Les analystes de DBS estiment que les flux vers les valeurs refuges liés au conflit et la hausse des prix du pétrole ont mis en pause le recul plus large du dollar.

by VT Markets
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Mar 27, 2026
Les analystes de DBS Philip Wee et Chang Wei Liang estiment que la baisse générale du dollar américain s’est interrompue. Ils l’expliquent par une demande d’**actifs refuge** (placements jugés plus sûrs quand il y a une crise, comme les obligations d’État américaines ou l’or) liée aux conflits, et par la hausse des prix du pétrole. Ils avertissent toutefois que les doutes sur l’**indépendance de la Réserve fédérale** (la banque centrale des États-Unis, censée prendre ses décisions sans pression politique) et sur la **viabilité des finances publiques** (capacité de l’État à gérer sa dette et ses dépenses sans dérive) restent des risques majeurs. Ils parlent d’un niveau de soutien géopolitique temporaire pour le dollar, lié à « Operation Fury », et disent que des prix du pétrole élevés ont retardé une « mutinerie contre l’USD » (un rejet du dollar, quand les investisseurs cherchent à s’en détourner).

Rupture entre alliés et statut de monnaie de réserve

Ils notent que les frappes États-Unis–Israël ont eu lieu sans consultation plus large et que certains alliés du G7 n’ont pas apporté de soutien naval, en citant la France, l’Allemagne et l’Italie. Ils présentent cela comme un éloignement du **parapluie de sécurité américain** (protection militaire et stratégique fournie par les États-Unis à leurs alliés). Ils relient l’isolement des États-Unis et le retour de pressions inflationnistes mondiales à un risque de fermeture du **détroit d’Ormuz** (passage maritime clé pour le transport du pétrole). Selon eux, cela a poussé les acteurs du marché à réévaluer les **bons du Trésor américain** (obligations émises par l’État américain) comme un actif réellement **sans risque** (censé ne pas faire défaut et rester liquide, c’est-à-dire facile à vendre). Nous avons vu la demande d’actifs refuge liée à la guerre se matérialiser ces derniers mois, ce qui a porté le **Dollar Index** (indice qui mesure la valeur du dollar face à un panier de grandes devises) vers des sommets proches de 115, tandis que le **Brent** (référence mondiale du prix du pétrole) dépassait 140 dollars le baril en janvier. Mais ce plancher géopolitique temporaire semble maintenant s’affaiblir, le dollar revenant vers 110, avec une reprise prudente de la diplomatie et des inquiétudes d’approvisionnement en baisse.

Se positionner pour un retournement du dollar

Les risques structurels évoqués plus tôt deviennent plus visibles dans les flux de capitaux. Des données sur les bons du Trésor pour janvier 2026 montrent une sortie nette de 50 milliards de dollars des comptes officiels étrangers — la plus forte depuis la panique de la pandémie en 2020 — ce qui indique que les investisseurs réévaluent la dette américaine sur fond d’inquiétudes budgétaires. Le caractère unilatéral des actions américaines fin 2025 a creusé les divergences entre alliés, et le communiqué des ministres des Finances du G7 de la semaine dernière ne mentionnait aucun soutien politique coordonné. C’est une rupture notable avec les pratiques passées, qui souligne un affaiblissement du statut du dollar comme **monnaie de réserve mondiale** (devise principale détenue par les banques centrales et utilisée dans le commerce international). Dans ce contexte, des traders peuvent envisager de se positionner pour un retournement de la récente force du dollar, par exemple en achetant des **options de vente** (contrats donnant le droit de vendre à un prix fixé) **hors de la monnaie** (prix d’exercice défavorable au moment de l’achat, donc moins cher mais plus spéculatif) sur l’indice du dollar (DXY), avec des échéances de 3 à 6 mois, afin d’exprimer une vision baissière avec un risque limité. Des opportunités peuvent aussi apparaître sur des devises aux fondamentaux plus solides qui ont été pénalisées par la hausse du dollar, notamment des **options d’achat** (contrats donnant le droit d’acheter à un prix fixé) sur EUR/USD avec des données **PMI** (indice basé sur des enquêtes auprès des directeurs d’achat, utilisé pour suivre l’activité économique) solides en zone euro. Il peut aussi être envisagé de vendre USD/JPY via des **contrats à terme** (contrats standardisés pour acheter ou vendre plus tard à un prix convenu), si un retour de l’appétit pour le risque (“risk-on”, quand les investisseurs acceptent davantage de risque) provoque une faiblesse générale du dollar face au yen.

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