de la BCE (le niveau visé pour la hausse des prix). Au second semestre 2025, on observait une baisse progressive de l’inflation, ce qui renforçait l’idée que des baisses de taux arrivaient. Les données de mars contredisent clairement ce scénario et remettent sur la table l’idée de hausses de taux plus fortes. Dans les prochaines semaines, les marchés de taux d’intérêt (les marchés où s’échangent des produits liés aux taux) devraient intégrer une BCE plus stricte (plus « dure » contre l’inflation). Cela signifie que nous chercherons probablement à nous positionner via des produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un autre actif) qui gagnent quand les taux courts montent, par exemple en payant un taux fixe sur des swaps EURIBOR (contrats d’échange de taux fondés sur l’EURIBOR, un taux de référence interbancaire en euros). La réunion d’avril de la BCE, qui semblait auparavant sans enjeu, devient un rendez-vous clé pour d’éventuels changements de politique. Cette évolution pourrait aussi soutenir l’euro. Si le marché anticipe une BCE plus stricte que d’autres banques centrales, le taux de change EUR/USD pourrait monter nettement. Utiliser des options d’achat sur l’euro (contrats donnant le droit d’acheter à un prix fixé, avec un risque limité à la prime payée) sera probablement une stratégie courante pour viser une hausse de la monnaie avec un risque défini. À l’inverse, cette perspective est défavorable aux actions européennes, car des coûts d’emprunt plus élevés réduisent les profits des entreprises. Nous devrions envisager d’acheter des options de vente sur des indices majeurs comme l’Euro Stoxx 50 (un indice boursier de grandes entreprises de la zone euro) pour se protéger ou miser sur une baisse. Le risque accru de défauts d’entreprises (incapacité à rembourser) lié à des taux plus élevés peut aussi élargir les spreads de CDS (écarts de prix des « credit default swaps », des contrats d’assurance contre le défaut), ce qui peut créer une autre opportunité de trading.Positionnement du portefeuille et couvertures de risque
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